“Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent”, Victor Hugo


Dans le train retour de Saint Nazaire, je prends quelques instants pour vous faire partager les derniers jours que j’ai passés auprès d’hommes et de femmes qui se sont engagés, qui se mobilisent.
 
Un mouvement social, aussi dur qu’il puisse être, c’est aussi des paroles qui émergent, et des histoires de solidarité, ce sont aussi des individus qui créent au sein d’un collectif.
 
 
Ce sont les enseignants en grève de la cité scolaire qui ont décidé d’aller à la rencontre des “gars” de la Raff, comme on appelle chez nous la raffinerie de Donges, par solidarité, parce qu’on est plus forts quand on est ensemble.
 
C’est l’histoire révoltante d’un ouvrier qui travaillait à la construction de la future cité sanitaire et qui s’est fait viré parce qu’il faisait grève. Ce sont ces Nazairiens, cheminots, gaziers, hospitaliers, enseignants qui se sont réunis le lendemain matin pour le défendre et pour défendre notre droit de grève.
 
Ce sont les  militants, les élus, et les citoyens solidaires du blocage de la raffinerie. Ils se relaient, viennent témoigner de leur soutien, apporter des gâteaux ou un simple mot d’amitié. Ils soutiennent ces hommes qui en en sont à leur 13e jour de grève, avec tout ce que ça veut dire sur la feuille de paie. Ce sont les caisses de solidarités, les 8000 euros qui arrivent d’une action de soutien à Nantes. C’est le débat en section pour voir comment on peut agir. C’est tout cela aussi.
 
Une ville c’est aussi une histoire:  Les militants les plus anciens qui nous racontent comment c’était en mai 68, la détermination des ouvriers des chantiers, la solidarité des agriculteurs (les paniers de pommes de terres étaient apportés chaque matin au pieds des immeubles), les souvenirs de famille aussi, qui décrivent les camions de CRS qui étaient partout dans la ville.
 
Quand cette alchimie se construit dans une mobilisation, au delà même de l’enjeu et de son importance, c’est quelque chose de profond qui se passe. Le combat devient chevillé au corps. Les solidarités se recréent. Les gens se parlent. La lutte pour la dignité fabrique aussi une société différente. “Vivre, c’est ne pas se résigner”, disait Camus, Hugo comme nous l’a rappelé Violaine disant, “ceux qui vivent sont ceux qui luttent”. Eh bien, nous sommes vivants. Et nous sommes ensemble. C’est peut être la seule réussite de Sarkozy d’ailleurs. Nous rappeler que nous pouvons agir. Que nous pouvons être ensemble, les générations différentes, les origines sociales, les statuts, les métiers…
 
On continue.

One comment on ““Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent”, Victor Hugo

  1. 25 octobre 2010 Mjs94

    Les derniers jours que j’ai passéS

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