“S’il y a une boucle des inégalités, nous proposons d’y mettre fin avec un cercle vertueux de l’égalité.”


Mes chers camarades,

Rarement les regards des jeunes de ma génération n’ont autant été tournés vers nous les socialistes.
Ce regard est lourd, est grave, il oscille entre le désenchantement absolu et l’envie de croire, qu’à gauche, c’est peut-être enfin possible.

Il y a d’un côté ce regard des jeunes mais il y a de l’autre côté ces petites voix nasillardes, moqueuses, bien installées de quelques éditorialistes ex-soixante-huitards, clairement de droite et qui je l’espère n’ont plus d’écho à gauche. Qu’est qu’on les a entendus se gausser sur le ridicule de la jeunesse qui serait dans la rue – parce que manipulée – pour défendre le droit à la retraite alors qu’eux avaient rêvé d’un autre monde.

Mais est-ce de notre faute, à ma génération, si nous avons grandi dans une France de droite, dans une France où les services publics sont mis en miette, où la finance prime sur l’homme, où le stage remplace l’emploi, où la précarité devient la norme, où l’accès à un logement est inabordable ?

Est-ce de la faute à ma génération si les comptes publics sont dans l’état dans lequel ils sont ? Est-ce que ce sont vraiment les 15-30 ans qui bénéficient des baisses d’impôt depuis 2002 ?

Mais pour qui se prennent-ils pour oser faire des leçons à la jeunesse de France ? Qui sont-ils pour théoriser que nous devrions faire des économies et revoir nos espoirs à la baisse alors que ce sont eux qui sont responsables de là où nous en sommes.

Nous avons donc encore entendu ces dernières semaines leur petite musique de l’appel à la responsabilité, de l’appel à formuler des propositions sérieuses, de ce soit disant réalisme.

Je vous le dis tout net mes camarades : le sérieux, la responsabilité, le pragmatisme, cela doit être dans les réponses que nous proposons à la jeunesse de France.

La jeunesse de France a soif d’apprendre, de saisir toutes les opportunités, de se réaliser et de créer. Les jeunes dans notre pays ils ont le goût de l’effort, ils savent et respectent le mérite. Ils veulent réussir et se donner les moyens pour cela.

Sauf que les jeunes de France sont en colère quand ils constatent que la République n’est plus fille de la méritocratie mais uniquement de ceux qui n’ont eu comme effort à fournir que celui de bien naitre. Les jeunes de France en ont ras le bol de la République des héritiers.

Nous devons répondre avec sérieux à ces aspirations, nous devons être méthodiques, précis et ouvrir le champ des possibles. Mes chers camarades, je pense que nous sommes dans la bonne direction avec ce texte sur l’égalité réelle.

Nous sommes dans la bonne direction car nous avons décidé de mener tous les combats de fronts. Nous savons que les inégalités ne s’additionnent pas mais qu’elles se multiplient. S’il y a une boucle des inégalités, nous proposons d’y mettre fin avec un cercle vertueux de l’égalité.

Améliorer le système de soin et lutter enfin contre la sous-diagnostication des caries et de la myopie des enfants, c’est agir pour la réussite scolaire.

Engager une vaste politique de réhabilitation des logements et mettre fin aux taudis, c’est améliorer la santé de ceux qui vivent dedans.

Réformer notre système éducatif pour permettre à chaque jeune de progresser, à son rythme, et ne laisser personne au bord du chemin, c’est garantir que dans deux générations il y aura beaucoup moins d’enfants qui vivront dans une famille pauvre.

C’est bien une politique globale, complémentaire, qui fasse sens que nous proposons. Le socialisme, c’est aussi cela : garantir à chaque individu de pouvoir être libre, de pouvoir se réinventer quels qu’aient été les accidents de vie et de parcours.

Permettre aux hommes et femmes d’être libres, autonomes, tout simplement d’être dignes et de pouvoir aspirer pleinement au bonheur.

La jeunesse de France aspire elle aussi à cette dignité que la droite lui refuse chaque jour. Nous ne nous confondrons jamais avec cette droite qui se méfie de la jeunesse, qui doute d’elle, et sur qui elle jette si facilement l’opprobre.

La gauche, les socialistes ne seront jamais de ceux qui traiteront la jeunesse avec suspicion comme la droite le fait avec le RSA Jeunes.

La gauche, les socialistes mettront fin au délit de faciès et aux contrôles d’identité multiples en instaurant un récépissé.

Le projet que nous portons pour la jeunesse est tout autre. Nous ne voulons pas être des prescripteurs, imposer nos modèles, nous voulons tout simplement renouer avec un adage de Léo Lagrange si important dans mon militantisme : “aux jeunes, il ne faut pas tracer un seul chemin, il faut ouvrir toutes les routes”.
Alors nous ouvrirons des routes comme le permet le parcours d’autonomie.

Les jeunes de France seront enfin libre de se consacrer pleinement à leurs études quelles que soient leurs origines sociales ou leurs souhaits de formations.

Ceux qui auront été un moment donné dans l’impasse pourront bénéficier du dispositif nouvelle chance qui financera une formation à tous ceux qui seront sortis du système éducatif sans qualification.

Ceux qui voudront créer leur propre entreprise trouveront les structures et surtout les fonds qui leur permettront d’être la génération créatrice que nous souhaitons tous.

Et tous, nous pourrons nous engager dans un service civique qui permettra de réaliser des milliers de projets et renforcer la fraternité.

Mes chers camarades,

Les socialistes sont à la croisée des chemins, jamais un pouvoir n’a autant été discrédité, jamais il n’a autant incarné la mainmise d’une infime minorité de profiteur sur les biens et les aspirations de la majorité. Et pourtant notre victoire est loin, très loin d’être acquise.

Pour envisager la victoire et mener cette politique ambitieuse de transformation sociale nous devrons répondre aux attentes.

Sauf que c’est aux attentes de la jeunesse, des ouvriers et des salariés, des hommes et des femmes qui souffrent et qui espèrent que nous devons répondre, à qui nous devons donner toutes leurs places, avec qui nous conquerrons le pouvoir.

Répondre à eux et à personnes d’autres.

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