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De la bulle à l’urne


publié le 19 novembre 2008 - Commentaires : 3 - Catégories : Socialisme


Lundi 17 novembre 2008, comme tout les jours de la semaine, comme des milliers de franciliens je reprends la route du travail.

Un peu à la bourre comme après un week end mouvementé, je m’engouffre in extremis dans une rame du RER D direction l’Essonne.

Je sors Libé, m’apprête à me lancer dans l’article évoquant le congrès de Reims avant d’être interpellée par les visages de mes voisins de route. Il y a ces trois femmes toujours assises au même endroit qui rentrent chez elle après une longue nuit passée à astiquer des bureaux. Il y a ces 2 jeunes professeurs musiques sur les oreilles et copies sur leurs cartables qui s’apprêtent à accomplir leur mission. Il y a enfin ces quelques jeunes, des ados comme on dit, survet, casquette et grande gueule qui cherchent par tous les moyens à se faire remarquer et deviennent rouge comme des pivoines dès qu’une fille leur adresse la parole. Je ne sais pas exactement quelle est leur destination, probablement un lycée ou un centre de formation …

Après 3 jours passés enfermée dans une « bulle », spectatrice de scènes peu réjouissantes, la réalité, le quotidien de ceux qui ne pourront plus demain s’en prendre encore pour des années de droite, de ceux qui devraient pouvoir fondés leurs espérances dans la famille socialiste m’a rattrapé.

Comme de nombreux socialistes, je me suis laissée submerger par de multiples interrogations ces dernières années. Quel est ce 21 ème siècle, ce monde où l’on produit plus de biens et plus de misères ? Quel est ce pays ou certains revendiquent l’idée que la répression est plus efficace que l’éducation ? Quel est ce parti progressiste qui semble incapable de recréer des espérances collectives, de dessiner un avenir pour tous ?

Dans ces périodes empruntes de doute, j’ai l’impression comme au point culminant de ma crise d’ado de chercher une part de vérité. Deux directions s’imposent alors à moi :
– Regarder le monde tel qu’il est. Cet exercice n’est pas facile, je m’y efforce chaque jour à travers mon travail, mon engagement associatif.
– S’appuyer sur ceux qui hier, avant nous, ont cherché leur part de vérité. Je me suis donc replongée récemment dans les écrits d’Hannah Arendt. Une phrase issue de la Condition de l’homme moderne me revient : « Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se fait dans la faculté de faire et de tenir des promesses «

Depuis le 21 Avril considéré par certains comme un accident, les mêmes promettent inlassablement aux militants, sympathisants socialistes, aux français et françaises de relever le parti, de défendre les nôtres contre les attaques successives de la droite, de proposer et permettre l’émergence enfin d’un autre modèle de société.
Depuis l’élection de Sarkozy, les causes de la défaite si peu digérées, analysées, les mêmes sont régulièrement tentés de vaciller, de céder au mirage « centriste» des lendemains de défaite.

Pour que la renaissance espérée ne se contente pas cette fois ci de n’être qu’une répétition, pour que les promesses faites puissent être tenues, il semble qu’il soit aujourd’hui du ressort des militants socialiste de choisir un premier secrétaire qui incarne à la fois la modernité et la Gauche.

Bonne chance Benoît .

3 commentaires - “De la bulle à l’urne

  1. le RER à 7h du mat, rien de mieux pour se remettre les idées en place sur la réalité de ceux qui “devraient” voter pour nous…par contre t’as de la chance je prends le même RER tous les jours et c’est tjs des gens différents 😉

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