2012, Génération changement !


Chers amis,
Merci d’être venus si nombreux pour cette journée qui est si importante pour nous tous. Merci d’avoir fait pour certains une longue route, en car ou en train.

Vous êtes lycéens, étudiants, jeunes actifs, salariés, chômeurs, agriculteurs, créateurs, vous venez de nos villes, de nos villages et de nos cités et vous avez une chose en commun. Votre engagement politique et citoyen.

A vous tous, amis du Mouvement des jeunes socialistes, je veux vous dire merci.

Mendès-France nous le disait dans la « république moderne », « L’amour de la démocratie, c’est d’abord un état d’esprit. »

Alors, merci de votre état d’esprit, merci de votre engagement. Merci d’avoir pris de votre temps pour être là aujourd’hui et, plus que votre présence, c’est pour votre courage quotidien dans l’action que je veux vous dire merci.

Merci en particulier de votre mobilisation dans ces élections cantonales, et je veux dire un mot particulier pour, et je vous demande aussi de les saluer, toutes celles et tous ceux qui ont porté nos couleurs pour la première fois comme candidats. Partout en France les jeunes candidats socialistes ont fait honneur à nos idées.

Les jeunes socialistes ont mis toute leur énergie dans cette campagne et une nouvelle fois, cette mobilisation a été déterminante, merci à vous mes amis.

D’où que vous soyez, que vous apportiez avec vous le soleil des bords de la Méditerranée, le souffle de l’océan, le ciel pur de nos montagnes, la beauté de nos plaines et de nos collines, la joie et l’énergie de nos villes et de nos cités, d’où que vous veniez, vous portez en vous un morceau du cœur qui fait battre la France.

La France, c’est une école de Moselle, où des enfants de toutes origines passent ensemble tous les matins sous un fronton où est écrit « liberté égalité fraternité »

La France, c’est une cité des quartiers nord de Marseille, avec ses jeunes qui sont souvent les premiers de leur famille à passer le bac et à aller à l’université, avec ses mères de familles qui font face à toutes les difficultés pour élever dignement les leurs et qui sont simplement heureuse quand un d’entre eux échappe au chômage qui en frappe tant d’autres.

La France, c’est un lycéen d’Albi qui voudrait bien étudier la médecine à Toulouse, mais qui n’ose pas en parler à sa famille parce qu’il sait qu’elle n’en a pas les moyens.

La France, c’est ce premier métro de 5h30, où se croisent  quelques jeunes qui rentrent de soirée et ces jeunes femmes de ménages, parfois sans-papiers qui vont nettoyer des bureaux, dont les bureaux des ministres et des députés qui voudraient bien les expulser.

La France, c’est un village et un clocher en Picardie, au pied duquel les jeunes ont l’impression que personne n’aura jamais l’idée de s’intéresser à leurs vies, à 100Km de chez eux, à Paris, dans les médias ou dans les assemblées.

La France, ce sont aussi des artistes qui saisissent les mots, les lignes et les sons pour sublimer toutes les envies et toutes les colères de ces millions de vie et ce sont leurs créations qui rendent pour chacun d’entre nous la vie plus belle.

La France, c’est le slam et la musique classique, c’est le graf et la peinture, c’est la poésie et les musiques électroniques, la France, c’est tout ce que veulent en faire ceux qui la vivent.

Aujourd’hui, nous portons en nous toutes ces attentes que nous avons rencontrées.

Cela fait longtemps que nous préparions ce rendez-vous. Il paraît qu’il a fait changer l’emploi du temps de certains de nos amis, mais ce n’est pas l’essentiel, ce qui compte c’est ce que nous allons faire ensemble de l’histoire qui vient devant nous.

Nous sommes réunis à un moment important qui n’est pas un moment ordinaire de notre histoire.

Nous avons la chance de vivre à une époque où les échanges, les réseaux font qu’on ne pourra plus jamais dire “on ne savait pas”.

Chaque jour, les changements du monde, les souffrances, les injustices, l’énergie des peuples qui se lèvent, font battre nos cœurs au rythme de ceux qui sont acteurs des révolutions ou des drames de notre planète.

Nous avons vu mourir des jeunes qui ont mis leurs poitrines face aux balles des dictatures.

Nous avons vu sur Youtube et Aljazeera les manifestations de l’avenue Bourguiba, les morts de Benghazi, les tentes de la place Tharir.

Cela rend notre responsabilité devant le monde encore plus grande.

La jeunesse du monde est dans ces pays qui se lèvent. Ils sont jeunes, énergiques, révolutionnaires et leur envie, leur imagination doivent nous inspirer ici.

Leurs combats sont pour nous, enfants du XXIème siècle le débouché et le renouveau des révolutions que nous fîmes en France il y a deux siècle et qui inspirèrent des hommes et des femmes dans le monde entier.

Nous ne pourrons pas dire « on ne savait pas ». C’est pour cela qu’il faut être aux côtés des peuples arabes.

Nous ne pourrons pas dire « on ne savait pas » que l’épidémie du Sida progresse toujours, que des millions de malades sont privés de traitement en Afrique car les marges ne sont pas assez importante pour ces messieurs de l’industrie pharmaceutique. Nous ne laisserons plus se perpétrer, pour quelques profits boursiers, ce crime contre l’humanité pour non-assistance à population en danger.

Nous avons vu ces articles et ces photos qui montrent qu’aujourd’hui dans le monde des hommes et des femmes se font condamner, lapider, violenter du fait de leur orientation sexuelle. Nous ne pourrons pas dire « on ne savait pas ».

Nous avons vu sur des images floues, tremblantes et lointaines des chaînes d’information, une centrale qui explose à Fukushima. Nous ne pourrons pas dire à nos enfants qu’on ne savait pas que le nucléaire c’est dangereux.
Il faudra bien mettre fin à l’exception nucléaire française, un pays qui s’est trop largement soumis à une énergie dangereuse. Cette énergie nous soumet à l’importation de l’uranium, elle nous soumet aux lobbys, elle nous soumet aux puissances d’argent, elle nous soumet aux réseaux de connivence et aux intérêts du secteur privé. Elle soumet les populations et les sous-traitants aux risques, et il n’y a qu’Areva qui y gagne à la fin. Les choix que nous allons faire aujourd’hui, engageront nos propres petits-enfants.

Engageons le débat sur l’énergie, engageons-le sans tabous, et je le dis, quand on se lance dans ce débat, la sortie du nucléaire n’est pas une option interdite, nous n’avons pas peur des énergies renouvelables et nous craignons encore moins les lobbys qui voudront nous faire taire.
Nous vivons, mes amis, un moment exceptionnel de notre histoire, au carrefour des rêves et des inquiétudes.

Nous avons vu, en frappant aux portes, notre peuple, ces gens qui veulent simplement vivre de leur travail, nous avons vu, dans ces maisons et ces appartements de notre pays, cette même attente de dignité.

Quand la dignité d’un peuple n’est pas considérée, la colère monte. Je l’ai vu chez moi à Saint-Nazaire, là où j’ai mené campagne et vous l’avez rencontré partout en France.

Nous avons vu beaucoup de jeunes pendant la campagne. Mais il y a eu beaucoup de jeunes que nous n’avons pas vu le jour du vote.  Cette abstention massive est aussi un des symptôme d’une colère qui gronde, d’une lassitude qui menace.

Quand dans un pays, un divorce s’établit entre le régime et les aspirations de la jeunesse, alors, oui, la catastrophe est proche.

Cette catastrophe, c’est le sentiment de millions de jeunes qui se disent que quoi qu’ils fassent, leurs problèmes ne seront ni considérés, ni compris, ni écoutés par des responsables politiques qui sont trop souvent à côté de la plaque.

Quand on regarde les jeunes de France, on voit pourtant une énergie formidable. Cette génération changement invente déjà dans sa vie, dans ses pratiques, le monde de demain, mais sans que le monde d’aujourd’hui accepte de lui donner sa place ici et maintenant.

Nous avons voulu montrer aujourd’hui que le changement que porte cette génération a déjà commencé puisque les jeunes le font vivre au quotidien, dans leurs actions, dans leurs initiatives, dans leurs créations.

Les 8 engagements qui ont été présentés aujourd’hui dépassent les seuls jeunes, elles sont pourtant le message fort qu’attend notre génération pour son avenir.

Nous n’attendons d’ailleurs pas une politique dérogatoire pour les jeunes : nous voulons les mêmes droits puisque dans la société actuelle nous assumons déjà tous nos devoirs et même au-delà.

Nous revendiquons le droit d’essayer, de nous tromper, de faire des choix différents pour chercher notre chemin vers le bonheur.

Nous avons entendu tous ces jeunes qui veulent pouvoir se former et accéder à l’emploi. Avec eux, nous voulons accéder à l’indépendance dans nos vies, pour construire des relations saines avec nos familles et nous avons besoin de ce parcours d’autonomie, pour rendre ces parcours de vie possibles, pour financer nos études et notre formation.

Nous avons entendu tous les jeunes de France qui veulent étudier dans de bonnes conditions et qui en ont assez des systèmes à deux vitesses entre les privilégiés et les autres. Nous sommes avec eux quand nous demandons à ce qu’il n’y ait plus de riches grandes écoles pour les riches et de pauvres universités pour les pauvres. En fusionnant les grandes écoles et les universités, nous voulons offrir l’excellence des conditions de travail à chaque jeune de France.

Nous avons entendu tous ces jeunes qui se sont battus pour trouver un emploi et qui enchaînent la précarité, le chômage et les jobs à moins de 1000 euros. Nous sommes avec eux quand nous demandons que les salaires proposés aux jeunes soient dignes. Nous voulons que la puissance publique investisse et soutienne les métiers de demain, c’est la relance écologique, ce sont tous les emplois d’avenir dans les secteurs comme le numérique.

Notre génération est en colère quand tous ses enfants ne sont pas traités à égalité. Nous avons entendu tous ceux d’entre nous se font contrôler plusieurs fois dans la même journée, en fonction de leur origine réelle ou supposée, parce qu’ils ne sont pas blancs pour dire les choses clairement. Nous sommes avec eux quand nous proposons que les policiers remettent des attestations de contrôle d’identité.

Nous voulons que les jeunes aient d’autres rapports avec la justice et la police. Pour commencer, il faudra qu’elles cessent d’être représentés par des ministres racistes qui font honte au drapeau qui est porté sur les écussons de chaque agent de police. Nous voulons voir sanctionnés  les délinquants en cols blancs que sont ceux qui pratiquent les discriminations et jettent les CV trop colorés à la poubelle. Le racisme n’est pas une opinion ; le racisme c’est un délit et il faut appliquer la loi avec fermeté.

Nous avons entendu ces femmes qui hésitent à avoir un enfant parce qu’elles savent qu’elles seront pénalisées professionnellement et nous avons entendues celles qui ont constaté la différence sur leur bulletin de paye.

Nous sommes avec elles quand nous proposons que l’égalité des salaires entre femmes et hommes ne soit plus une promesse électorale consensuelle que peuvent promettre aussi bien la droite que la gauche, mais qu’elle soit faite par la mise en place immédiate de mesures sanctionnant les discriminations.

Nous avons entendu tous ces jeunes qui reportent des soins dentaires, optiques et des visites chez le médecin parce que c’est trop cher. Nous sommes avec eux quand nous demandons à ce que chacun puisse accéder à la santé et que l’on ne soit plus obligé, chez le pharmacien comme chez le médecin d’avoir la carte bleue au dessus de la carte vitale.

Chers amis. Ce que nous proposons, ce n’est pas un ensemble de mesures catégorielles pour les jeunes. C’est l’avenir d’une génération, bien sûr, mais c’est l’avenir d’un pays surtout. La question pour la France, c’est celle du sursaut ou du déclin.

Si cette place n’est pas faite aux jeunes, ils ne seront pas en situation de pouvoir financer, par leur travail, la protection sociale de tout le pays. Il ne s’agit pas tant d’un pacte pour la jeunesse que d’une alliance des générations, pour que la France puisse être demain un grand pays où l’on sent vibrer l’énergie du monde, l’innovation et le progrès, et pas une banlieue résidentielle où la question principale qui se pose est celle de la vidéosurveillance.

Je vous le dis avec force. Nous ne voulons plus entendre ce terme de génération sacrifiée.

Parce que nous ne sommes pas condamnés à cela.

Parce que nous nous battrons, parce que nous ne sommes pas la chair à canon des chocs démographiques et économiques.

Et non seulement nous ne voulons plus entendre ce terme, mais surtout nous ne lâcherons rien pour ne pas être une génération sacrifiée.

 

Le changement ne ce fera pas sans nous, ni contre nous. Nous nous lèverons, nous nous mobiliserons, nous agirons pour faire que chacun soit obliger d’entendre, de réagir et de prendre en compte ce que nous portons.

C’est pour ça que nos propositions doivent être entendues par toute notre famille politique.

C’est le devoir de notre génération politique que de porter la parole de ces jeunes que nous avons rencontré et qui ne sont pas prêts à croire des déclarations d’amour sans preuves d’amour.

Martine tu es là pour l’entendre, et je t’en remercie, mais permets moi de lancer cet appel au-delà de cette salle, peut être assez fort pour qu’on puisse l’entendre aussi en Corrèze, pour qu’il résonne en Saône et Loire, pour qu’il soit perçu en Poitou-Charentes, et je vais essayer de parler assez fort pour que tout le monde le comprenne, de la rue de Solférino à la 19ème Avenue de Washington.

Je n’ai pas l’habitude de ne pas dire les choses. Pour construire ce nouveau monde demain, nous devrons être exemplaires sur le renouvellement aujourd’hui.

Le renouvellement, ce ne doit pas être une promesse pour après-demain. On ne fera pas le monde des années 2020 et 2030 avec les ministres des années 80.  Il faudra le montrer, dès la campagne, avec des jeunes et des français de toutes origines, de tous parcours aux postes de responsabilité, dans nos équipes, qui portent la parole des socialistes.

Et comme il y aura des jeunes socialistes qui soutiendront leurs candidats respectifs, ils seront aussi auprès d’eux pour leur passer ce message exigeant.

Après les primaires, tous ces jeunes seront rassemblés pour porter le candidat choisi par le peuple de gauche et pour continuer à porter cette aspiration

Et pour les législatives qui viendront ensuite, il faudra une majorité parlementaire où les seuls jeunes ne seront pas les députés d’Europe-Ecologie, mais où les jeunes, les députés aux parcours différents, de toutes les couleurs, seront des députés PS.

Voilà pourquoi nous sommes exigeants sur le non cumul des mandats et la lutte contre les conflits d’intérêts et que nous voulons une nouvelle pratique dès maintenant et des lois demain. Parce qu’après la droite de l’argent et des compromissions, si nous ne faisons pas la république irréprochable qui a été galvaudée par Sarkozy, c’est l’extrême droite qui emportera la mise. Ce n’est pas populiste que de dire que nous n’acceptons pas la corruption généralisée, les arrangements et les dérives, c’est républicain.

La République, ce ne sont pas petits débats, par de petites personnes qui cultivent les peurs, la haine et l’ignorance. Nous n’avons plus grand-chose à répondre à une UMP qui s’est alignée sur tellement de sujet sur le Front National. Ce qui compte au fond, c’est de parler aux citoyens.

Il n’y a aucun électeur de France à qui nous n’avons rien à dire. Y compris, et je veux même dire surtout, aux électeurs du Front National.

Mes amis. Je vous propose de parler à chaque Français qui a voté Front National. Bien sûr, il y en a qu’on ne convaincra pas. Mais je veux que nous allions parler à celui qui a voté FN. Il n’y a pas de citoyens interdits de débat pour les jeunes socialistes. Allons y, débattons. Faisons connaître vraiment nos propositions pour les salaires, pour l’emploi, pour le logement.

Nous ne confondons pas le peuple, que nous respectons et que nous aimons avec les appareils politiques archaïques de la droite et de l’extrême droite.

Je n’ai pas peur de Marine le Pen et il n’y a pas besoin d’aller chercher son père pour faire tomber son masque.

Marine Le Pen, vous qui, dans votre vie, n’avez connu que l’ouest parisien, les cabinets d’avocats, l’appareil politique dont vous avez hérité, le parachutage électoral. Où étiez vous quand les salariés défendaient dans la rue leurs retraites ?

Marine Le Pen, vous qui débauchez quelques syndicalistes égarés pour repositionner votre marque de la grande bourgeoisie réac sur le terrain social, avez déjà vous eu le courage un jour venir dans une manifestation pour le pouvoir d’achat ?

Marine Le Pen, vous qui n’avez jamais dénoncé les amitiés douteuses du Front national avec les dictatures arabes, vos « réserves » sur la Lybie sont elles en fait destinées à préserver des amitiés intéressées ?

Marine Le Pen, vous qui prétendez incarner la respectabilité face aux attaques du système, aurez vous le courage de porter vous-mêmes les calomnies et les attaques racistes  proférées par les sites Internet glorieusement anonymes que vous gérez en fait en sous-main ?

Marine Le Pen, vous qui ne suspendez ceux de vos candidats qui saluent le bras et la main levés que quand leurs photos se mettent à circuler dans la presse, où étiez vous quand ces nazillons étaient nommés dans le comité central de votre parti, le front national ?

Marine Le Pen, vous qui n’avez plus que le mot laïcité à la bouche pour attaquer par l’islam tout ceux qui viennent d’horizons trop exotiques pour vous, où étiez vous quand nous dénoncions les atteintes à la laïcités opérées par Sarkozy, mais que ces atteintes ne déplaisaient pas à vos amis catholiques intégristes ?

Marine le Pen, vous êtes finalement comme l’a toujours été votre famille politique. Lâche et menteuse, incapable d’affronter les problèmes du monde.

Préférant montrer au peuple que vous feignez de comprendre depuis votre château, des cibles faibles et faciles plutôt que remettre en question les privilèges qui font les souffrances. Votre famille politique est celle de la lâcheté et de la trahison dans notre histoire.

Madame, pour le moment vous n’avez fait qu’une chose de votre vie. Relooker cette lâcheté et ces mensonges. Finalement, dans l’histoire de la vieille extrême droite française, vous n’êtes sûrement qu’un détail.

Nous devons être honnêtes et directs avec tous les Français. Si nous préférons le plus souvent parler de nos propositions que de faire des phrases sur nos adversaires, il y a des vagues qu’il faut savoir prendre de face si on ne veut pas se faire renverser. Et nous devons prendre les débats de face avec le FN, avec l’UMP mais en étant exigeant sur chaque mot.

Ils veulent débattre de la laïcité ?

Notre réponse est claire et limpide. Nous sommes des laïcs pragmatiques courageux et exigeants.

Nous n’acceptons pas que l’on stigmatise une religion, que l’on fasse d’une confession une insulte pour désigner des pans entiers de la population comme étant le parti de l’étranger. Nous ne laisserons pas dénigrer nos concitoyens qui ont aidé à défendre la France et qui ont tant fait pour la relever.

Nos adversaires, ce sont tous les extrémistes religieux de toutes les religions qui veulent soumettre, les femmes et imposer la loi révélée à celles que se choisissent les hommes par le débat démocratique.

Ce n’est pas parce que nous dénonçons le débat sur la laïcité tel que le pose l’UMP que nous devons avoir la moindre faiblesse sur ce terrain. Nous n’aurons jamais aucune faiblesse avec les intégristes de tous poils.

Mais nous sommes et nous serons toujours les militants de la liberté de conscience, du droit à être athée, agnostique, chrétien, musulman, juif ou bouddhiste.

Nous sommes fiers, fiers de cet héritage que la France nous a laissé en partage et voici l’héritage que nous voulons laisser à ceux qui viendront après nous :

Nous voulons le parcours d’autonomie pour permettre l’accès à la formation, à l’indépendance, et à l’emploi,

Nous voulons la fusion des universités et des grandes écoles,

Nous voulons que l’accès à la santé redevienne un droit.

Nous voulons que les loyers soient enfin encadrés.

Nous voulons des salaires justes, plus d’emplois avec la relance écologique.

Nous voulons l’égalité des salaires entre femmes et hommes,

Nous voulons la remise d’une attestation lors des contrôles d’identité.

Nous voulons la République irréprochable, le rajeunissement et l’assainissement de la politique, la fin du cumul des mandats, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêt.

Nous n’attendons pas des droits au rabais. Nous voulons la liberté. Nous voulons l’égalité, nous voulons la fraternité. C’est ce que nous disons aujourd’hui à la France, nous les jeunes socialistes.

Les jeunes de France sont prêts à relever de grands défis. Les socialistes doivent leurs proposer de grandes ambitions.

Nous sommes comme ces jeunes qui ont à toutes les époques secouées les idées nouvelles qui ont fait changer notre pays.

Nous sommes jeunes et socialistes. Nous voulons une gauche qui bouillonne autant que la société qui vient ; où l’on est pas tous pareils mais où on est heureux d’être ensemble.

Nous sommes une génération qui ne lâchera rien. Nous en avons assez d’entendre que notre avenir c’est toujours pour après-demain et nous allons prendre les pouvoirs dans la société, et nous finirons bien par le faire, même si on ne veut pas nous les donner.

Nous sommes la jeunesse de France.

Nous viendrons comme nous sommes, avec notre diversité et nos contradictions, avec notre énergie et nos peines, avec notre colère et notre envie.

Nous sommes la voix de celles et ceux qui attendent et qui espèrent, de ceux qui se battent et qui agissent.

Nous sommes le camp du mouvement et du changement, nous voulons penser le monde à 30 ans.

Nous sommes les jeunes acteurs d’une société qui change et qui emportera les statuts quo et les conservatismes, qui construira ses projets à l’échelle de la planète, nous n’avons peur d’aucun défi, parce que nous avons des rêves assez grands pour faire changer le monde.

Nous voulons faire une campagne aussi heureuse que le pays que nous voulons construire et, c’est aussi une fête, comme aujourd’hui, que de se rassembler pour le dire.

Nous pouvons construire une nouvelle histoire de progrès et un nouveau cycle social et écologique. Nous ne lâcherons rien dans les 401 jours, ces 9629 heures qui sont devant nous, c’est le compte à rebours du changement qui commence et qui nous rappellera que notre temps est compté.

Mes amis, nous avons un défi devant nous.  Nous allons le relever. Nous allons le faire. Nous allons gagner dans un an pour mettre le changement au pouvoir.

Nous sommes la génération changement.

Rien ne sera impossible si nous le décidons.

Rien ne s’arrêtera si nous nous mobilisons.

Allons chercher tous les jeunes de France et du monde pour partager notre message de justice, d’égalité et de liberté, nous avons besoin de chacun.

Je compte sur vous. C’est maintenant à notre génération, la génération changement, de faire de nos rêves des réalités.

4 comments on “2012, Génération changement !

  1. 3 avril 2011 Raimbault

    Oui, merci à vous tous. Merci de porter un immense espoir pour notre société par un discours à la fois généreux et conscient des réalités.
    Il n’ y a pas des jeunes et des vieux
    C’est ensemble
    Le même élan nous fait conjuguer laïcité et respect des droits (de pensée de croyance de culte)
    la politique c’est choisir
    choisir la richesse inter culturelle choisir l’Education la recherche la santé la dignité pour tous
    Choisir d’ être avec l’Islam le judaïsme l’athéïsme le protestantisme …pour que chacun dans le plus grand respect puisse vivre sa spiritualité et son humanité
    Etre INTOLERANT vis à vis de toutes formes d’exclusion
    Avoir des lois justes, adaptées, démocratiquement votées et les faire respecter par tous avec rigueur et justice. Ne pas céder à la peur à la frilosité pas d’angélisme pas de diabolisation;
    Merci à tous les jeunes socialistes de savoir ne pas s’enfemer dans le sectarisme
    de rester des empêcheurs de reculer dans le projet social
    de toujours être les moteurs avisés enthousiastes et cultivés d’une politique du meilleur pour un monde qui se sent menacé et précaire car c’est vous qui saurez dés aujourd’hui secouer les “membres” ankylosés d’un parti qui est Jeune parceque c’est son histoire de porter l’espérance d’un monde qui chaque jour S’INVENTE…

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  2. 4 avril 2011 Mr Gibbs

    Merci à toi Laurianne de nous avoir si bien représenté, j’attendais beaucoup de ton discours et je dois dire que j’ai été plus que ravis, pour ne pas dire, touché.

    Tu entres dans la catégorie des grandes personnalités politiques, tu en as les épaules tout en sachant être toi même, simple et décontractée. Avant ton discours j’en avais tenu un tout autre à mes camarades du MJS où je disais que je ne voulais même plus discuter avec les extrémistes de droites, ton discours m’a redonné envie d’au contraire allez tous les voir un par un et leur exposer ma vision de se que c’est quelqu’un qui aime vraiment son pays.
    Tu te démarques remarquablement du PS et soutien merveilleusement ta position, rappelant ainsi l’indépendance du MJS à laquelle nous tenons énormément.

    En bref, Merci à toi, de redorer l’image de la jeunesse dans l’esprit des gens d’en haut (vieux) et d’avoir rappelé que nous ne reculons devant aucun projet aussi grand et beau soit-il. On nous accuse de vivre dans le monde des bisounours, et bien non justement, mais construisons le ! avec le plus de bonne volonté et de sincérité possible.

    Ps: bravo pour la vague bleu marine que tu as le courage (et tu as raison) d’affronter de face ! tu nous as scotché sur place !

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  3. 5 avril 2011 Alex

    Bonjour Laurianne,
    Ca n’a sans doute pas grand chose à voir avec cette video mais je m’interroge sur le sens de cette diatribe contre les grandes écoles. Pourquoi prétendre que ce système est réservé à certaines classes sociales alors que les grandes écoles sont ouvertes à tous sur la simple base de l’obtention d’un concours. Ensuite, si la plupart des écoles de commerce sont payantes ça n’est pas le cas des écoles d’ingénieur, gratuites pour les meilleures d’entre elles voire offrant une formation rémunérée! En outre, les écoles d’ingénieur offrent souvent des logements “étudiant” à petit prix. Au contraire, le principe d’une polarisation de l’université entraine une forte contrainte de mobilité et donc de logement sauf à pouvoir ouvrir à tous l’accès au logement universitaire. Nous devrions nous réjouir de ces grandes écoles dont l’accès est ouvert indépendamment de la classe sociale sur la seule base de la réussite scolaire.

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  4. 7 avril 2011 Walter E. Kurtz

    “Nous avons entendu tous les jeunes de France qui veulent étudier dans de bonnes conditions et qui en ont assez des systèmes à deux vitesses entre les privilégiés et les autres. Nous sommes avec eux quand nous demandons à ce qu’il n’y ait plus de riches grandes écoles pour les riches et de pauvres universités pour les pauvres. En fusionnant les grandes écoles et les universités, nous voulons offrir l’excellence des conditions de travail à chaque jeune de France.”

    J’ai lu ce passage sur un blog du monde et j’avoue que j’ai cherché le 2e degré pendant un certain moment … s’il vous plaît avant de faire des amalgames pour servir votre rhétorique ayiez l’honnêteté de distinguer les Écoles d’Ingénieurs des “Grandes Écoles” de Commerce et autres Science Po, ou bien même, si ce n’est pas déjà fait: étudiez et analysez votre sujet avant de vous hâter vers les raccourcis scabreux…

    Boursier, mes frais de scolarité ont été pris intégralement en charge et j’ai suivi le parcours CPGE/Centrale/Doctorat comme un nombre certain de personnes issues d’un milieu modeste.
    L’inégalité se situe avant la prépa: au Collège et au Lycée, notamment pour des raisons de disparité géographique (donc sociale également): e.g les professeurs en milieu rural n’ont pas les mêmes objectifs notamment et l’orientation est lamentable. À l’entrée d’un classe prépa scientifiques nous sommes inégaux mais devant le travail et l’exigence de réflexion nous sommes égaux: ce qui explique que certaines mention très bien de Sainte Geneviève accèdent à des écoles modestes tandis que des fils d’ouvriers ou simples employés du fin fond de la France se retrouvent à X/ENS/Centrale/Mines.

    Les classes préparatoires scientifiques et les Écoles d’Ingénieurs sont un moyen de développer un véritable esprit analytique, de se poser des questions, de savoir transposer des connaissances, des paradigmes et cela bien au-delà des disciplines scientifiques; loin de l’image de bête de concours formatée issu de famille bourgeoise que les media (et votre discours) aiment à établir. Je reviens de l’étranger, où on m’a rappelé qu’en sciences “l’École française” a une bonne réputation (laissons de côté cet espèce de classement mondial où les critères ont été établis par des anglo-saxons pour les anglo-saxons).

    Certes, la réflexion sur l’accès aux Grandes Écoles doit être engagée mais la manière dont vous le faites est assez similaire à celle (tout aussi ineptement menée) de la laïcité que vous dénoncez: de manière frontale, sans nuances, avec l’art du raccourci malsain et de l’absence de distinction entre les causes et les conséquences.
    Votre discours, *sur ce point*, dénote soit d’une ignorance complète, soit d’un attrait tout particulier pour le beau verbe au détriment de l’esprit analytique que je citais et/ou de l’honnêteté intellectuelle (je vous laisse choisir).

    Je sais qu’il est difficile de résumer une pensée complexe en deux phrases et demi – l’efficacité allant souvent de pair avec une certaine simplicité d’esprit – et que celle-ci est conditionnée par notre parcours, alors laissez-moi donc ces quelques phrases et demi la compléter (de manière tout aussi subjective).

    Superbe exercice d’emphase que ce discours formaté, mais je prendrais plutôt le temps de vous entendre dans des exercices plus proche du fond que de la forme.

    Bien cordialement,

    W. E. Kurtz

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