2012: le féminisme, c’est maintenant!


J’ai souvent eu l’occasion de m’exprimer sur l’importance que revêt pour moi le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes et je voudrais profiter de cette journée du 8 mars pour revenir sur ce qui est l’un des fondement de mon engagement, un combat qui connait aujourd’hui un renouveau d’une force incroyable.

Les manifestations à l’occasion de la journée internationale des droits de la femmes, comme toutes les mobilisations en faveurs de l’égalité entre les femmes et les hommes et pour les droits des femmes, ont toujours eu pour moi une résonnance particulièrement forte. Féministe, je le suis depuis l’enfance, même si je n’en ai pris conscience que plus tard, à l’adolescence. Ma mère nous a montré tôt, à ma sœur et moi, que même seule une femme est capable de réussir sur tout les fronts, professionnellement, affectivement et dans sa famille. Mais quand je cherche un exemple de féminisme autour de moi, c’est à ma grand-mère que je pense en premier lieu. Une femme qui, à une époque où cela ne se faisait pas, a eu le courage de quitter son mari, de commencer à travailler, d’élever seule ses enfants pour conquérir le bonheur, la seule chose qui encore aujourd’hui vaut, à ses yeux, la peine de tout sacrifier. J’ai été élevée par ces femmes fortes qui m’ont donné la volonté de changer le monde pour les Hommes mais aussi pour les femmes.

Mais, comme beaucoup de jeunes femmes, les discriminations et vexations quotidiennes m’ont également beaucoup renforcée dans mon féminisme. Les regards, les sifflets, les commentaires désobligeants qui n’ont rien de spirituels et sont au contraire profondément humiliants me mettent toujours profondément en colère, mais me donnent aussi un supplément de volonté me battre. Le monde politique n’est malheureusement pas non plus exempt de ses, nombreux, machistes, persuadés qu’une femme n’a pas à être écoutée, encore moins respectée. Je voudrais rendre hommage aux nombreuses femmes ministres, députées et sénatrices qui ont souvent dû se battre pour se voir confier d’autres responsabilités que les affaires sociales ; en effet au quotidien outre pour tenir le rôle de la jolie plante verte la vie politique ne fait pas toujours vraiment de place aux femmes.
Pour la première fois cette année, le Parti Socialiste présentera autant de femmes que d’hommes aux élections législatives. C’est un grand pas vers l’égalité et nous devrons être vigilants pour que la parité ne passe pas à la trappe des accords de second tour. En effet, on ne peut pas faire le changement dans notre pays quand on ne se l’impose pas à soit même.

Mais malgré les contre-exemples qui tendent d’ailleurs, le temps passant, à disparaître, je suis certaine d’une chose on ne peut pas être socialiste sans être féministe ; ou alors on prend le risque de l’incohérence.
Lorsqu’on est socialiste on se bat pour l’égalité, on lutte contre les discriminations, on veut permettre à chacun de se réaliser selon ses choix, ses envies et sans avoir à se battre contre le poids de la société.

Des femmes, et quelques hommes, ont porté ces combats tout au long du 20ème siècle et nous en sommes aujourd’hui les héritiers. Nous avons des acquis à défendre et des droits à conquérir.
Des acquis à défendre parce que la droite a, dix ans durant, mis en danger le droit des femmes à disposer de leur corps en sabrant dans les subventions aux associations, et notamment au Planning Familial, en remettant en cause le droit à l’IVG et en faisant des maternités des centres de bébés à la chaines. Rien d’étonnant pour des gens qui gouvernent avec la bénédiction de la droite catholique intégriste mais dramatiques pour des millions de femmes.

Mais nous avons aussi des droits à conquérir. Car malgré les nombreuses lois en vigueur l’égalité des salaires n’est toujours pas faite ! Ce doit être l’une de nos première revendication, avec le droit à disposer de son corps : à travail égal, salaire égal ! Et avec François Hollande les socialistes ont pris l’engagement d’en faire une priorité absolue. Cela passera aussi par la parité dans tous les lieux de pouvoir, François Hollande a pris l’engagement d’un gouvernement paritaire ; nous devrons progressivement aller plus loin et faire la parité dans les Conseils d’Administrations des grandes entreprises et à la direction des missions de service public. Mais il faudra également repenser l’organisation de la société pour que les femmes n’aient à choisir entre la maternité et une vie professionnelle, il faut rouvrir la scolarité dès deux ans, et créer des places en crèches. Je suis certaine qu’en voyant de plus en plus de femmes capables de prendre du plaisir à élever leurs enfant et à mener leur carrière professionnelle, tous les hommes auront envie de cette réussite eux aussi.

La relève féministe existe, elle constitue des associations, se mobilise dans nos quartiers, écrit des livres, elle se bat au quotidien aux côtés des « historiques ». Ces femmes du MLF et du Planning Familial qui ont connu les avortements clandestins et les voyages en Hollande pour se débarrasser d’un embryon non-désiré, dont les mères n’avaient pas le droit de voter ni d’avoir un compte en banque. Elles nous rappellent à quel point la conquête des droits des femmes est une lutte quotidienne et fragile, et sont à nos côtés aujourd’hui dans la conquête de nouveaux droits que les récents exemple de restrictions dans l’Union Européenne rendent encore plus précieux.

Avec François Hollande faisons le choix de l’égalité, parce qu’en 2012 le féminisme, c’est maintenant !

2 comments on “2012: le féminisme, c’est maintenant!

  1. 8 mars 2012 i

    merci

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  2. 13 mars 2012 Coucou

    Bonjour,

    Et tous les avantages qu’ont les femmes en matière de retraite, congé, en cas de divorce etc… vous comptez rétablir aussi ? Parce qu’une femme divorcé avec enfants n’a même plus besoin de travailler, dans bien des cas, c’est le mari qui a tout à charge et les alloc sont versé à la femme, bien sur sans droit de garde de ses enfants pour le père (ou alors un week end sur deux et un peu de vacance). Combien d’hommes divorcés survient très difficilement ?

    Quand on parle égalité, ça va dans les deux sens !

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