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Être féministe au 21e siècle (2/4)


publié le 9 mars 2011 - Catégories : Egalité femmes-hommes


Suite de l’article “Être féministe au 21e siècle” (1/4)

Ces combats, ce sera aux socialistes de les mener. La droite aujourd’hui comme hier combine libéralisme et moralisme pudibond jouant sur l’un pour faire progresser l’autre.
Au contraire, les socialistes ont toujours été de tous les combats en faveur des droits des femmes et de l’égalité.

En 1936, Léon Blum était le premier à nommer des femmes dans les ministères.

C’était Irène Joliot-Curie, prix Nobel de Chimie.

C’était Suzanne Lacore militante féministe acharnée qui dû se battre au sein même de la SFIO, dans une fédération alors composée uniquement d’hommes, pour imposer ses valeurs et ses combats.

C’était enfin Cécile Brunschvicg, ancienne présidente de l’Union Française pour le Suffrage des Femmes et qui militait déjà à l’époque pour la mixité à l’école ! C’est aussi leur présence dans le Gouvernement Blum qui a permis de réelles avancées en particulier dans l’éducation des petites filles mais qui a surtout été le premier pas du politique vers le droit de vote des femmes.

Car, après une politique extrêmement patriarcale menée par Pétain pendant la guerre comme en témoigne l’interdiction du divorce pendant les trois premières années suivant le mariage mais surtout en 1942 une loi faisant de l’avortement un crime contre l’Etat passible de la peine de mort, les militants socialistes entrés en Résistance se sont très positionné en faveur du droit de vote des femmes et de leur éligibilité.

Et si dans les années 50 et 60 les socialistes toute tendance confondue n’étaient certes pas à la pointe du féminisme, les militantes socialistes elles étaient très impliquées dans le mouvement féministes et un certains nombre d’entre elles allaient devenir Ministres ou Secrétaires d’Etat en 1981 mettant alors en pratique les revendication portées depuis 30 ans par le mouvement féministe.

Car, après la loi Neuwirth, qui en 1967 autorisa enfin la contraception, et la loi Veil en 1974, l’élection de François Mitterrand allait permettre un nouvel élan dans la conquête de nouveaux droits.

Ce sont des femmes comme Yvette Roudy avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger hier à Nantes qui se sont saisi de nouvelles problématiques comme celle des discriminations sexuelles dans l’entreprise en interdisant en 1983 toute discrimination professionnelle en raison du sexe et en sanctionnant enfin en 1992 le harcèlement au travail !

C’est grâce aux socialistes aussi que la loi entre enfin dans le domaine conjugal en condamnant le viol conjugal (en 1990 seulement) et en réprimant les violences conjugales (en 1992).

Enfin ce sera le Gouvernement Jospin qui posera la question de l’égale représentation en politique et aboutira en 2000 à la loi sur la parité.

Durant un siècle de combats les socialistes auront donc de près (lorsqu’ils faisaient le choix de légiférer) ou de loin (lorsque les militantes socialistes constituaient une part importante du mouvement féministe) été de toutes les lutte pour l’égalité des sexes et la conquête de nouveaux droits pour les femmes.
Pourtant si le 20ème siècle aura été celui de grandes conquêtes pour les femmes, celles-ci ont souvent été tardives montrant à quel point l’inégalité entre les genres est ancrée dans notre société et souvent considérée comme une norme, un peu désagréable, mais une norme tout de même.

Et pour combattre cette norme, nous ne pouvons nous contenter de légiférer. Il faut bien entendu imposer des règles strictes en faveur de l’égalité et condamner fermement tout manquement. Mais nous ne devons pas oublier que la bataille est aussi culturelle.

Depuis 1990, et c’est aussi là qu’on voit à quel point il a parfois fallut énormément de temps au politique pour s’exprimer clairement sur certains sujet, depuis 1990 donc, le viol conjugal est condamné par la loi tout comme les violences conjugales suite à une loi de 1992.

Pourtant encore aujourd’hui, de nombreuses femmes n’osent pas porter plainte contre leur mari et subissent en silence les coups et la violence de leur conjoint.

Ce sont ces femmes que l’ont retrouve dans les locaux des associations féminsites partout en France. Des femmes qui ont parfois supporté la violence de leur compagnon pendant des années serrant les dents par peur de se retrouver face à une réaction sans appel de leur entourage : “Elle l’avait forcément cherché”.

C’est contre cela que nous devons nous battre, contre cette barrière insupportable qui fait qu’aujourd’hui encore en France plus de 400 femmes meurent chaque année sous les coups de leurs compagnons . Nous ne devons plus accepter ce silence forcé et le regard porté sur ces femmes mais au contraire assumer clairement que la honte doit changer de camp.

Bataille culturelle aussi lorsque l’on fait ses courses au Centre Commercial du Ruban Bleu à Saint Nazaire et que cherchant des jouets pour enfants on tombe invariablement sur des cuisinières pour les petites filles et des voitures de course pour les petits garçons ! Bataille culturelle lorsque l’on cesse d’accepter que les garçons fuient le débarrassage de la table après le diner quand les petites filles assistent leur mère, toujours leur mère, dans les tâches ménagère quotidienne. Bataille culturelle toujours lorsqu’on refuse cette vison réductrice de nos enfants qui voudrait qu’une petite fille soit forcément douce et tranquille quand un petit garçon serait plus agité, qu’on refuse de considérer qu’une petite fille qui aime grimper aux arbres, construire des cabanes et jouer au petite voiture soit un “garçon manqué” alors qu’elle exprime tout simplement ses envies et ses goûts en temps que personne !

Bataille culturelle encore lorsqu’il s’agit de l’orientation scolaire des filles et des garçons à l’adolescence. Encore une fois il ne s’agit pas de capacités intellectuelles inférieures ou supérieures mais bien de constater que souvent les jeunes filles se sous-estiment, quittant par exemple plus facilement la filière générale par crainte de ne pas être à la hauteur, que les garçons. Les jeunes filles choisissent également davantage les filières littéraire laissant les sciences dures et donc les études considérées comme les plus prestigieuses au garçons. L’éducation nationale doit être beaucoup plus vigilante sur ce sujet et le parcours d’orientation modifié et renforcé en prenant ces éléments en compte.

Bataille culturelle enfin en ce qui concerne la répartition des tâches ménagères puisqu’aujourd’hui encore, les femmes effectuent 64% des tâches ménagères quotidiennes !

Alors oui le féminisme a de beaux jours devant lui ! Être féministe au 21ème siècle ce sera avoir le courage de dénoncer ce qui est aujourd’hui plus ancré dans notre société que dans nos lois et donc mettre en place des mécanisme permettant de rétablir l’égalité.

Lire la suite de l’article (3/4)

Un commentaire - “Être féministe au 21e siècle (2/4)

  1. Bonsoir Laurianne
    Bravo pour ces textes !
    Et pourquoi ne pas avoir signé le manifeste féministe:
    343 femmes s’engagent ?

    Cordialement

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