Mon discours en ouverture du Congrès des Jeunes Socialistes


Je vous propose de retrouver mon discours en ouverture du Congrès des Jeunes Socialistes de Strasbourg.

Chers amis, chers camarades, chers jeunes socialistes

Bienvenue à Strasbourg et merci à tous les amis qui ont organisé ce congrès, ils y ont passé des heures et des jours, ils sont militants du mjs, du ps, ils ont tout donné pour pouvoir nous accueillir dans de très bonnes conditions. On peut les applaudir, merci Khaled, merci Mathieu, merci Roland de nous accueillir pour un moment qui sera historique pour notre mouvement.

2 ans ont passé depuis notre rendez-vous de Grenoble.

Nous voulions porter la gauche au sommet, le sommet approche.

Nous avons fait le printemps rose. Nous avons réussi les primaires. Notre organisation est prête. Elle est rassemblée comme elle ne l’a jamais été. Elle s’est ouverte. Elle est en dynamique. Elle a consulté des dizaines de milliers de jeunes. Elle a fait des centaines de propositions. Elle a joué un rôle inédit dans la préparation du projet du PS et même de l’accord politique avec nos partenaires. Elle a gagné en crédibilité. Elle est reconnue par tous les socialistes, par la gauche, elle est au coeur des débats. Elle va maintenant mettre en place son dispositif pour mobiliser les jeunes dans cette élection présidentielle.

Ce bilan, c’est votre bilan, vous pouvez en être fiers, mais c’est surtout le socle sur lequel vous allez construire la victoire et ces trois jours vont achever de la préparer. Vous allez adopter votre plan de bataille et votre orientation. Vous allez élire le président qui conduira notre équipe pour les prochaines années. Vous allez célébrer la génération changement avec le premier grand discours de notre candidat, François Hollande, depuis son investiture. Vous allez vous entraîner et affiner votre stratégie pour les mois qui viennent avec le directeur de campagne de notre candidat, Pierre Moscovici.

Après 12 ans de chiraquisme et 5 ans de sarkozysme, les jeunes de notre pays n’ont plus confiance en l’avenir. Ils se méfient de la politique. Nous allons devoir aller les réconcilier avec l’engagement et la citoyenneté. Nous allons devoir montrer une autre image de la politique. Nous allons devoir proposer beaucoup, montrer ce que font les jeunes de notre pays et les écouter surtout, beaucoup.

Parce que les jeunes de France ont des raisons de se méfier après les promesses trahies et les mensonges du candidat sortant, Nicolas Sarkozy, sur leur avenir.

Le candidat de l’UMP a sacrifié les jeunes. Tous les ans 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification. Le chômage des jeunes de moins de 25 ans a augmenté de 22% depuis juin 2007. 23 % des jeunes sont au chômage, un garçon sur deux dans nos quartiers populaires. La précarité qui frappe, le logement trop cher et la violence aussi.

Il promettait un plan Marshall pour les quartiers et les quartiers n’ont rien vu venir. Il promettait l’autonomie et on a vu la pauvreté. Il promettait de réduire la dette pour les jeunes générations et la dette a cru de 480 milliards. Il promettait que tout deviendrait possible et malheureusement c’était vrai, le pire est devenu possible. Quand il a essayé de placer son fils à l’Epad, quand son ministre de l’intérieur a expliqué que trop d’arabes ça posait problème et quand Kadhafi a planté sa tente à 100 mètres de l’Elysée.

Les jeunes de notre pays méritent mieux. Ils sont l’avenir de notre pays et ils méritent mieux parce que la France toute entière mérite mieux.

Quand dans un pays, un divorce s’établit entre le régime et les aspirations de la jeunesse, le danger est grand, parce que des jeunes qui ont le sentiment de ne pas être considérés, de ne pas être compris, de ne pas être écoutés, ce sont des jeunes qui ne construisent pas l’avenir de leur pays. Pourtant, malgré cela, envers et contre tout, ils font ce qu’ils ont à faire. Ils étudient, travaillent et créent. Ils inventent déjà dans leur vie, dans leur travail, dans leur culture, le monde qui vient, sans que le monde d’aujourd’hui accepte de lui donner sa place ici et maintenant.

L’engagement sur la jeunesse de François Hollande, ce n’est pas une politique dérogatoire pour les jeunes que nous ne souhaitons pas, c’est enfin les mêmes droits puisque dans la société actuelle nous assumons déjà tous nos devoirs et même au-delà. Nous revendiquons le droit d’essayer, de nous tromper, de faire des choix différents pour chercher notre chemin vers le bonheur.

Cette place des jeunes, c’est la première pierre d’une nouvelle alliance des générations pour que la France de demain soit un grand pays, où vibre l’énergie du monde, l’innovation, l’audace et le progrès, doux et solidaire avec ses jeunes et ses anciens, là où le candidat sortant épuise la société dans une course à l’individualisme et à la guerre des âges.

Mes amis. Il n’y aura pas de génération sacrifiée parce que la guerre des générations n’aura pas lieu.

Dans les mois qui viennent, dans toute la France, nous allons vivre une grande, une immense aventure qui sera regardée dans le monde entier, parce que le monde attend que la France parle à nouveau le langage que l’on aime entendre d’elle.

La France n’a pas chassé la royauté, fait la déclaration des droits de l’homme et aboli les privilèges pour se coucher devant les banques. D’autres pays, affaiblis par les mensonges, au patrimoine public bradé pour des intérêts privés, par le dogmatisme libéral européen ont du se soumettre. Nous voulons sortir de ce cycle et changer de politique dans un pays qui a montré dans son histoire qu’il savait revenir des situations les plus désespérées en en sortant plus grand et plus fort encore.

La France est elle-même quand elle voit grand et qu’elle confie son destin à ceux qui savent être digne de son message et du rêve français de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est cela le sens que nous donnerons au changement.

Vos grands parents vous ont peut-être parlé de 1936 et vos parents de 1981. Vous avez vu des vidéos de ces scènes de joie et de liesse et de cet air, toujours insaisissable mais qui devient plus léger pour celles et ceux qui vivent ou qui essaient de vivre de leur travail quand le gouvernement de la France est assuré en leur nom.

Nous allons tout faire dans les 6 prochains mois pour que vous puissiez plus tard parler à vos enfants de mai 2012. Vous leur raconterez votre campagne. Vous leur raconterez l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Vous leur raconterez comment vous avez participé à la conquête de nouveaux droits et au redressement de notre pays.

Vous leur raconterez que vous n’avez compté ni vos jours, ni vos heures. Vous leur direz que vous y étiez et que vous en étiez. Il y a des générations militantes qui ont attendu une vie pour connaître cette rencontre entre le peuple et la gauche. A chaque fois, les jeunes socialistes étaient au coeur de cette mobilisation et de ce mouvement. Vous pouvez être ceux qui la construirez en 2012, l’année où les jeunes socialistes auront cent ans d’histoire.

C’est cela notre responsabilité, que nous assumerons devant le peuple de gauche.

C’est cela que nous allons faire.
C’est cela l’enjeu de ces 3 jours.

Chers amis. Je vous souhaite de bons travaux, Je déclare ouvert le 10ème congrès du mouvement des Jeunes socialistes.

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