Mitterrand, 20 ans après.

8 janvier 2016 à 20:14

10mai81-mitterrand5707308427_1a975ebd6c_z
Nous sommes au 20ème anniversaire de la mort de François Mitterrand. J’ai retrouvé le texte du discours que j’avais écris et prononcé lors d’une des réunions consacrée à la célébration de l’anniversaire du 10 mai, il y a quelques années et je veux partager aujourd’hui quelques un de ses mots, qui me semblent toujours de circonstance.

« Je n’étais pas née le 10 mai 1981. Je lisais à peine, depuis quelques mois, quand les murs de France se sont couverts des affiches “Génération Mitterrand”. J’ai eu la chance de grandir dans une France de gauche, avec à sa tête un homme qui avait défendu, avec tout son courage et toute sa détermination, l’abrogation de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité. Enfant et adolescente, j’ai écouté des radios libres grâce à François Mitterrand, comme Skyrock. J’ai davantage vu mes parents, aussi, car ils travaillaient une heure de moins qu’avant 1981. Nous avons passé ensemble, en vacances, une semaine de plus chaque année grâce à la 5ème semaine de congés payés.

J’ai grandi avec la gauche au pouvoir, avec un Président socialiste à la tête de la France, mais finalement, je ne m’en suis vraiment rendu compte que le 8 janvier 1996.

J’avais 13 ans, j’étais au collège et, comme des dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents, je respectais une minute de silence, avec mes camarades de classe et mes professeurs, en hommage à l’ancien Président de la République. Nous étions tristes ce jour-là. 1996, c’est aussi l’année durant laquelle sont nés les plus jeunes adhérents du MJS d’aujourd’hui. C’est, pour eux, une histoire qui s’est toujours conjuguée au passé.

Car pour ma génération, pour les jeunes d’aujourd’hui, François Mitterrand, c’est d’abord l’Histoire avec un grand H, celle des livres, et des grands moments de la République. Parce qu’aujourd’hui pour des milliers de jeunes, les ministres de 1981, ceux qui étaient jeunes et qui construisaient la France à visage humain, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jacques Delors, Yvette Roudy mais aussi Laurent Fabius et Jack Lang, ce sont des noms à retenir pour une épreuve du Bac.

C’est aussi avec eux, et avec François Mitterrand à leur tête, que la France et les socialistes sont entrés dans cette histoire.

Très jeunes nous avions senti ce lien à l’histoire, à la grandeur, en 1989, quand, dans toutes les villes et les villages de France, nous fêtions le bicentenaire de la Révolution française.

Ces célébrations, voulues et souhaitées par Francois Mitterrand, c’était les écoliers en cocarde tricolore qui plantaient un arbre de la liberté dans le plus petit village de Brière, et c’était le visage noir de Jessye Norman chantant la Marseillaise, enlacée dans les plis du drapeau tricolore sur la place de la Concorde. De la Pyramide du Louvre à l’Arche de la Défense, du moulin de Valmy à la place de la Bastille et son nouvel Opéra, les yeux du monde étaient rivés sur la France, et nous sentions tous que nous appartenions à un pays porteur de valeurs qui nous dépassaient, et qui rayonnaient.

Nous aimons cette France qu’aimait François Mitterrand, nous aimons la France des arbres et des livres et nous aimons la France des cités et des quartiers, avec leurs larmes et leurs cicatrices. Nous aimons les plaines et les collines, nous aimons ce pays parsemé de cathédrales, qui est aussi parsemé de mosquées, de synagogues et de temples. Le premier pays des athées, ce pays qui a inventé la laïcité, et qui sait faire vivre dans son coeur la liberté de conscience pour que tous puissent y vivre ensemble, d’où que l’on vienne.

Vous avez aujourd’hui mis votre rassemblement sous le signe de ce drapeau bleu – blanc – rouge. Nous ne devons pas laisser ce symbole au Front National.

Nous sommes la France, et quand elle est grande, qu’elle reconnaît chacun de ses enfants, qu’elle rend fier chacun d’entre eux, ils brandissent naturellement haut ses couleurs. On pense à la France de la Révolution, à celle de 1945, mais aussi à la joyeuse France de l’équipe de 1998, qu’on appellait “black blanc beur”. Et on voit que la France rétrécit, et que l’on a de la peine à notre drapeau, quand on en vient à penser à des quotas et à des statistiques à partir de l’origine réelle ou supposée de jeunes qui veulent juste faire du sport.

Nous sommes les héritiers de cette histoire et de la Révolution. Ce sont nos couleurs qui se sont levées face aux monarchistes, aux guerres, au nazisme, au fascisme.

A Valmy, en 2006, les jeunes socialistes levaient déjà haut ces couleurs quand Jean-Marie le Pen tentait une OPA sur les symboles révolutionnaires. Personne ne se demande pourquoi le FN brandit si fort cet emblème. C’est pourtant simple. Ces héritiers de la vieille extrême-droite qui combattait la “gueuse” présentent avec zèle devant les caméras leurs faux-papiers de républicains, et cachent leurs skinheads. Aujourd’hui, avec Marine Le Pen, ils veulent faire “social”. Alors ils font pareil. Ils cachent leurs grandes maisons de l’Ouest parisien, ils cachent leurs amitiés avec les dictatures arabes, ils cachent les héritages et les parachutages, et ils parlent des ouvriers.

Nous ne laisserons pas nos couleurs à ces faussaires, nous ne devons pas les laisser faire, et François Mitterrand avait su conjuguer la France, la République, dans l’alliance du socialisme et de la liberté.

Mais pour ma génération, et pour tous les socialistes, François Mitterrand c’est aussi, après 10 ans de gouvernement de droite, un parcours qui doit nous inspirer pour l’avenir.

Et voici quelques petites choses que je garderais de ces quatorze années que la France a passé avec François Mitterrand, et dont je pense que les socialistes feraient bien de s’inspirer pour 2012.

Le renouvellement, parce que dans un pays où la jeunesse se mobilise chaque jour davantage pour défendre son avenir et inventer la société de demain, il est inacceptable qu’elle ne soit pas représentée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Quel rapport entre Mitterrand et le renouvellement, me direz vous ? J’ai grandi, nous avons grandi avec cette figure, au-dessus de nous, d’un homme déjà âgé à la tête de la République, mais qui faisait souvent le choix de donner une grande place à des jeunes responsables.

On n’a jamais eu autant de jeunes ministres, d’équipes rajeunies, de jeunes conseillers brillants, de députés, de maires de grandes villes de trente ans que quand François Mitterrand dirigeait le PS puis la France. Ce que nous apprend François Mitterrand 30 ans après son élection, c’est aussi cela. La nécessité de nouvelles équipes rajeunies et dynamiques pour construire une victoire. La nécessité de faire confiance à la jeunesse pour mieux gouverner la France.

Les jeunes de France se sentent loin de tout cela. Combien y a t il aujourd’hui de gens qui comprennent ce qu’est leur vie sur les bancs de l’assemblée ? Combien de députés ou de ministres ont une idée concrète, vécue, des difficultés du logement et de la précarité ? Combien comprennent le quotidien d’une génération qui vit, aime, pleure, se mobilise, milite, échange en photos, en SMS, sur facebook et twitter ?

Nous devons prendre garde à cette distance car elle peut devenir colère, ou indifférence.

Parce que, quand la jeunesse ne se sent plus représentée, elle n’a plus confiance dans la politique, et que quand elle n’a plus confiance dans la politique, elle ne va plus voter, le renouvellement est une condition sine qua non pour rétablir la démocratie, face à l’abstention, pour construire la victoire en 2012. Il faut que la gauche sente vibrer en elle les énergies de la société et de la jeunesse d’une France qui a changé, qui s’est métissée, qui s’est numérisée, mais qui s’est aussi appauvrie et précarisée.

L’unité de la gauche. Quand certains craignaient de voir les chars soviétiques envahir les Champs-Elysées, François Mitterrand avait su, lui, construire une alliance avec le Parti Communiste, mais aussi rebâtir l’unité et la force du Parti Socialiste, depuis le Congrès d’Epinay, pour rendre possible la victoire de 1981. Nous avons aujourd’hui un parti qui se prépare, et une alliance rose – rouge – verte qui se dessine et qui travaille déjà dans nos régions, nos communes et nos départements.

Mais aussi l’audace d’un projet, et une grande idée pour la France
. Pour une France plus juste et plus forte, plus solidaire aussi. Aujourd’hui, il est temps pour nous d’aller plus loin, de faire preuve d’audace et d’inventer les conquêtes qu’on célébrera dans cinquante ans.

Il est temps d’établir l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, partout, d’ici 2017 !

Il est temps d’encadrer les loyers et de diminuer le coût du logement pour permettre à tous de se loger décemment !

Il est temps aussi de refaire de la santé un droit accessible à tous.

Il est temps de faire l’adoption et le mariage pour tous les couples.

Il est temps d’arrêter les contrôles au faciès, de restaurer la confiance entre les institutions de la République, la police et les jeunes de France. Il est temps d’instaurer l’attestation de contrôle d’identité.

Il est temps, enfin, de mettre en place un parcours d’autonomie pour la réussite de tous les jeunes !

L’héritage de François Mitterrand, et ce que nous aurons appris de ces quatorze années au pouvoir, c’est aussi cela : aller de l’avant et être ambitieux, pour construire une nouvelle République, une République irréprochable, une République au service de tous, une République qui nous appartient à tous.

La « Génération changement » attend surtout que l’on ne regarde pas cette histoire avec dévotion, comme on tourne les pages jaunies d’un album de famille. Elle espère que l’on comprendra que, ce dont la France a besoin, c’est qu’on lui donne le crayon, pour qu’elle puisse succéder à ceux qui firent les sauts de géant de 1789, 1936, 1945 et 1981, et écrire à son tour notre Histoire, et un message, un message que la France puisse adresser à nouveau avec fierté à tous les peuples de la terre. »

Le patrimoine de la Reconstruction, un socle à réinventer pour l’avenir de nos villes

8 octobre 2015 à 20:23

 

Colloque des 6 et 7 octobre 2015

Colloque des 6 et 7 octobre 2015

Saint-Nazaire a accueilli pendant deux jours un colloque consacré au patrimoine des villes de la Reconstruction et à l’héritage qu’elles doivent gérer aujourd’hui. Merci aux services de la Carène et de la Ville qui ont permis l’organisation de cette journée, aux villes partenaires. Merci à nos invités, notamment à Daniel Goldberg, député et rapporteur de la loi Alur et à Nathalie Apperé, Maire de Rennes. J’ai voulu vous partager mon intervention dans la première plénière de ces journées. Un reportage a également été réalisé par France 3.

En reconstruisant nos villes, les élus, les urbanistes et les architectes qui ont travaillé après la guerre ont agi avec une certaine idée de la ville et de la société. Après les souffrances et les destructions, ils ont cherché à apporter le progrès, à travers l’accès au confort, à l’hygiène domestique, à travers la recherche des instruments de la prospérité. Cet héritage est une chance. D’autres villes n’ont pas cela. Nous voyons aujourd’hui, ailleurs dans le monde, des façons de faire, ou de laisser faire  la ville qui nous interrogent. Des cubes de verre climatisé entre mer et désert. Des océans de pauvreté séparés d’îlots de richesses par des autoroutes à quatre niveaux… Ce n’est pas notre idée de la ville.

Notre monde a changé, des problèmes nouveaux nous concernent, mais nous devons garder, à travers la manière dont nous questionnons, nous secouons, nous réinventons notre héritage, nous devons garder cette idée que nos rues, nos murs, nos villes, sont un patrimoine partagé au service de ceux qui y vivent. Les valeurs que nous inscrivons aujourd’hui dans nos projets, pour la vie ensemble, pour l’écologie, pour une économie de proximité, sont aussi le témoignage qui restera demain de notre époque. C’est l’honneur de la démocratie de prendre le temps du partage, du débat, de l’intelligence collective pour être tous ensemble à la hauteur de cette mission.

Laurianne Deniaud

Le texte de mon intervention 

Avant de vous parler de la stratégie que nous avons choisi d’engager à Saint-Nazaire, je veux vous dire quelques mots sur la façon dont le patrimoine, l’urbanisme issu de la reconstruction s’inscrit dans notre présent, avec ses atouts, mais aussi avec les défis qu’il crée aujourd’hui.

A Saint-Nazaire, la ville d’avant-guerre, c’est un centre d’inspiration largement issu du Second Empire, avec ses grands édifices monumentaux, évoquant les pouvoirs locaux et centraux, ses axes dégagés les reliant, les grandes infrastructures de transport, la gare, le port… Ce sont des immeubles abritant à la fois, commerces, activités et logement.

Si la guerre a fait table-rase de plus d’une partie significative de notre centre-ville, toute la ville ancienne n’a pas disparue. Les idées du mouvement moderne s’appliqueront donc à la reconstruction, en conservant une grande partie de la trame des axes et des rues de la ville.

Soixante ans après, les mutations de la société, le vieillissement d’un bloc de ce bâti nous pose de nombreuses questions, je nous en pose quelques unes :

  • Quelle approche de l’habitat, face à des logements conçus pour des familles des années 50 qui ne ressemblent plus aux nôtres ?
  • Quelle approche des transports et de la voiture, toujours face à cette exigence écologique qui devient économique dans une ville largement pensée pour l’automobile, avec des axes larges, des lignes claires ? Il y a une forme d’accoutumance à une ville où l’on peut circuler et se garer partout…
  • Comment faire vivre un centre-ville dynamique, attractif, avec moins de densité que dans d’autres villes ayant préservé un centre historique plus dense et avec l’évolution des modes de consommation ?

Vous l’avez compris: les difficultés auxquelles nous avons choisi de nous attaquer concernant l’attractivité du parc de logement issus de la reconstruction ne sont pas toutes liées aux qualités propres du bâti, aux questions de son vieillissement au regard des modes de vies, son coût énergétique ou une accessibilité insuffisante… Comme beaucoup de villes moyennes, Saint-Nazaire fait face à des phénomènes d’érosion commerciales du centre-ville dus aussi aux habitudes de consommation, à Internet, aux centre commerciaux…

Le bâti de la reconstruction n’est pas seul responsable non plus des évolutions démographiques, du départ de nombreuses familles avec jeunes enfants des centres vers les périphéries, ou du nombre moyen de personnes par foyer qui, en diminuant, fait qu’il faut plus de logements pour loger autant de personnes.

C’est donc l’addition de ces défis auquel nous sommes confrontés. Mais il n’y a aucune fatalité et nous avons donc choisi d’agir sur deux volets :

  • Intervenir pour rendre de nouveau plus attractif l’habitat en centre-ville
  • Construire un plan global pour la redynamisation économique et sociale du centre-ville.

Ces deux voies se tiennent l’une l’autre…Un centre ville vivant, c’est un centre ville dans lequel on a envie d’habiter, un centre ville peuplé, c’est un centre ville qui assure du trafic pour les commerces et de la vie de proximité. C’est pour cela que nous menons ces deux chantiers de front.

 

  • Rendre plus attractif l’habitat en centre-ville

Sur ce premier point, il faut faire face à une réalité : les copropriétés des immeubles de la reconstruction font face au vieillissement du patrimoine, ce qui engendre des coûts parfois importants sans compter les difficultés juridiques.
Notre intervention s’organise donc autour de deux logiques principales :

  • La première est d’accompagner et soutenir dans la durée les propriétaires et copropriétaires  privés qui doivent rester les acteurs du développement de leur patrimoine immobilier, du réinvestissement des cœurs d’îlots…  Un plan d’action porté par la communauté d’agglomération au titre de sa compétence habitat est engagé dans ce sens.

Nous avons une chance, c’est que ces biens ne sont pas très chers sur le marché. Et même après des opérations de rénovation, qu’elles soient menées par la ville ou par des privés d’ailleurs, nous pouvons garder des prix attractifs.

En parallèle, nous utilisons toutes les parcelles de foncier public qui nous le permettent pour lancer des opérations neuves de qualité pour pour susciter  l’arrivée de nouveaux habitants dans le centre.

2) Redynamiser le centre-ville
Et c’est essentiel. On doit avoir des raisons de venir en centre ville, et l’expérience que l’on va y vivre doit être différente de celle qu’on vit ailleurs et complémentaire par rapport à celle qui peut nous être proposée dans un centre commercial de périphérie.

C’est un projet stratégique pour le centre ville en 6 axes que nous avons décidé de mettre en place

1) Dynamiser nos commerces

 

Le premier axe, c’est la dynamisation de nos commerces. Nous avons redéfini le périmètre du centre ville marchand pour concentrer notre action.  Nous avons recruté un manager de centre-ville, nous  nous donnons les moyens de développer l’acquisition de cellules via la concession de notre SEM,  nous venons de mettre en place la taxe sur les locaux vacants, nous travaillons à l’amélioration du jalonnement commercial…

2) Encourager l’emploi

Le second enjeux, c’est d’encourager l’emploi en ville. Nous repositionnons des activités de service dans le centre-ville: avoir des salariés en centre-ville, ce sont des gens qui vont déjeuner le midi, faire quelques courses à proximité de leur travail et faire vivre ces espaces. Nous travaillons par ailleurs également sur la présence d’étudiants en centre-ville.

3) Développer des équipements de qualité

Troisième point, il est essentiel pour nous de conserver et de développer des équipements de qualité qui attirent en centre-ville. Vous avez pu voir ce théâtre, qui s’est appuyé sur un des plus beaux héritages de la ville d’avant guerre, mais c’est aussi notre maison des associations, c’est l’ensemble des équipements de la base sous-marine, ce sera dans quelques temps la rénovation, conséquente, de nos halles marchandes, du Paquebot, du cinéma le France, la création d’un lieu jeunesse …

4)  Les lieux de convivialités

Quatrième priorité, c’est faire de l’espace public un espace convivial. Nous avons rénové l’hypercentre, nous engageons une action pour améliorer les places, mettre en cohérence le mobilier urbain, développer les jeux pour les enfants, avoir le souci des façades, la mise en place d’une charte des terrasses, … Nous travaillons également  les liaisons au centre ville comme avec notre projet de front de mer 3 pour offrir demain aux Nazairiens et aux visiteurs un front de mer populaire et festif. C’est là aussi un héritage de la reconstruction : notre ville a parfois placé l’utile avant l’agréable. Après l’opération Ville-port, qui a retourné Saint-Nazaire vers le port et la base, après le début de la requalification du front de mer, nous tissons désormais le fil entre le centre-ville et la mer.

5) Des déplacements facilités

Saint-Nazaire a développé un réseau de transport en commun de grande qualité, avec un bus en site propre, Hélyce qui permet d’améliorer la desserte de la ville. Nous cherchons à conjuger cet encouragement des transports en commun et des circulations douces avec une facilité d’accès au centre ville, avec une attention particulière portée au plan de circulation, à la signalétique, à la réglementation du stationnement pour rendre accès au centre ville lisible et pratique.

6) Animer la ville

Notre dernier axe de travail, c’est l’animation du centre ville. Une visite dans le centre-ville, ce doit être une expérience où l’on est surpris, amusé, où l’on découvre des choses. Nous nous attachons à créer des animations régulière, pour créer des flux tout au long de l’année. Nous avons travaillé sur la localisation de la fête foraine, des animations de Noël, de différentes manifestations en partenariat avec l’association des commerçants pour optimiser le circuit des visiteurs dans les zones commerçantes. Nous travaillons pour renforcer notre attractivité patrimoniale, touristique et culturelle, en renforçant l’identification de nos sites touristiques et  avec le label art et histoire….

Comme vous le voyez, c’est une action à 360° que nous avons lancé en conseil municipal par une délibération cadre il y a un an. Nous sommes conscients que les transformations et le changement d’image de notre ville, à l’extérieur comme parfois dans les perceptions des nazairiens eux-mêmes va prendre du temps. C’est pourquoi nous avons choisi d’agir dans ce plan stratégique, sur des actions et des objectifs de courts, moyens et long termes, pour ancrer cette idée d’une ville en mouvement qui crée et qui entraîne.

Notre vision, c’est celle d’une ville de 80 000 habitants, coeur battant d’une aire urbaine de plus de 210 000 habitants, une des premières de la façade Atlantique, qui allie la douceur de vivre, le plaisir d’être ensemble et de profiter des équipements d’une grande métropole dans un cadre exceptionnel. Je crois qu’au final, cet objectif n’est pas éloignée de l’idée qu’avaient les élus, les architectes qui ont pensé la reconstruction de Saint-Nazaire pour l’avenir d’une ville populaire, alliant qualité de vie et attractivité. Cette fidélité et cette capacité de réinvention permanente m’évoque une phrase de Jaurès qui qui prend tout son sens ici, là où la Loire épouse l’océan. “C‘est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source. »

Front de mer 3, ça va commencer !

6 octobre 2015 à 11:27

Le front de mer s'étend. L'aménagement plébiscité se prolonge sur le boulevard Wilson

A quelques jours des premiers coups de pioche du chantier de la suite du réaménagement du Front de Mer de Saint-Nazaire, Télénantes est venu hier au bord de la plage de Saint-Nazaire pour une émission spéciale en direct. L’occasion de présenter en détail notre projet pour un front de mer de Saint-Nazaire populaire, vivant et animé !

Voici la vidéo de l’émission :


Front de mer de Saint-Nazaire : les travaux… par TELENANTES

Invitée de Télénantes

29 septembre 2015 à 20:24

J’étais jeudi dernier l’invitée politique du 18H de Télénantes, retrouvez la vidéo de l’émission.

Culture : le FN instrumentalise les droits des femmes pour ses rêves de censure.

7 août 2015 à 17:52

Descales-2015-projection-01_1epuis plusieurs semaines, le FN cherche à créer une polémique sur la présence de Joey Starr aux festival les Escales à Saint-Nazaire.

Réglons tout de suite la question de fond : si Joey Starr a été condamné pour des faits de violences à plusieurs reprises, ce n’est pas une raison pour que l’artiste soit l’objet d’une fatwa et que sa musique ne puisse plus être jouée. Et une personne condamnée ne doit l’être qu’à sa peine, et pas être exclue de notre société.

 

Alors pourquoi cette campagne du FN ? La réalité, c’est qu’en se drapant dans la défense des droits des femmes pour conspuer la présence de Joey Starr aux Escales, le FN se travestit pour véhiculer d’autres idées. Car ne nous y trompons pas, le FN n’est pas l’ami des droits des femmes.

C’est le parti qui s’est battu pendant des décennies contre l’IVG et qui veut maintenant la rendre inaccessible aux femmes les plus pauvres.

Quand il parle de droits des femmes, le FN n’est pas à son aise, dépeignant cet engagement en « quasi-féminisme », en parlant de « minorité catégorielle ». Là où j’assume, avec mes camarades,avec fierté le combat féministe, celui d’une majorité qui n’accepte pas les inégalités dont les femmes sont victimes, on sent le terme employé presque avec dégoût dans leur tribune.

Ce positionnement n’est donc pas celui d’un engagement réel et sincère,  il est purement opportuniste, car il permet en réalité au FN d’habiller ses intentions en matière de culture et de justice d’un vernis plus reluisant.

 

le double discours du FN sur la culture...

Le double discours du FN sur la culture…

Les frontistes se sentent d’ailleurs si mal à l’aise par rapport à la vérité des intentions du FN sur le sujet qu’ils cherchent à se défaire du problème en quelques mots : « Critiquer la programmation présenterait le risque de légitimes accusations : « réactionnaires », « police culturelle »… Le festival est reconnu de la majorité des Nazairiens pour sa qualité et son éclectisme, consacrant chaque édition à un pays en particulier (ainsi, la Turquie en 2014). Qu’il le reste. » 

 

Que fait pourtant le FN ? Il critique la programmation d’un artiste, libre choix de l’association organisatrice du festival. L’année passée, le choix de la Turquie n’était d’ailleurs pas du goût du Front National, qui se déchaînait sur les réseaux sociaux sur la présence de minarets dans les décors du festival, ou qui regrettait l’absence de préférence nationale dans la programmation.

Pour le FN, la culture est toujours suspecte. Cet été, les frontistes auront par exemple demandé la censure de maître Gims ou cherché à obliger les artistes en résidence à Fréjus à faire de la garde d’enfants. Pour les frontistes, la culture ne peut être qu’aux ordres d’un message politique folkloro-traditionaliste ou réactionnaire. Comme à Fréjus, encore, où c’est un groupe de « rock identitaire » nationaliste qui s’est produit dans les arènes.

La culture est faite pour nous bousculer, nous déranger. Il n’est pas besoin d’épouser la vie, les tourments, les grandeurs, les faiblesses, les fautes ou les crimes parfois, des artistes. C’est l’oeuvre qui interroge, qui agrandit le regard que l’on porte au monde, qui nous interpelle. C’est un même principe qui est essentiel pour vivre en démocratie : la place faite au doute, à la critique, à l’opposition. Je n’ai pas à soutenir les thèses et la vie de Céline pour souhaiter que ses livres soient dans les bibliothèques de ma ville, quand les mairies FN censurent les leurs.

Et s’il faut employer de faux papiers féministes pour mieux faire passer la pilule, les frontistes n’y auront aucun scrupule, pas plus qu’ils n’en ont pour dévoyer la laïcité, pour stigmatiser les musulmans tout en étant les amis des catholiques intégristes. C’est le même procédé que tente le FN avec les ouvriers, grimant le parti ultralibéral des héritages douteux de Saint-Cloud en habitués de Méan-Penhoët, cherchant obstinément à dénigrer son adversaire… Là encore, les mots sonnent faux.

Nous sommes fiers d’être les socialistes de Saint-Nazaire. Une ville ouvrière et pas « ouvriériste », populaire, ouverte, diverse. Une ville où la gauche continue à rassembler largement. Et nous sommes fiers de ne pas être les censeurs que rêveraient d’être les frontistes.

Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple, mon intervention au #congrèsPS

9 juin 2015 à 23:19

Congrès de Poitiers

Chers amis, quelques jours après le congrès de Poitiers, je vous partage le texte de mon intervention. Je profite de ce message pour vous dire ma fierté de faire à nouveau parti du conseil national du PS, où je continuerais à porter les engagements et les convictions que vous connaissez. 

Laurianne

Chers amis, chers camarades.

Un congrès, c’est bien sûr le choix d’idées et d’équipes, mais c’est aussi et surtout une question de sens, celle de notre démarche. Pourquoi sommes nous un parti ? Pourquoi voulons nous exercer le pouvoir ? Quels sont nos combats, et pour qui nous battons nous ?

Ces questions résonnent étrangement, alors que la gauche est au pouvoir. Nous traversons une grave crise de sens, qui vide les bureaux de votes qui vide nos rangs, qui vide les travées de notre congrès et notre parole ressemble de plus en plus à cette langue morte, qu’évoquait notre premier ministre.

Si demain, les engagements de réorientation qui sont devenus lors du vote des militants l’engagement de notre parti ne se traduisaient pas dans les faits, je crains que ce mouvement ne s’aggrave.

Chers camarades, notre identité politique est celle de combats qui s’inscrivent dans une histoire. Nous sommes militants, nous sommes socialistes, pour donner du pouvoir, collectif, économique, social, politique à ceux qui seuls n’en ont pas assez pour être maitre de leur destin. Quand nous sommes plus attentifs à la gouvernance, aux indicateurs, à la dette qu’au peuple de France nous nous perdons et ceux qui espèrent de nous se détournent.

Si nous voulons être une force populaire, écoutons davantage les espoirs et les inquiétudes du peuple de France.

Dans cette France, dans notre pays, il y a cinq millions de chômeurs, et autant de familles pour qui l’avenir est une crainte, pour qui chaque lettre reçue est une inquiétude. C’est notre combat et face à cette détresse, à cette injustice pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, nous devons faire plus que 100000 emplois aidés à la sauvette parce qu’il ne suffira pas de tordre à la marge le bout d’une courbe pour retrouver l’espoir.

Nous devons déclarer la guerre au chômage, car nous n’avons pas encore tout essayé.

La guerre au chômage, c’est prendre les moyens là où ils sont pour soutenir la consommation, le pouvoir d’achat, ces moteurs de la croissance.

La guerre au chômage, c’est exiger des contreparties à l’argent public dépensé, pour l’emploi, plus d’innovation, plus d’investissement, plus d’embauche et moins de précarité.

La guerre au chômage, c’est la sécurité dans l’emploi, c’est le repos dominical, c’est le salaire digne, parce que les droits des salariés contre le licenciement, leurs capacités de consommation ne sont pas l’ennemi de l’emploi, mais ses alliés.

Dans notre France, je le vois chez moi, à Saint-Nazaire, ville ouvrière, fière des paquebots, des avions et désormais des éoliennes, qu’elle produit de ses mains et qu’elle offre au monde, le travail détaché continue à mettre en concurrence les travailleurs. Quand, sur les flancs d’un même navire, chacun ne cotise pas pour la même retraite ou pour les mêmes protections, ce sont les droits de tous qui sont menacés.

C’est notre combat et nous devons être plus offensifs pour qu’Europe cesse de rimer avec casse sociale, casse humaine, concurrence entre les travailleurs.

Dans notre pays, Benoît Hamon le dénonçait, des salariés craquent sous la pression, laissent la santé au travail, écrasés par le stress, par les mails et les appels qui brisent la vie familiale. C’est notre combat, nous devons faire en sorte que les conséquences du burn-out soient supportées par les entreprises qui en sont responsables et pas par les cotisations des salariés.

Dans notre pays, les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes constituent une injustice fondamentale. Notre combat, c’est le féminisme, et nous devons aller toujours, toujours dans le sens de l’égalité, dans nos actes dans nos lois, mais aussi dans nos instances, dans nos prises de paroles et dans l’image que nous donnons à la France

Dans notre pays, aujourd’hui, à la cantine, le problème, ce ne sont pas les menus différenciés. Le problème, aujourd’hui c’est que des enfants font des provisions de pain le vendredi midi pour manger le samedi et le dimanche.

C’est notre combat et nous devons donner suite au travail de notre Sénateur Yannick Vaugrenard sur cette très grande pauvreté qui ronge notre société.

Dans notre pays, des enseignants se battent avec cœur et énergie pour vaincre la détermination sociale, pour que le futur d’un enfant ne soit pas dicté par son lieu de naissance et le bulletin de salaire de sa famille. L’école, c’est notre combat avec Najat Vallaud Belkacem et nous sommes passionnément avec ces enseignants, avec ces parents, avec ces élèves et ces étudiants, qui travaillent dur, enseignent apprennent, préparent la France de demain, parce que l’école c’est la République.

Chers camarades. Deux extrême-droites occupent le terrain des espoirs déçus. Elles se font face. L’une, proche des catholiques intégristes, s’en prend aux musulmans en se voilant derrière la laïcité.

L’autre agrège l’extrémisme religieux islamiste, la haine des juifs, et se propage dans nos quartiers abandonnés et sur Internet.

Toutes deux crient au complot et se nourrissent de la crise économique. Le renforcement de l’une nourrit le sentiment de rejet qui fait prospérer l’autre. Alain Soral, Dieudonné, Tariq Ramadan, sont les alliés objectifs de Marine Le Pen.

Notre combat c’est de faire reculer ces serpents. L’apartheid social dont parlait justement notre camarade Manuel Valls fait monter des tensions mortelles pour notre République.

Pour vivre, la laïcité a besoin de la République sociale, car, pour que garantir la vie ensemble sans la pression de la religion, sans haine à l’égard de confessions, il faut que la République tienne sa promesse et soit capable de faire reculer concrètement et partout les discriminations, les injustices et les inégalités.

Nous devons avoir, mes camarades, la France au cœur. Cette France qui souffre tant alors qu’elle est riche des énergies de la jeunesse, du travail, de l’intelligence de ses ouvriers, de ses ingénieurs, de ses chercheurs, qu’elle est forte de l’amour d’une certaine idée du monde, de valeurs qui ont fait rêver les femmes et les hommes du monde entier.

Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple !   Pour déjouer les pronostics qui nous enterrent déjà, soyons en un mot, c’est urgent, c’est indispensable, c’est nous, soyons chers camarades des socialistes.

Front de mer 3 : un nouveau visage pour #SaintNazaire

3 juin 2015 à 20:46

Ce lundi, nous présentions le projet pour la troisième tranche du front de mer. Voici le texte de mon intervention lors de cette belle soirée

Un nouveau Front de mer pour Saint-Nazaire

Un nouveau Front de mer pour Saint-Nazaire

Bonsoir à toutes et à tous.

C’est une très grande joie ce soir d’être si nombreuses et si nombreux réunis pour découvrir ce que va être ce front de mer. En tant qu’adjointe à l’urbanisme et à la participation des habitants, ce projet est pour moi vraiment emblématique de ce que nous voulons faire à Saint Nazaire et pour Saint-Nazaire.  Parce que, construire le visage d’une ville, ce n’est pas simplement choisir des lampadaires et construire des rues. C’est construire le lien qui nous relie tous les uns aux autres. Et c’est pour cela, qu’il faut dans une ville des espaces qui ne soient pas que des lieux de logement, de consommation ou de travail, mais aussi des espaces pour se rencontrer, pour se détendre, et rêver.

Merci !

L'avenue Léon Blum. Un trait d'union entre le centre ville et le front de mer valorisant les circulations douces

L’avenue Léon Blum. Un trait d’union entre le centre ville et le front de mer valorisant les circulations douces

Pendant que je vous parle, des mots défilent derrière moi. Ces mots, c’est vous, les participants aux ateliers citoyens qui les avez écrit quand nous vous avons demandé quelles étaient les couleurs, quelles étaient les envies, quels étaient les sentiments ou les priorités qui étaient les vôtres pour cette nouvelle phase du projet « Front de mer ».

C’est pour ces mots, ce temps passé,  ces idées, cette énergie investie, que je voudrais commencer par remercier toutes les Nazairiennes et tous les Nazairiens qui ont participé aux ateliers, aux réunions et à toute la phase de concertation qui a permis de préparer ce projet.

C’est une vraie démarche de fond, que nous avons choisi d’engager sur ce projet, comme sur l’ensemble des espaces de participation et de  concertation que nous mettons en œuvre sur notre ville. Une grande soirée, avec 400 personnes, deux ateliers citoyens, avec à chaque fois plus de 80 citoyens actifs et imaginatifs… Votre travail, a rendu, j’en suis convaincue, ce projet meilleur, alors je vous le dis, au nom de toute l’équipe municipale, avec force et sincérité: merci !

Le front de mer s'étend. L'aménagement plébiscité se prolonge sur le boulevard Wilson

Le front de mer s’étend. L’aménagement plébiscité se prolonge sur le boulevard Wilson

Je veux aussi remercier les élus qui ont travaillé avec moi sur ce projet réunis en comité de pilotage, Christophe Cotta, pour les espaces publics, Patrice Builting, qui travaille à notre développement touristique, Vincent Séguéla, pour le commerce et le centre ville, Pascale Hameau, pour le développement durable, Jean Jacques Lumeau, qui fait vivre la culture au sein de notre équipe, Emmanuelle Bizeul, et Martin Arnout qui tient, tâche difficile, les cordons de la bourse. Un remerciement enfin, aux services de la ville, à la Sonadev, à l’ADDRN, et à l’agence Phytolab.

Alors, ce projet, je veux vous en dire quelques mots, avant de le découvrir dans un instant avec vous en images.

Le cœur de Saint-Nazaire, capitale océane

Place du Commando. Libérée des voitures, l'horizon s'élargit. La pinède est préservée.

Place du Commando. Libérée des voitures, l’horizon s’élargit. La pinède est préservée.

Dans son histoire, après les grandes souffrances et la destruction de la guerre, notre ville a parfois placé l’utile avant l’agréable, allant jusqu’à oublier qu’elle était née de ce mariage entre le fleuve et l’océan. Qu’elle était ville ouvrière, mais aussi ville maritime. Cette étape est désormais derrière nous. Après la reconstruction, après Ville-port, qui a retourné Saint-Nazaire vers le port et la base, après le début de la requalification du front de mer, nous tissons désormais le fil entre le centre-ville et la mer.

Monsieur le maire, David Samzun, parlait il y a quelques instants de la « ville plaisir ». C’est une dimension essentielle pour l’attractivité, pour le rayonnement, pour le développement de notre ville et bien évidemment pour tous les bonheurs que nous pourrons y trouver au quotidien. Alors oui,  nous avons voulu faire de ce front de mer le plus bel endroit de la terre, un cœur vivant, familial, festif et populaire. Un lieu de convivialité aussi, avec des cafés, des bars, des restaurants, qui n’avaient pas de quartier dédiés, jusqu’ici à Saint-Nazaire.

Place du Commando. Des jeux d'eau pour les plus jeunes

Place du Commando. Des jeux d’eau pour les plus jeunes

Le centre ville de Saint-Nazaire qui sera reliée à son Front de mer, par une nouvelle avenue Léon Blum sera le cœur battant d’une aire urbaine de plus de 210 000 habitants, la plus importante de toute la façade Atlantique entre Brest et Bayonne.  C’est une des clefs de voute de notre projet de développement touristique. C’est le visage d’une capitale océane qui se dessine avec ce projet : douceur de vivre, plaisir d’être ensemble et de profiter des équipements d’une grande métropole dans un cadre exceptionnel.

La vie à la mer

Alors, projetons-nous quelques instants à la rentrée 2017.

Un petit garçon joue sur la plage. Ses parents sont sur un des transats en bois mis en place par la ville, tout en gardant un œil sur sa sœur qui s’amuse au milieu des jeux d’eau à l’entrée de la place. Le téléphone, qui se recharge au parasol à panneau solaire, vibre.

Place du Commando. Douceur de vivre océane

Place du Commando. Douceur de vivre océane

Ce sont des amis, ils viennent d’arriver à l’Hôtel de ville avec Hélyce et rejoignent le Front de mer par la promenade avenue Léon Blum. Tous ensemble, ce soir, ils doivent tous aller au théâtre.

Avant, ils pourront manger des tapas en terrasse sur la place du Commando, dans un des nouveaux restaurants.  Autour d’eux, les tables seront pleines de visiteurs venant de toute la presqu’ile ou de la région nantaise. Certains seront venus faire du shopping dans le centre, d’autres viennent pour le cinéma, pour une soirée au VIP ou dans la nouvelle salle associative de la base sous-marine.

Après le spectacle, ils pourront revenir pour boire un verre : il y a un concert gratuit prévu sur l’esplanade piétonne…

Place du Commando. Un lieu animé pour sortir, se rencontrer, se distraire !

Place du Commando. Un lieu animé pour sortir, se rencontrer, se distraire !

Demain, la famille reviendra à vélo, pour pique-niquer sous la pinède, préservée, et pour aller visiter ce nouveau musée du fleuve, à l’usine élévatoire. Ils y rencontreront sans doute quelques uns des nombreux touristes étrangers qui achèvent à Saint Nazaire le parcours la Loire à Vélo ou des croisiéristes qui remontent le fleuve sur le Loire Princess…

Je ne vous en dit pas plus. Un film va vous présenter cette métamorphose dans quelques instants,  avant que Loic Maréschal, un des urbanistes paysagistes de grand talent qui a travaillé à ce projet ne rentre encore davantage dans le détail.

Ensuite Chloé le Bail vice-présidente de la Région des Pays de la Loire nous présentera le projet d’Usine Elévatoire avant que la parole vous soit laissée pour d’éventuelles questions ou interrogations.

L'usine élévatoire. Futur centre d'interprétation de l'estuaire et de la Loire

L’usine élévatoire. Futur centre d’interprétation de l’estuaire et de la Loire

D’habitude, quand on passe une soirée au cinéma, on vous dit d’éteindre votre portable. Avant de découvrir ce projet, je vous invite à prendre vos portables, pour faire passer le message sur les réseaux sociaux dès maintenant et partager cette fierté : partagez vos photos, vos impressions sur ce projet avec le  #frontdemer sur Twitter, sur facebook, sur instagram.

J’en suis convaincue, nous serons tous fiers de ce front de mer, comme nous sommes fiers de Saint-Nazaire. Bonne soirée à tous !

 

La ville que nous voulons, notre politique de logement et d’urbanisme pour Saint-Nazaire

30 janvier 2015 à 22:05

Chers amis,

Quelques heures après un conseil municipal de Saint-Nazaire marqué par l’intervention de notre maire, David Samzun après les événements qui ont frappé notre pays en ce début d’année et la Marseillaise qui l’a suivie, j’ai souhaité vous diffuser mon intervention.

Capture d’écran 2015-01-30 à 20.15.30

Elle concerne la politique de logement que nous menons à Saint-Nazaire. Un dossier dans Saint-Nazaire Magazine évoque d’ailleurs les projets que nous menons actuellement. Dans une période difficile, faire avancer notre vision de la vie ensemble me paraît essentiel, quand dans le même temps, les élus du Front National se vautrent dans les déclarations sexistes.

Bonne lecture !

* * *

Monsieur le Maire:

Avant de revenir sur les délibérations qui seront présentées au vote, je souhaiterai prendre un instant pour évoquer  sur la politique de logement et d’aménagement de la ville de Saint-Nazaire.

Offrir à tous les conditions de se loger décemment, construire une ville juste durable, solidaire, vivante, agréable, émancipatrice et en lien avec le monde qui l’entoure sont les objectifs de notre politique de logement et d’urbanisme.

C’est au nom de ces principes que la majorité municipale assume depuis plusieurs années une politique volontaire de construction de logements et que nous allons continuer à le faire conformément à nos engagements de campagne.

Pourquoi construisons-nous des logements maitrisés aujourd’hui à Saint-Nazaire ?

Essentiellement pour 2 raisons :

1)Maintenir le dynamisme de notre ville . D’abord parce qu’une ville qui ne construit pas c’est une ville qui se meurt. L’évolution des modes de vie, de l’espérance de vie, les divorces… font que l’on vit moins nombreux par logement : nous étions en moyenne 4 personnes par ménage dans les années 70, nous sommes moins de 2 aujourd’hui. Afin de maintenir la population nazairienne, le dernier plan local d’habitat de l’agglomération nous indique que nous devons construire 400 logements par an minimum : nous tiendrons cet objectif.

A ce propos, après une période plus difficile pour notre ville, notre action porte ses fruits puisque depuis 2011 notre ville gagne à nouveau de la population. C’est une bonne nouvelle pour l’attractivité de notre ville, ce sont plus de rentrées fiscales et de dotations pour assurer le fonctionnement de nos services publics, ce sont plus de consommateurs pour la vie de nos commerces. Oui nous sommes repassé au dessus des 70 000 habitants et c’est une bonne nouvelle pour notre ville

Et puis une politique d’habitat volontaire c’est aussi une politique de soutien au développement économique de notre territoire. Il n’ya pas de développement économique durable sans politique d’habitat offensive pour soutenir l’emploi local et le secteur du BTP pour loger les cadres et les ouvriers des grands donneurs d’ordres locaux comme des PME et PMI .

2) Ensuite pour maitriser le devenir de notre territoire: Notre région va connaître une forte augmentation de la population dans les 15 prochaines années. Les spécialistes s’accordent à dire que 300 000 habitants supplémentaire vont habiter la Loire-Atlantique dans les 15 prochaines années, beaucoup sur le littoral et dans les grandes agglomérations : nous sommes donc concernés et nous ne devons pas subir mais choisir cette évolution car il y a des risques : développement anarchique des zones pavillonnaires, manque d’attractivité de certaines zones, déséquilibres entre générations.

C’est pour cela que notre PLU est exigeant en terme de mixité sociale, c’est pour cela que nous avons choisi de ne pas construire de R+8 sur notre front de mer. Toutes ces questions nous les aborderons avec les Nazairiens dans le cadre de la révision du PLU, désormais accessible sur Internet.

La politique de logement de notre ville nous interpelle grandement sur l’avenir de notre ville.

1) La ville que nous voulons, c’est une ville du vivre ensemble.

Nous ne voulons pas de quartiers ghettos, que ce soit des ghettos de riches ou de pauvres, de jeunes ou de plus âgés : nous voulons la mixité sociale et générationnelle dans tous les quartiers de la ville pour que les enfants aillent dans les écoles ensemble quelle que soit leur origine sociale, que leurs parents se rencontrent…  Le vivre ensemble ne se décrète pas il se construit patiemment.

A Saint-Nazaire, il n’y a pas de quartier réservé au logement social ou de quartier ou le logement privé devrait être la seule offre.

C’est pour cela que nous assumons de faire du logement social à Saint-Marc ou à Sautron, comme nous assumons le développement de logement privés à Ville-Ouest.

A Saint-Nazaire, nous voulons des zones de convivialité, de commerces et de centralité dans chaque quartier, pour que l’on puisse bien vivre sa ville à une échelle de proximité, à pied. Nous voulons aussi un centre ville attractif et peuplé qui soit aussi le patrimoine de tous.

C’est pour cela que nous avons fait la place Nadia Boulanger, c’est pour cela que vous avez voté à l’unanimité notre plan centre-ville. C’est pour cela que nous nous engageons dan la revalorisation de la place Tati à Saint Marc.

Cela suppose une veille et une maîtrise foncière et un encadrement via des orientations d’aménagement pour que la construction se fasse de façon à dessiner la ville, ses évolutions et mouvement. Cela se construit et se dessine dans le temps c’est cela le propre de la ville.

Cela suppose ensuite de lancer des opérations de renouvellement urbain, de logement au cœur de la ville,  en pensant tout ce qui les entoure, les routes et espaces publics, le stationnement et les circulations douces

2) La ville que nous voulons, c’est une ville où chacun peut se loger.

Nous sommes attentifs à ce que l’offre soit adaptée pour les jeunes actifs, les jeunes familles, les étudiants comme pour nos anciens. Notre objectif est clair : nous voulons que ce jeune couple qui choisi de construire une famille puisse trouver à Saint-Nazaire le logement, le toit, le « chez-soi » qui lui permettra d’élever ses enfants en toute quiétude. Nous voulons que cette maman qui élève seule ses enfants et pour qui le budget est serré, puisse à Saint-Nazaire prendre plaisir à voir ses enfants devenir grands dans une ville facile à vivre. Nous voulons que ce couple de cinquantenaire qui vit sa vie à 100 à l’heure, dont les enfants ont quitté le nid et qui est à l’aise financièrement soit fier d’habiter dans une de villes les plus égalitaire de France, une ville au front de mer révélé. Nous voulons qu’un retraité se sente pleinement chez lui ici à Saint-Nazaire.

Nous savons bien à quel point aujourd’hui le coût du logement pèse dans le pouvoir d’achat des Nazairiens. Nous nous battons pour que chacun ait ce « chez soi », nous nous battons pour que les prix des opérations immobilières soient adaptés. Nous travaillons pour développer une offre de logement diversifié : du collectif, de l’individuel, du lot libre.

3) La ville que nous voulons, c’est une ville durable et démocratique

Une vivre durable, c’est une ville qui reste compacte : l’extension horizontale de zones pavillonnaires à l’infini n’est pas un modèle de ville soutenable :

  • cela augmente les déplacements en voiture et donc les bouchons et les problèmes de stationnement, particulièrement dans la ville centre
  • cela produit des gaz à effet de serre
  • cela engendre des coûts de voirie, de réseau et d’équipements publics déraisonnables.

Une ville durable, c’est une ville qui assume parfois de la compacité dans son paysage, autour de ces centralités dont je parlais tout à l’heure. C’est une ville appuyée sur un puissant réseau de transports en commun, et nous pouvons réjouir ensemble aujourd’hui du succès de la Stran et de l’aventure Helyce.

Une ville démocratique, c’est une ville qui explique ces évolutions et les co-construits avec ses habitants.

Je sais que certaines des orientations que j’ai exposée et les constructions de logement par lesquelles elles se traduisent sont parfois craintes dans certains quartiers et mêmes contestées parfois. Dans une période de crise, sa maison, son logement, son environnement immédiat, c’est une sécurité, c’est ce cocon qui nous protège, et le changement autour de soi ‘est parfois déstabilisant. Nous connaissons les attentes relatives à la préservation de la qualité paysagère et urbaine de nos quartiers. Nous y sommes attachés et nous l’avons démontrés dans nombres d’opérations :  Ville-Ouest, Place Laborde, Primevère…

Nous avons écouté. Nous avons entendu les craintes et nous allons continuer d’affiner les projets de renouvellement urbain notamment sur Sautron et Montesquieu. Mais je dois vous dire ce soir chers collègues que nous respecterons le cadre des engagements que nous avons pris démocratiquement devant les Nazairiens, et ce cadre est notre ligne de conduite. Cela ne nous empêchera pas, bien au contraire, de faire vivre la concertation et la démocratie locale et de débattre sur tout ce qui peut l’être dans le respect de nos engagements : sur le cadre général avec le débat qui s’engagera sur le PLU, nous avons d’ailleurs d’ores et déjà rendu ce PLU accessible sur Internet et nous engagerons très prochainement la concertation autour de la Grenellisation.

Sur chaque projet d’aménagement important comme cela a été le cas sur l’ilot Mollé, la poursuite de l’aménagement du Front de Mer, nous consulterons les Nazairiens sur leurs attentes. Sur chaque foncier de la ville nous continuerons à aller à la rencontre des citoyens pour les informer des projets et améliorer ces derniers. Dans chacun des conseils de quartier nous seront attentifs aux propositions pour plus de vivre ensemble.

Vous savez d’ailleurs à quel point, à la demande du maire, sur tous ces sujets je suis mobilisée pour améliorer la participation et la vitalité de notre débat citoyen. Mais, parce que nous sommes viscéralement attachés au principe démocratique, nous comptons respecter scrupuleusement le mandat que les Nazairiens nous ont donné et nous serons tout au long de ce mandat aussi attentifs à ceux qui détiennent les codes de la parole, de la manifestation, de la mobilisation qu’à tous les autres Nazairiens.

Chers collègues. Dans une période où chacun appelle à la mixité, au vivre ensemble, notre politique de logement est une réponse aux défis de notre territoire comme aux enjeux qui comptent pour notre pays; Face aux tentations du repli, de l’isolement, Saint-Nazaire reste fidèle à son histoire et à sa devise, elle ouvre, et personne ne fermera.

Retrouvons le chemin de la confiance.

17 octobre 2014 à 19:51

Voici le texte de mon intervention au conseil national du parti socialiste du dimanche 12 octobre dernier.

Chers amis, chers camarades,

Cela a été évoqué à de nombreuses reprises depuis le début de nos échanges: la situation économique est difficile et complexe et ces difficultés se traduisent au delà des mots, des chiffres et des considérations macroéconomiques chaque jour dans le quotidien des Françaises et des Français. Cette situation insupportable d’une crise, je devrais d’ailleurs probablement plutôt parler d’un système, qui ébranle l’économie réelle mais épargne les profits et la finance.

Nous le savons l’économie n’est pas une science exacte mais un objet mouvant dont la confiance est le principal pilier. Parce que nous détenons encore de nombreux pouvoirs, nous avons une responsabilité majeure: redonner confiance, favoriser l’émergence d’une société de la confiance retrouvée et partagée.

Confiance d’abord des Français les uns envers les autres, parce qu’une société violente où chacun s’oppose à l’autre est une société qui s’affaiblit elle-même. Le monde dans lequel nous vivons nous montre à quel point l’absence de solidarité, de coopération, peut faire de notre monde un enfer, comme le disait Hannah Arendt.

Confiance des Français et du peuple de gauche dans la capacité de la gauche et des socialistes à améliorer leur quotidien. C’est notre raison d’être, c’est le sens de notre engagement et, dans les périodes de trouble, il faut savoir revenir à des choses simples, à l’essentiel. Pourquoi sommes nous là ? Pourquoi exerçons nous nos responsabilités ? Nous sommes là pour améliorer la vie de celles et ceux qui vivent de leur travail. Nous sommes là pour faire progresser la justice sociale.

C’est important de se le dire, ce qui se joue est éminemment démocratique. Ce qui se joue à travers nous, l’exercice de nos responsabilités c’est la capacité des hommes à maitriser leur destin collectivement. Le socialisme c’est autant la redistribution des richesses que la redistribution des pouvoirs.

Pour redonner confiance, redonnons dans nos positions, nos décisions et nos actes, le pouvoir à ceux que nous représentons: ces étudiants de Montpellier, Brest et Strasbourg, ces familles de Bondy, Auch et Clichy, ces ouvriers, ces employés de Saint-Nazaire, Lille et Amiens,  ces chefs d’entreprises, de PME, de PMI, ces artisans, qui chaque jour se battent pour sauvegarder des emplois sur nos territoires.

Confiance enfin des Français dans le progrès, la République, l’avenir. Les choix qui ont été faits ces dernières années en matière économique sont un échec dans toute l’Europe et même l’Allemagne cale sévèrement. On a longtemps dit qu’avec ces politiques, le malade risquait de mourir guéri. La vérité c’est qu’il est en train de mourir tout court. On ne peut pas gérer l’Europe comme une banlieue résidentielle du monde où on ne produit plus, on invente plus, où on ne se soucie plus de justice, de progrès et de partage mais uniquement de la hauteur du grillage.

C’est aussi cette désespérance économique et sociale absolue et l’absence, n’ayons pas peur des mots, de sens, d’idéologie, de politique qui place certains de nos citoyens dans la confusion qui les mène au vote extreme ou au fondamentalisme religieux.

Redonner confiance, c’est conquérir de nouveaux droits et tout faire pour que les droits existants soient effectifs notamment pour les plus précaires d’entre nous et arrêter de reculer.

Redonner confiance, c’est chercher les effets de levier, engager le mouvement, c’est permettre et encourager l’investissement pour l’emploi pour nos territoires. C’est financer la recherche, la transition énergétique, le développement industriel, soutenir nos grands infrastructures, nos gares et nos ports aussi.

Redonner confiance, c’est veiller à un développement harmonieux de nos territoires en permettant à nos collectivité de continuer à investir pour nos écoles, nos théâtres, nos routes, nos quartiers et le logement pour tous.

Redonner confiance c’est doter nos territoires de capacités de développement équilibrée pour que personne en soit laissé sur le bord du chemin. Et permettez moi à cet égard de reprendre les propos de Jean-Marc Ayrault et de m’interroger à mon tour sur la faiblesse de l’enveloppe attribuée à la Région des Pays de la Loire dans la cadre du contrat de plan Etat Région.

Chers camarades,  il ne nous reste que deux ans pour réussir. Menons le combat sur le terrain idéologique et politique, faisons entendre notre voix par delà ces murs, la gauche au pouvoir cela doit être autre chose que la « vallée de la mort », la gauche au pouvoir cela doit être le chemin de l’espoir, de la justice et du mouvement retrouvé.

Qu’avons-nous fait de la victoire du 6 mai ?

17 juin 2014 à 11:24

Voici le texte de mon intervention au conseil national du PS de ce samedi 14 juin.

Chers amis, chers camarades.

Les élections européennes et les élections municipales ont constitué une défaite historique pour notre camp et un succès inédit pour l’extrême-droite dans notre pays, rendu possible par une abstention colossale des Français qui nous font habituellement confiance.

« De la colère parfois, de plus en plus d’indifférence »

Face à cette situation, si les militants de ma section du PS expriment souvent de la colère, de plus en plus de Français témoignent désormais de l’indifférence. L’état de crise de la société française est tel que notre survie politique n’est, pour beaucoup de Français, pas nécessaire pour elle-même puisque nous ne changeons pas leur vie. Notre écroulement serait pourtant, après plusieurs alternances, après la hausse de l’abstention, après la flambée du FN, synonyme d’écroulement de la démocratie française dans son ensemble. Et j’en viens à cette question fondamentale. A quoi sert le Parti Socialiste ?

Eh bien notre parti, il sert à donner du pouvoir politique, économique, social, à toutes celles et tous ceux qui n’en ont pas assez dans la société pour ouvrir les voix de l’émancipation. Est ce que nous avons rempli notre mission ces dernières années ?

« Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte »

Nous sommes passés du combat contre la finance au combat pour l’excédent brut d’exploitation.
Nous sommes passés de la réflexion et du débat, à une résignation et une absence totale d’imagination dans l’exercice du pouvoir et des solutions à trouver face aux crises qui nous secouent et au monde qui change.
Nous avons transféré les pouvoirs politiques des militants qui ont construit la victoire sur le terrain  à la technocratie bien pensante des hauts corps de l’Etat.
Nous sommes passés d’un parti du renouvellement, du foisonnement, du débat, à un appareil parisien renfermé sur un monde clos et parlant une langue morte.
Nous sommes passés du parti des primaires, vivant, puissant, au choix du seul président de la République. Avec le sentiment que, qu’on parle ou qu’on se taise, qu’on agisse dans le parti ou à l’extérieur, rien ne compte et rien n’est entendu.
Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte.

Nous ne regrettons pas la droite et nous savons pourquoi nous l’avons chassée, mais beaucoup ne comprennent pas ce que nous avons fait de la victoire du 6 mai. Le sentiment de dépossession et de frustration est profond, c’est là que nait la colère.

« Gouverner pour le taux de marge ou pour la feuille de paie ? »

Et il y a de quoi être en colère et je suis en colère quand on en vient à proposer Jacques Toubon, comme défenseur des droits, un homme qui a combattu toute sa vie contre l’extension de leur ampleur et de leur champs. Alors que dois-je dire à Saint-Nazaire, que devons nous dire partout sur nos territoires aux citoyens, ouvriers, employés, à ce  peuple de gauche, qui a le sentiment que notre politique est plus tournée vers le taux de marge brut des entreprises que vers sa feuille de paie ?

A peu de choses près, nous avons aujourd’hui des débats qui sont ceux que les socialistes tiennent lorsqu’ils sont dans l’opposition après les défaites électorales.

C’est très inquiétant, parce que cela révèle à quel point l’exercice du pouvoir tenu dans ce début de quinquennat est aujourd’hui un échec. Mais on peut y voir un avantage ou plutôt une petite chance. L’intérêt d’avoir un 21 avril au milieu d’un mandat, c’est qu’il devrait permettre de changer de cap pour éviter une chute finale.

Je vous le dit mes camarades, dans nos débats, aujourd’hui, vu ce qu’est la crise, il n’est pas responsable de s’interdire des débats et je pense à l’orientation économique et européenne du gouvernement. Notre stratégie est pour le moment un échec. La responsabilité, ce n’est pas de se taire pour ne pas entraver notre échec. Les appels à cette fausse responsabilité sont irresponsables. La vraie responsabilité, c’est que notre parti cherche d’autres chemins.

D’autres chemins pour réorienter notre action, mais aussi pour préparer la suite. Les 60 engagements de François Hollande sont épuisés avant même la mi-mandat, sans avoir porté leurs fruits. Qu’allons nous faire des trois prochaines années ?

Chers camarades. Nous n’allons pas dans la bonne direction.

Il faut très vite préparer la gauche d’après.

Dans le respect des militants et du peuple de gauche.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir débattre de tout et vite. Il n’y a aucun débat interdit, ni sur l’Europe, ni sur les 3%, ni sur notre rapport à la finance.

Les militants et le peuple de gauche doivent retrouver un parti imaginatif, ouvert sur la société et les idées nouvelles, dans un monde qui change qui ne cherche les voies de l’avenir ni dans la soumission aux idées de la droite, ni dans la stricte reproduction des schémas du passé. Un parti renouvelé qui laisse sa place à tous les parcours, à tous les territoires, aux jeunes et aux moins jeunes, aux femmes et aux hommes.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir choisir leur candidat à la prochaine élection présidentielle, et ils ne supporteront pas que la procédure démocratique inscrite dans les statuts de notre PS, les primaires citoyennes soient rayées d’un trait de plume, d’une déclaration aux médias et ils auront raison, car nous ne devons pas nous lier les mains.

Saint-Exupéry disait : « Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent. » Mes amis, il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a que le mouvement. Ne restons pas immobiles. C’est notre responsabilité, pour notre camp. Mettons-nous en mouvement pour construire la gauche d’après.