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Sarkozy formule ses vœux au monde de l’éducation après 5 années d’échec


publié le 8 janvier 2012 - Commentaire : 0 - Catégories : Jeunesse


Nicolas Sarkozy présentait jeudi ses vœux au monde de l’éducation. Plus qu’un moment de solennité et de partage entre le Président de la République et une communauté éducative qui porte sur ses épaules l’avenir de la France et de ses enfants, cela s’apparentait à une tragi-comédie.

Une comédie parce que l’on se demande comment Nicolas Sarkozy ose encore formuler des vœux pour l’éducation alors que la droite a détruit notre modèle éducatif en cinq ans.

Mais surtout une tragédie. Une tragédie lorsque l’on voit le bilan du président sortant en matière d’éducation.

Ce bilan, c’est tout d’abord une réforme de l’école primaire en 2008. Ce devait être une réforme ambitieuse des programmes permettant un “recentrage sur les fondamentaux”, elle n’aura finalement pas apporté de réponses efficaces face aux difficultés, pourtant bien réelles, que rencontre l’école primaire. Cette réforme a aussi conduit à la mise en place d’une évaluation obligatoire des élèves sur ces fameux “fondamentaux” qui a plus permis un contrôle à distance de l’activité des enseignants qu’une garantie pour les élèves de maitriser les acquis nécessaire à une scolarité profitable au collège.

Ce bilan, c’est ensuite la réforme du lycée professionnel en 2009 qui aurait pu ouvrir des perspectives intéressantes pour l’enseignement professionnel et qui s’est finalement soldé par un détricotage en règle. Les dispositifs d’accompagnement aux élèves en difficulté n’ont jamais vu le jour, tout comme les sections de CAP qui devaient accueillir ces mêmes élèves en difficultés dans chaque bassin d’emploi et dont les ouvertures ont finalement été extrêmement marginales. Enfin, alors que la Dotation Horaire Globale aurait dû sensiblement augmenter, en particulier pour les travaux de groupe, les syndicats constatent aujourd’hui que cela n’a pas été le cas. La réforme du lycée professionnelle n’aura finalement eu lieu que dans un sens, celui des suppressions de sections et de postes.

Ce bilan, c’est enfin une réforme de l’enseignement général et technologique en 2010 dont, comme en 2009, les quelques avancées, notamment en matière d’accompagnement individualisé des élèves, ont finalement été sacrifiées sut l’autel de la réduction budgétaire et des suppressions de postes.

Pour 2012, le Président sortant voudrait s’attaquer au collège. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit de mettre fin au collège unique en “recentrant la 6e et la 5e sur les enseignements fondamentaux” et en “assumant la diversité des parcours en 4e et 3e”. A cela les socialistes s’opposent fermement. Le collège unique tel que nous l’avions voulu à la fin des années 1980 doit au contraire être réaffirmé avec un plus grand suivi individualisé des élèves et un meilleur accompagnement dans l’orientation pour leur permettre, en 2nde, de faire les meilleurs choix pour leur avenir. Nous n’accepterons pas que des élèves soient orientés de force des 12 ans, ce serait pour nous le constat de l’échec de l’Education Nationale et de réussite de Nicolas Sarkozy dans sa volonté de brader l’avenir des jeunes.

Ces vœux du Président sortant montre bien que nous n’avons pas la même vision de l’éducation et de la jeunesse. Au contraire de Nicolas Sarkozy, nous voulons donner tous les éléments aux jeunes de notre pays pour leur permettre de faire leurs propres choix de manière autonome, et de devenir au quotidien des citoyens émancipés. Lors de sa visite du CFA aux métiers de l’industrie de Caen François Hollande a fortement dénoncée la vision Sarkozienne de l’éducation et réaffirmé son attachement à l’école de la République. Aux cotés des jeunes en formation, François Hollande a lancé un appel pour que plus de jeunes s’engagent vers l’enseignement professionnel en leur adressant un message « je veux vous dire que vous avez choisi une filière dont vous devez être fier pour vous et pour votre pays ». Il a par ailleurs rappelé deux objectifs fondamentaux et interdépendants: La qualification de 100 % d’une génération et le redressement de notre niveau de production industriel. Il n’y aura pas de compétitivité, de croissance si nous n’avons pas de jeunes formés et qualifiés.

C’est sur cette base que nous bâtissons en ce moment aux cotés de Vincent Peillon notre projet pour l’éducation, sur celle de la construction de l’avenir, pas de la destruction du présent.

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