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Débat sur les générations et la politique


publié le 26 octobre 2010 - Commentaire : 0 - Catégories : MJS


J’étais invitée la semaine dernière dans le Gard, à Villeneuve les Avignon, sur les générations et la politique mais je ne pouvais y assister. Voici le texte que je leur ai transmis.


Chers camarades,

Je tiens tout d’abord à m’excuser de mon absence auprès de vous. Je ne pouvais être à vos cotés du fait des obligations qui s’imposent à moi dans ce mouvement social si important et en total concordance avec le sujet qui vous rassemble ce soir.

Nous vivons une période de mobilisation sociale rare. Rare par son intensité, sa durée et même sa violence. Rare parce qu’elle réunit tous les français, toutes les générations avec un débat politique, citoyen, une volonté d’engagement qui si elle surprend les média ne m’étonne pas.

Les français et les jeunes en particuliers ne se désintéressent pas de la politique. Ils savent à quel point les décisions politiques prises par le pouvoir influent sur leurs vies, agissent sur les corps.

Dans les milieux ruraux, comme dans les petites villes, au sein des quartiers de relégation sociales ou les centres villes vous rencontrerez des jeunes qui, bien qu’ils prétendent se désintéresser de la politique, connaissent parfaitement les grandes réformes menées par la droite et les conséquences qu’elles auront. Ils ont toujours un avis bien tranché sur ces questions, et si on prends le temps de les écouter des propositions à formuler.
Pour autant, de façon concomitante, ils expriment au mieux une méfiance, et plus souvent une défiance, à l’égard des institutions politiques, des partis politiques. Ce qui revient le plus c’est pourquoi aller voter, pourquoi s’engager quand de toute façon les politiques, perçu comme un tout uniforme, comme une classe politique – terme pourtant que j’exècre – les ignores.

Cette ignorance des politiques à leur égards toujours perçu comme ne venant vers eux que lors des périodes électorales est une violence symbolique que nous ne devons pas négliger.

Cette conviction profonde pour des millions de citoyens de toutes les générations que le politique agit mais jamais pour eux, permet d’analyser la montée de la violence dans les conflits sociaux ces dix dernières années. Quand vous vous exprimez et que la seule réponse c’est l’envoies de forces de police – qui ne font que leur travail – cela attise la violence et la conviction que le seul dialogue qu’ils ont avec l’Etat se fait par la force.

Tenter de comprendre n’est ni cautionner ni excuser. Mais la violence qui s’exprime dans notre pays, avec des jeunes de 15 ans que l’on voient se lever tôt le matin pour une majorité d’entre eux pour bloquer des lycées mais aussi pour quelques uns juste pour chercher l’affrontement ; le père de famille de 35 ans avec deux enfants, à St Nazaire qui préfère prendre deux mois fermes plutôt que de lever un blocage doit nous interroger.

Ce que nous sommes en train de vivre est une explosion démocratique, une explosion de prise de paroles, une entrée en force dans le débat politique de toutes les générations. C’est un moment où la vox populi décide de se faire entendre et d’imposer sa volonté au pouvoir comme elle a su le faire lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, le CPE, et aujourd’hui le mouvement sur les retraites.

Le rôle des jeunes socialistes, et je pense de l’ensemble de notre famille politique, c’est de réfléchir à comment permettre une expression citoyenne, une prise de parole continue, de toutes les générations, à tout moment, et non pas de façon explosive et discontinue. Nous ne vivons pas une crise de l’engagement mais une crise du politique, ce n’est pas au peuple de se dissoudre mais aux hommes politiques de se transformer.

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