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Être féministe au 21e siècle (4/4)


publié le 12 mars 2011 - Catégories : Egalité femmes-hommes


Suite de l’article « Être féministe au 21e siècle » (3/4)

Être féministe au 21ème siècle c’est donc militer au quotidien pour l’égalité salariale, et les socialistes revenus au pouvoir devront prendre des mesures claires pour que définitivement femmes et hommes obtiennent le même salaire pour le même travail. Mais c’est aussi plus globalement lutter contre le sexisme dans les entreprise. C’est refuser de voir des jeunes femmes qui passé 25 ans sont embauchées pus difficilement que leurs collègues masculins car leur patrons craint de les voir enceintes puis encombrées par des enfants qui nécessiterait qu’elle quitte leur travail pour aller les chercher à l’école lorsqu’ils sont malades où que la baby-sitter a un empêchement… A croire que la plupart des enfants n’ont pas de papas ou bien que les papas ne connaissent pas le chemin de l’école de leurs enfants ! C’est aussi refuser qu’un nombre toujours plus grand de femmes se voient imposer le temps partiel, sous le prétexte fallacieux que « ce serait plus pratique pour les enfants ». Il faudra légiférer pour punir les entreprises qui pratiquent ce genre de différenciation, notamment en créant un malus pour les entreprises qui ne respectent pas l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes.

Être féministe au 21ème siècle, c’est aussi simplifier l’accès à la contraception pour les jeunes filles. En cela le Pass Contraception lancé par Ségolène Royal en Poitou-Charentes et repris par certains présidents de régions socialistes est un exemple de marche à suivre. Ce Pass a le double avantage d’être gratuit et de permettre aux jeunes filles de gérer elles-mêmes leur contraception sans avoir à passer par leur mère ou un autre adulte. Ce Pass’ sous forme de chéquier leur permet d’avoir accès à une consultation gynécologique gratuite, un accès à la contraception ainsi que les examens attenants nécessaires, le tout parfaitement gratuitement. Alors que le nombre de très jeunes filles qui n’utilisent aucune protection lors de leurs rapports sexuels augmente, face à l’urgence et à l’inertie de la droite, les socialistes doivent prendre leurs responsabilités dans les collectivités dans lesquelles ils sont majoritaires.
Il n’est plus possible de voir des jeunes filles, et nous avons tous eu une amie de lycée dans cette situation, confrontées à l’avortement mais aussi parfois à la nécessité d’abandonner ses études afin de pouvoir élever un enfant qui n’était pas désiré, parce qu’elles n’avaient pas eu accès à un moyen de contraception.

Il faudra comme je le disais mener la bataille culturelle partout pour ne plus permettre ni la classification de certains, gouts ou de certaines compétences par genre, ni de voir des femmes considérées comme des objets inférieurs.

A ce sujet, les socialistes devront prendre des mesures fortes pour interdire les publicités sexistes qui envahissent les murs de nos villes et donc les cerveaux de chacun. Nous devons refuser cette idée que pour vendre quoi que ce soit il faut mettre en avant un corps de femme le plus dénudé possible ! Nous devons dénoncer ces slogans profondément machistes comme avait pu l’être il y a quelques années une publicité pour une marque de crème fraiche qui allait jusqu’à légitimer les violences conjugales.

Enfin être féministe au 21ème siècle c’est être socialiste. Car le socialisme ce n’est pas seulement le partage des richesses, c’est aussi le partage des pouvoirs ! Et partout où il y a des pouvoirs, ils doivent être partagés entre les hommes et les femmes.

Dans les entreprises, qui doivent s’engager à atteindre 50% de femmes dans les comités d’entreprises en 5 ans.

Mais partager les pouvoirs c’est aussi partager les responsabilités politiques. Aujourd’hui les clubs le plus masculins de France restent bien évidemment l’Assemblée Nationale et la Sénat, notre pays ne comptant malgré la loi sur la parité que 19,5 % de femmes députés.

Mais pour partager les pouvoirs au sommet de l’Etat, les socialistes doivent également apprendre à les partager au sein même de leur famille et réussir à briser ce plafond de verre qui veut que les femmes qui s’engagent dans notre famille malgré toute la bonne volonté dont elles font preuves dépasse rarement des responsabilités pratiques dans leurs sections, leurs équipes. Toutes ces femmes qui sont aussi socialistes que leurs camarades hommes et qui sont également souvent compétentes doivent affirmer que maintenant c’est leur tour . Leur tour d’assumer des responsabilités dans leurs fédérations ! Leur tour aussi d’aussi d’assumer des responsabilités dans nos villes, dans nos départements, dans nos régions et au sommet de l’Etat. Leur tour de porter les couleurs des socialistes partout en France !

Un commentaire - “Être féministe au 21e siècle (4/4)

  1. Bonjour Lauriane,

    j’aime bien ce site. Je suis un de ces papas (maintenant grand-père) qui me suis battu et continue de me battre pour que mes filles et petites filles prennent au sérieux leur carrière et leurs ambitions professionnelles légitimes. Ce n’est pas du tout évident et je peux témoigner que dans mon cas et dans le cas de la famille dans laquelle elles ont été élevées, le plus grand obstacle n’est pas posé par les hommes, qui dans leur grande majorité sont prêts à jouer le jeu. Le plus grand obstacle c’est le “collectif féminin”, depuis les journaux pour filles et femmes qui sont en moyenne une daube épouvantable, les conseils de la grand-mère qui recommande de prendre un travail à mi-temps au plus, les conseils des copines — sans compter sur les travaux pseudo-scientifiques qui insistent ces jours sans les remettre en contexte sur les différences entre femmes et hommes, filles et garçons etc. etc.

    Les “hommes” et leur “machisme” sont une partie du problème, mais à mon avis ils constituent surtout un bouc émissaire qui permet au collectif féminin de ne pas se responsabiliser et de se déculpabiliser. Qui plus est, se braquer sur le machisme permet de trouver une excuse et ne pas se prendre en main. La solution est juste là, prête à l’emploi.

    Je suis amené professionnellement à encadrer des doctorantes et des jeunes chercheuses, et je peux vous dire que la raison numéro UN pour qu’elles s’arrêtent de progresser vers 35 ans c’est que quand elles fondent une famille elles se sentent responsables (en numéro un, c.a.d. avec l’autorité et la responsabilité première) des enfants, souvent elles ne laissent même pas la place à leurs conjoints! Pour elles il y a une énorme pression familiale et féminine traditionnelle pour qu’il en soit ainsi. Alors bien sur leur avance professionnelle en souffre, c’est criant, le vois à chaque fois.

    je vous souhaite bonne chance!

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