Affaire Benalla : l’arbitraire abime la République.


Ce qui me frappe le plus dans cette affaire Benalla est ce qu’elle révèle de la nature du régime macroniste.

Quelques mots sur les faits d’abord : nous ne sommes pas dans un « fait divers » ou dans une affaire banale à partir du moment où il apparaît que M. Benalla a été délibérément protégé à l’Elysée suite à des faits de violences inacceptables, et qui n’étaient visiblement pas les premières, sous couvert d’une fausse qualité de policier.

Les mensonges d’Etat au plus haut niveau se sont succédés maladroitement pour couvrir les faits, mais aussi pour dissimuler le niveau hallucinant de responsabilité et les projets portés par M. Benalla. Accès à l’Assemblée, demandes d’écoutes, ordres donnés à des policiers, projet de modification de l’organisation sécurité du président, tentative de nomination au rang de sous-préfet… On est abasourdi de lire tout cela et de constater que l’homme a continué à être présent sur des événements de premier plan après les pseudo-sanctions annoncées lors de la sortie de l’affaire.

Dès lors de deux choses l’une, dont je ne sais pas laquelle serait la plus grave. Ou bien M. Benalla a été protégé pour des raisons inconnues, qui font qu’il a été en position de « tenir » M. Macron, ou bien cette présidence est capable de confier à des personnes manifestement incompétentes des niveaux de responsabilités dangereux pour la République.

Parce qu’on ne peut pas être compétent pour s’occuper de questions de sécurité au plus haut niveau quand on fait joujou au gros bras avec des journalistes ou en tabassant des manifestants.

Parce que la police ne doit jamais devenir une milice au service d’un clan.

Parce qu’on ne mérite pas de servir la République quand on confond ses fonctions avec son engagement partisan.

Parce qu’on est là pour servir et pas pour se servir.

C’est là que la responsabilité du président de la République est engagée. C’est à lui de faire appliquer la constitution. Il est garant de certains équilibres. La cinquième République lui donne déjà les coudées très franches dans le rapport entre les pouvoirs. Emmanuel Macron a montré le pire de ce point de vue.

Qu’une personne abuse des prérogatives qui lui sont données et trompe son monde peut arriver. A tout les niveaux. La responsabilité de sa hiérarchie quand la réalité de faits illégaux est manifeste est de faire cesser cette situation. Cela n’a pas été le cas, pire, la poussière a été mise sous le tapis, au mépris de la responsabilité, de l’éthique, de la séparation des pouvoirs et dans une confusion absolue des rôles entre l’administration et le politique. Cette séparation est indispensable, parce que l’histoire nous a appris que le politique est toujours tenté d’abuser de ses prérogatives et qu’une administration qui conserve une stabilité et qui garantit la continuité de l’Etat est de ce point de vue une protection des droits et libertés.

Lorsque nous étions arrivé au responsabilités en 2012, j’ai été témoin et actrice, en devenant cheffe de cabinet en ministère, de l’attention que nous portions au rapport à l’Etat, contre les risques de dérives claniques ou dans le rapport aux moyens auquel ces fonctions donnent accès.

Nous sortions des dérives des années Sarkozy, nous avons mis en place de nombreux protocoles et les affaires qui eurent lieu malgré cette attention, furent réglées fermement et rapidement, sans que la main du président ne tremble. Elles restent malgré cela des meurtrissures.  Je me souviens des réunions sur le sujet à Matignon, du discours tenu par notre ministre, d’une certaine idée de la pratique de l’Etat. D’un Etat qui n’était pas notre propriété. Nous n’étions pas « chez nous », mais des serviteurs. Nous étions en cela des militants, nous portions cela dans nos parcours, dans notre engagement, dans nos combats.

L’histoire de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, née de trahisons et de dissimulations, de ralliements opportunistes et de débauchages, ne le porte pas à s’inscrire dans cet héritage. Pire, ses projets politiques l’en éloignent.

Quand on met en place la protection du secret des affaires, on affaiblit les lanceurs d’alertes et le travail de la presse.

Quand on détricote le statut des fonctionnaires à tous les niveaux, on facilite l’alignement des administrations et de l’Etat sur le pouvoir politique, avec tous les risques que cela comporte en termes d’abus de pouvoir.

Quand on sélectionne les candidats à la députation sur casting en leur demandant un blanc-seing, quand on prépare une réforme constitutionnelle qui va réduire le nombre des parlementaires, on affaiblit le pouvoir législatif qui n’avait déjà pas besoin de cela dans notre pays.

La République n’est pas un conseil d’administration privé au service de l’intérêt d’un clan, fût-il celui du président.

M. Macron serait bien inspiré de s’en rappeler.

Place du commando, la ville de demain est à vous.


Les festivités du 14 juillet marqueront cette année la vie nazairienne, car elles correspondent aussi à l’inauguration de la nouvelle place du commando qui était tant attendue. Déjà les Nazairiennes, les Nazairiens et les visiteurs, petits et grands se sont largement appropriés la place, les jets d’eaux, les transats, les tables de pique-nique, les établissements nouveaux et existants, et aussi les retransmissions en leur sein des matchs de l’équipe de France 🙂

Nous avons enfin ce lieu, balnéaire, festif, convivial populaire où l’on se donne naturellement rendez-vous pour nous retrouver en journée et en soirée.

La vie d’une citoyenne engagée à travers un mandat municipal n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Voir la réalisation d’un si beau projet, lire les sourires sur les visages, entendre les enfants rire quand ils jouent dans l’eau est une immense satisfaction, personnelle et collective.

Il y a quatre ans, notre majorité de gauche unie engageait la démarche de concertation sur l’opération Front de mer 3 et le réaménagement de la place du Commando. Nous devons beaucoup à la vision de la ville que nous a légué Joël Batteux. C’est donc naturellement que la réalisation de ce projet fut annoncée dans le programme de David Samzun, qui le porta avec volonté et détermination. Il ne restait plus qu’à passer de l’idée à la réalité.

Adjointe à l’urbanisme et alors aussi à la démocratie locale, j’étais persuadée que la participation des citoyennes et des citoyens contribuerait à la fabrication d’un projet encore meilleur. Après des heures de débats, d’ateliers et la contribution de centaines de Nazairiens impliqués et en voyant le résultat, j’en suis plus encore convaincue et je suis heureuse que nous ayons su dépasser les quelques péripéties du projet. La mobilisation des Nazairiens pour leur projet fut déterminante. Et il faut remercier les équipes de la ville -élus et fonctionnaires-  et de la Sonadev, les professionnels, architectes et paysagistes, les ouvriers et les techniciens, engagés pour la qualité de leur travail..

Saint-Nazaire, une ville pour toutes et tous.

La place du Commando n’est pas encore tout à fait terminée. Les plantation seront effectuées à l’automne. Un autre établissement, le Barapom ouvrira en septembre. Une autre cellule sera livrée pour l’été prochain. Ces établissements viendront enrichir la complémentarité d’une offre de restauration et de rafraîchissements où il y aura une offre pour tous les budgets. Une offre pour tous, cela veut dire aussi, que certains de ces établissements privés sont plus chers que d’autres. Cette diversité d’offre permettra aussi  d’amener ou de ramener aussi dans notre ville une clientèle touristique ou d’affaires par exemple. C’est aussi par ce développement et les revenus qui en sont issus que nous pouvons financer nos projets à l’heure où l’Etat étrangle les finances locales. Je sais que certains s’inquiètent sur l’identité de notre ville de ce fait : en ce qui me concerne je n’ai pas de doute : Saint-Nazaire est diverse, populaire, ouvrière et fière de l’être.

C’est d’ailleurs une bataille de tous les jours que nous menons aussi pour permettre à chacun de se loger, contre ceux qui ne jurent que par la baisse des APL et les résidences secondaires.

L’identité de Saint-Nazaire, c’est aussi d’être une ville où des bars, où des tables de pique-nique, où des jeux d’enfants côtoient naturellement et dans la bonne humeur des établissement où l’on peut manger des fruits de mer.

Une ville qui nous rassemble et nous ressemble

Et c’est finalement pour cela que cette place me plaît le plus. Parce qu’elle nous ressemble. Parce qu’elle nous rassemble. Parce qu’elle est un bon résumé de la ville que l’on veut et que l’on peut espérer. Une ville où l’urbanisme et le logement participent de la réduction des inégalités. Une ville pour tous. Une ville où l’attractivité n’est pas qu’économique, mais où c’est le plaisir de vivre ensemble, de rire et de rêver qui nous fait tous grandir. Une ville où l’on transforme un parking un peu triste en une place de loisirs, où les enfants sont au cœur de la cité.

C’est cette ville que j’ai envie de voir grandir pour l’avenir avec celles et ceux qui partagent cette vision de l’égalité, de l’écologie, de la justice, de la joie de vivre ensemble dans la solidarité.

Notre priorité, le logement pour tous, pas la résidence secondaire pour quelques-uns.


Je lis depuis quelques jours les prises de position de la députée de la 8ème circonscription de Loire Atlantique sur la surtaxation des résidences secondaires.

Audrey Dufeu-Schubert s’en prend systématiquement à la politique fiscale de la gauche à Saint-Nazaire qui a fait le choix d’utiliser pleinement les possibilités offertes par la loi.

Mme Dufeu-Schubert considère tout d’abord que ce type de surtaxe ne devrait concerner que “les villes des zones immobilières tendues” et qu’“elle n’est pas destinée à être appliquée dans une ville comme Saint-Nazaire”.

Il est surprenant qu’une députée méconnaisse à ce point le dossier. C’est justement parce que Saint-Nazaire est une des 1150 communes en zone tendue qu’une telle surtaxe est rendue possible par la loi.


Je l’invite à s’informer davantage. Dans un des numéros d’Ouest-France rendant compte de ses propos, on trouvait un article titré “Le marché repart, les prix se tendent” qui lui permettront de mieux prendre conscience des réalités.

C’est parce que ce marché est difficile que nous nous battons au quotidien pour que les Nazairiens puissent continuer à avoir accès à un logement de qualité à un prix raisonnable.

C’est pour cela que nous privilégions les résidents permanents, c’est pour cela que nous maintenons une politique volontariste de construction de logement pour toutes les générations, pour tous les portefeuilles, c’est pour cela que nous soutenons le logement à loyer modéré.

C’est justement parce que les résidences secondaires ne génèrent pas, comme elle l’affirme à tort, la même dynamique économique que les résidence principales que nous agissons. Nous ne souhaitons pas devenir une ville aux volets clos 10 mois dans l’année.

C’est parce que se loger est un droit que nous nous battons pour le logement social, même si le budget voté par madame Dufeu-Schubert rend ce combat plus difficile en affaiblissant les bailleurs sociaux.

La fondation Abbé Pierre a rappelé il y a qq jours que 2,7M de ménages, plus de 3 M d’enfants vivent dans un logement surpeuplé. Est-ce que défendre les résidences secondaires est vraiment la priorité ?

À l’heure où l’on se bat pour lutter contre l’étalement urbain et préserver nos ressources naturelles et nos terres agricoles, ce modèle n’est par ailleurs pas soutenable écologiquement.

Notre priorité, nous l’assumons, c’est le logement pour tous, pas la résidence secondaire pour quelques-uns. Je ne suis pas surprise des priorités de la députée, conformes aux choix de son parti, de toujours privilégier ceux qui ont.

En choisissant de parler de logement, Madame Dufeu-Schubert aurait pu choisir d’intervenir pour exiger du gouvernement qu’il fasse enfin appliquer la loi sur l’encadrement des loyers qu’il refuse de mettre en oeuvre.

Après avoir voté un budget faisant baisser massivement les impôts des + riches et entérinant la baisse de l’APL de 5 euros par mois depuis le 1/10/17 pour les plus pauvres, parler comme elle le fait de “discrimination fiscale” est indécent pour ceux qui sont à quelques € près.

J’en profite pour lui poser une question précise: quels ont été les effets concrets de l’appel aux propriétaires du président Macron pour qu’ils baissent les loyers de 5 euros suite à la baisse des APL pour 6,5M de ménages ?

Je lui rappelle au passage que le principe de libre administration des collectivités locales , est de rang constitutionnel et qu’il s’impose au législateur et à toutes les autorités administratives.

Puisque Mme Dufeu-Schubert se passionne pour les choix politiques des collectivités locales, je l’invite lors du prochain projet de loi de finances à mettre plus d’énergie à défendre leur capacité d’agir et leurs ressources.

Chez nous


Après les affaires DSK, Baupin, l’affaire Wenstein, l’apparition de #balancetonporc et #metoo ont fait sortir les questions de harcèlement sexuel et de violences du silence. Dans “Libération”, plusieurs femmes ont déclaré avoir subi harcèlement et agressions sexuelles au sein du mouvement des jeunes socialistes, par un ancien président du mouvement.

Chez nous.

C’est une colère et c’est une peine. Je veux dire à ces femmes que leur parole est importante, qu’elles sont courageuses et que je les accompagnerai comme toute leur famille politique doit le faire. J’apporterai tout mon concours à la manifestation de la vérité et je soutiendrai toutes les démarches qu’elles entreprendront. Cette libération de la parole est salutaire.

J’ai beau être femme, féministe, penser être au clair sur le consentement, la drague, le harcèlement, la violence, j’ai dirigé une organisation qui n’a n’a pas su entendre toutes les paroles. Je n’avais pas conscience de ce qui se passait et oui je suis tombée de haut ces derniers jours et en lisant l’article de Libé.

Bien sûr que si on en est là c’est qu’on a manqué des choses et qu’on a pas été à la hauteur. Nous n’avons pas créé les outils d’alerte. Nous n’avons pas créé un cadre assez bienveillant, assez protecteur de chacun, pour que de telles situations ne se produisent pas, nous n’avons pu ou pas su reconstituer le puzzle, et en tirer toutes les leçons aux bons moments.

La confiance est une boussole faillible parce qu’elle peut être trahie et la mienne l’a été. J’en prends toute ma part de responsabilité. Les paroles aujourd’hui rassemblées et révélées n’ont d’abord été que des bribes dispersées qui ont été dissimulées, écartées, discréditées avec habileté par celui qui voulait les faire taire. La seule fois où l’on a cherché à m’alerter d’une situation alors que j’étais présidente, je me rends compte aujourd’hui que je n’ai alors pas su comprendre la portée et la nature réelle du comportement en cause et c’est forcément un regret immense.

C’était chez nous. Et c’est insupportable.

On pensait pouvoir faire naturellement la différence entre des rumeurs sur des coucheries et des violences. Entre des mufleries et des agressions. Notre engagement féministe aurait dû nous en prémunir. On rappelait le “no means no” aux militant·e·s qui partaient en camp d’été, on disait aux filles de toujours prendre toute leur place, on veillait autant que possible à la répartition des prises de paroles.

Chez nous. Et ça nous rend malade.

Ca nous rend malade, parce qu’en fait on a été aussi victime de harcèlements ou d’agressions. Parce qu’on se souvient d’hommes violents lors d’un meeting dans un stade pendant une présidentielle, qui ont profité de la promiscuité de la foule pour nous encercler, pour passer leurs mains sur tout notre corps, pour nous agresser sexuellement. Parce que, jeune, femme, lorsqu’on arrive dans la plus haute instance de notre parti, des regards insistent et vous déshabillent. Parce que les SMS d’un ancien ministre insistent systématiquement pour transformer un café ou une réunion en dîner dans un hôtel parisien. Parce qu’on n’a pas tout dénoncé. Parce qu’on a pas porté plainte. Parce qu’on a pas eu la force de le faire, parce qu’on a minimisé aussi, parce qu’on savait qu’on aurait trop de mal à prouver, à qualifier. Parce que tout ne rentre pas dans les cases du pénal.

Chez nous. Mais c’est partout.

Aujourd’hui en France, 230 femmes ont été violées, 84 000 cette année. Une femme sur deux est victime de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol dans sa vie. Parce que les agresseurs ne ressemblent pas à des monstres et qu’on peut s’y laisser prendre. Nous les côtoyons chaque jour.

“Ah, c’était chez vous, prétendus féministes, tartuffes” se gaussent déjà les adversaires de toujours, tombant dans ce que la politique a de plus vil, sans toujours avoir balayé devant leur porte. Car vu l’ampleur de ces violences, c’est partout, dans nos famille, au travail, dans nos cadres d’engagement. Un femme sur deux, cela veut dire que les structures dont rien ne sort sont surtout celles où le silence pèse le plus lourd sur les victimes.

C’est dans tous nos chez nous en fait. C’est aussi chez vous.

Et nous avons maintenant tou·t·e·s le choix. S’indigner et puis se rendormir quand la poussière médiatique sera retombée. Ou faire en sorte que cela n’arrive plus. Je ne veux plus jamais ressentir ce que je ressens depuis que les points font des lignes dans ma tête et que j’ai compris.

Je crois que tous les partis, toutes les entreprises, toutes les collectivités doivent regarder les choses en face et construire partout des plans de lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles, comme l’avait proposé le collectif “Levons l’omerta” il y a quelques années maintenant. Nous le devrons toujours aux victimes. Nous le devons déjà à nos filles.

STX : la nationalisation temporaire n’était qu’un “coup de com” facile et factice.


Je m’étais réjouie de la nationalisation de STX il y a quelques mois. Comme beaucoup, je pensais que cette voie était nécessaire pour améliorer significativement les garanties apportées dans le cadre d’une reprise des chantiers par Fincantieri.

L’accord entre la France et l’Italie annoncé hier à Lyon est de ce point de vue décevant à plusieurs égards. Derrière le paravent d’un montage sophistiqué et de la “pensée complexe”, il n’existe pas de nouvelle avancée par rapport aux craintes qui pouvaient naître de cette reprise, sur l’emploi local, la pérennité de l’ensemble des métiers, les transferts d’activité et la stratégie de l’entreprise.

Il est instructif à ce titre de lire les déclarations “off” dans la presse italienne des responsables transalpins du dossier et les victoires qu’ils revendiquent : Fincantieri pourra ainsi nommer le président, l’administrateur délégué et la majorité du CA, la révocabilité à 12 ans du système de prêt de 1% du capital ne constitue pas une garantie plus forte par rapport aux clauses de l’accord précédent et du pacte d’actionnaire à 20 ans qui permettait déjà à l’Etat français de racheter la part de Fincantieri.

Il est par ailleurs regrettable que les élus locaux n’aient pas été associés à ces décisions comme cela avait pu être le cas auparavant.

Les grands mots sur le “win-win”, les “géants européens”, “l’équilibre et l’ambition” et les garanties ne peuvent masquer la réalité : les chantiers de Saint-Nazaire ont été utilisés par Emmanuel Macron en juillet pour faire un “coup de com”, le symbole facile et factice d’un volontarisme industriel exigeant, qui se dissipe la rentrée venue.

L’industrie de notre pays mérite mieux que des coups d’éclats sans lendemain. Nos chantiers vont bien, nous ferons tout pour que cela dure. Nous serons en tout état de cause mobilisés pour l’avenir de la construction navale à Saint-Nazaire et pour que les savoir-faire exceptionnels des femmes et des hommes qui font vivre cette belle industrie soient garantis.

Carnets de Sicile


Les vacances doivent bien s’arrêter un jour !

C’est pleine d’énergie, d’envies et d’idées que je suis rentrée de ces congés en famille en Sicile. En cette rentrée, je souhaite m’investir dans les activités municipales comme dans la reconstruction de ma famille politique, tout en retrouvant des formes d’engagement différentes. Je vous en parlerai sans doute bientôt. En attendant, voici quelques notes de la fin du mois d’août que j’ai souhaité partager avec vous. Bonne rentrée à tous !


Castellammare – 19 août

Je relis le “Guépard” sous le chaud soleil sicilien. Comment, devant les ruses de la noblesse sicilienne pour enjamber une révolution politique en conservant ses privilèges, ne pas penser à la situation politique actuelle ? Le masque préféré des conservateurs, leur vieux truc est celui de la “modernité”. Faire bouger la forme pour préserver les vieux intérêts. Baisser les APL, mettre en cause des contrats aidés, adopter un chien et affaiblir l’impôt sur la fortune.

Il faut que tout change pour que rien ne change.

San Vito lo Capo – 22 août
Après avoir été confrontée – rien de grave heureusement – aux services publics médicaux et postaux siciliens, aux heures d’attente, à la désorganisation, au manque de moyens et de personnels, aux locaux vétustes, j’ai l’impression d’en savoir plus sur l’austérité en Europe qu’après tous les articles économiques lus dans la presse cette année. Je pourrais parler aussi de l’état des routes et des infrastructures.

On me répondra “mafia” ou “désorganisation italienne” avec sans doute une part de vérité, mais c’est un sentiment de dégradation profond que l’on constate par rapport à d’autres séjours passés en Italie. Si le sujet ne fait plus les unes, il continue à faire croître la colère et la défiance chez les gens. Tournés en permanence vers le “modèle allemand” nous ferions bien de regarder comment le modèle européen actuel fait glisser une société proche de la nôtre comme l’Italie vers la précarité dans tant de domaines.

Erice – 25 août
Je lis des propositions “révolutionnaires” sur le nom du PS. La reconstruction de notre famille politique ne peut pas être aussi cosmétique. Elle peut être bien longue tant la défiance s’est installée au sein de la gauche. Elle devra se faire sans fétichisme sur les périmètres des appareils et des partis. Mais surtout, évitons les débats stériles, les outrances et les concours de signataires et de tribunes. Sachons ouvrir les portes de la réflexion et des débats. Il faut “écouter les militants”, mais plus encore,il faut savoir écouter la société : nous sommes devenus trop peu nombreux et trop englués dans des procès réciproques en responsabilité pour pouvoir éclairer seuls l’avenir sur les attentes du peuple de gauche. Ouvrons-nous vraiment et prenons le temps de réfléchir aux sujets du monde qui vient.

Pozzallo – 27 août
Pozzallo, à la pointe sud de la Sicile est un des ports où l’Aquarius, un des navires engagés dans le sauvetage des migrants en mer, fait souvent escale. Le Corriere della Sera a publié il y a quelques jours l’appel d’Alessandro Porro, membre italien de SOS Méditerranée: “Nous sommes les yeux d’une Europe qui ne veut pas voir”, dit-il. J’avais rencontré les bénévoles de l’association à Saint-Nazaire lors des Escales. Je soutiens leur engagement et je regrette que la France laisse l’Italie bien seule face à ce dossier. Ce sont des militants qui sauvent des vies, là où les Etats devraient prendre leurs responsabilités.

Ragusa – 29 août
Alors que les images des inondations aux USA font le tour du monde, celles qui frappent l’Asie sont assez largement ignorées malgré les victimes. Ici, cela fait près de 6 mois qu’il n’a quasiment pas plu. À travers toute la Sicile, nous avons vu des montagnes et des forêts décimées par les incendies. Le changement climatique n’est pas une réalité virtuelle et lointaine pour les générations qui vient. C’est une urgence qui va changer nos vies bien plus que nous ne pouvions le concevoir il y a quelques années encore.


Marzamemi – 31 août

Les ordonnances sur le code du travail sont sorties aujourd’hui. En Italie, cela fait plus de trois ans que le “Job acts” a rendu plus facile le licenciement. Si une prime fiscale à l’embauche a, au départ, “dopé” le marché du travail, le bilan est aujourd’hui très mitigé et le chômage reste à un niveau élevé. La “flexibilité” est ressentie par les salariés, précarisés et licenciables à l’envie, mais les mesures de sécurité, de formation et d’accompagnement, coûteuses, n’ont pas été mises en places. Pourquoi procède-t-on toujours dans l’urgence pour la “flexi” et jamais pour la “sécurité” ? C’est un marché de dupes et je marcherai contre ces ordonnances le 12 septembre.

Cefalù – 3 septembre
La fin des vacances approche. En relisant ce billet, on pourrait croire que je n’ai rien vu des paysages incroyables de cette île, de ses richesses culturelles, des eaux azures et turquoises, de ses montagnes spectaculaires, et de tout ce qui fait que c’est une région aussi captivante. On pourrait penser que nous ne nous sommes pas baignés, ni divertis et que nous n’avons pas profité de la gastronomie. Je tiens à vous rassurer 🙂

Résultats des élections législatives.


Chers amis,

D’après les résultats dont je dispose, je n’ai pas réussi à faire gagner nos idées et nos valeurs. Bien sûr, je regrette la division de la gauche, durant ces législatives, mais j’assume cette défaite.

Je suis triste de ne pas pouvoir représenter tous les citoyens que j’ai rencontré dans cette campagne, celles et ceux qui ont voté pour moi, vous évidemment qui vous êtes tant engagés dans cette campagne.

Je suis fière du travail que nous avons mené ensemble et je vous en remercie du fond du coeur.

Je veux en particulier saluer Gaëlle, les équipes de porte-à-porte, de collage, les bénévoles du local de campagne, Frédéric et tous les militants de Loire et Sillon.. Merci à tous, du fond du cœur.

La vague nationale était haute et notre circonscription n’est pas une île.

Loin des apparences, la crise démocratique, politique, sociale et institutionnelle que traverse notre pays n’a jamais été aussi profonde et si le pouvoir échoue à entendre l’aspiration de plus en plus désespérée à la justice sociale de beaucoup de Français, cette crise deviendra dangereuse pour notre pays.

La foudre démocratique peut frapper encore.

Le peuple ne nous a pas jugé dignes du mandat qu’il nous avait confié il y a 5 ans. Nous devrons faire le bilan. Il faudra faire le bilan, puis nous devrons reconstruire.

Il nous faudra reconstruire la gauche, parce que nos belles idées de justice, d’égalité, de liberté, de solidarité doivent vivre.

Il faudra reconstruire la gauche, parce que ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre ont besoin d’être défendus.

Il faudra reconstruire la gauche, en faisant tomber les frontières entre des appareils, en s’ouvrant aux intellectuels, en sortant de nos petits conforts, en écoutant davantage les souffrances, les colères et les idées nouvelles.

C’est un combat long qui s’ouvre pour que la gauche vive. Je resterai une militante.

Je continuerai à exercer mes fonctions d’adjointe à la ville de Saint-Nazaire pour porter le mandat que les nazairiens ont donné à la gauche unie lors des dernières municipales.

Je prendrai un peu de repos et de temps avec les miens dans les prochaines semaines.

Jean Jaurès disait que le courage c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.

Je vous remercie d’avoir eu ce courage. Merci à tous. Merci pour cette campagne, merci de m’avoir accompagné dans ce combat.

6 raisons de voter pour Laurianne Deniaud dimanche


1) Parce qu’elle porte les valeurs de la gauche

Une élection législative, c’est le choix d’un projet de société, d’une vision du monde. Vous avez le cœur à gauche ? C’est le moment de faire entendre vos idées. Laurianne Deniaud porte avec fierté les valeurs de la gauche qu’on aime, qui nous rassemble et qui nous ressemble, ancrée dans le monde du travail, soucieuse de l’écologie, attachée aux services publics de proximité et tournée vers l’avenir. Une gauche constructive pour faire avancer la France et pour l’Europe, mais qui saura s’opposer fermement aux mesures injustes (CSG, pénibilité, ISF, droit du travail..). À 35 ans, elle peut faire partie de la génération qui reconstruira la gauche.
>> Découvrez toutes les propositions de Laurianne

2) Parce que c’est la seule qui peut gagner à gauche !

Le président de la République devrait disposer d’une majorité écrasante. À quoi servirait l’élection d’un député du parti LREM de plus ou de moins ? Faisons vivre la diversité à l’Assemblée nationale là où la gauche peut l’emporter. Au second tour, face à la candidate du parti LREM, seule Laurianne Deniaud peut rassembler assez largement pour faire gagner la gauche : il faut donc se mobiliser pour elle dès le premier tour ! Pour faire gagner la gauche, contre la droite et l’extrême-droite.

3) Parce qu’ici, le parti EnMarche ! marche surtout vers la droite.

La candidate du parti LREM a choisi comme suppléant un des opposants les plus systématiques à la politique solidaire menée par la gauche à la mairie de Saint-Nazaire. Il revendique cette opposition jusque sur la profession de foi. Il s’oppose très régulièrement au logement social, ignorant tout des réalités sociales de notre circonscription. Leur arrière-pensée, c’est de battre la gauche aux municipales à Saint-Nazaire. Lors du débat, alors qu’elle a esquivé la plupart des questions précises qui lui étaient posées sur les sujets importants pour notre circonscription, la candidate LREM a systématiquement défendu les mêmes points de vue que l’autre candidate de droite sur les sujets économiques et sociaux.

>> Revoir le débat

4) Parce qu’elle renouvelle vraiment les pratiques politiques

La transparence et la participation, certains partis en parlent, Laurianne en fait des actes. Elle est la seule candidate dans notre circonscription à avoir publié son patrimoine, ses revenus et son budget de campagne et à avoir co-construit avec les citoyens une charte de législature, pour rénover notre démocratie et qui lui permettront de proposer des amendements pour améliorer la loi de moralisation de la vie publique. Elle a répondu avec transparence et clarté aux questions posées par les citoyens durant la campagne, elle a participé au débat entre les candidats du premier tour, qu’elle a été la première à proposer. Tou-t-e-s les candidat-e-s peuvent-ils en dire autant ?

>> Lire le portrait de Laurianne Deniaud dans Konbini

5) Parce qu’elle est prête pour devenir députée

Un mandat de député ne s’improvise pas. Le député doit proposer, amender et voter la loi et contrôler le gouvernement. Il est seul dans l’hémicycle, seul quand il doit aller arracher une décision dans un ministère. Cela nécessite une expérience forte. Laurianne Deniaud a travaillé plusieurs années pour le développement des quartiers en difficulté, en y accompagnant entreprises et associations. Elle s’est engagée jeune dans le monde associatif. Depuis 3 ans, en tant que première adjointe à Saint-Nazaire, elle gère des dossiers importants. Elle connaît les institutions et le fonctionnement de l’appareil d’Etat : elle sera une députée solide et sérieuse, opérationnelle immédiatement, libre et indépendante, qui ne sera pas là que pour appliquer des consignes.

>> En savoir plus sur le parcours de Laurianne

6) Parce qu’elle sera une députée utile pour notre territoire

Une législative est une élection nationale, mais beaucoup de dossiers locaux dépendent de décisions nationales. Laurianne Deniaud connaît tous les dossiers importants de notre territoire. Elle a le soutien de la  majorité des représentants du territoire,  élus, maires, conseillers départementaux, issus ou non de son parti. Elle a choisi un suppléant de Savenay. Elle travaille en équipe. Elle connaît et rencontre régulièrement les élus, les professionnels, les syndicats, les associations et les citoyens. Son bilan à la mairie de Saint-Nazaire prouve qu’elle tient parole, sur la démocratie participative, sur le logement pour tous, sur l’amélioration du cadre de vie. Vous pouvez lui faire confiance pour défendre avec énergie notre territoire.

Projets de loi sur la moralisation de la vie politique : des avancées importantes, des manques à combler


Le garde des sceaux François Bayrou a dévoilé cet après-midi le contenu des différents textes de moralisation de la vie politique. Je salue les avancées prévues par ces textes. De nombreuses mesures, sur le cumul des mandats,  sur la probité des élus, les emplois familiaux ou la réserve parlementaire vont dans le bon sens. Elles correspondent d’ailleurs pour beaucoup à des engagements que j’avais pris dans la charte de législature que j’ai présenté après un travail de co-construction avec les citoyens.

Je soutiendrai ces dispositions.

Je souhaite cependant que ce texte soit précisé et enrichi sur certains points pour lutter contre la corruption. Si je suis élue députée, j’agirai pour amender ces textes dans le sens d’une transparence renforcée sur le patrimoine et les intérêts des parlementaires et pour la transparence sur l’identité des gros donateurs des formations politiques et des campagnes électorales. Je serai attentive à ce que les dispositions destinées à diminuer l’influence des lobbies soient au niveau des enjeux.