Ne laissons pas la République tomber dans le piège de l’Hiver français.


Les événements de ce 11 novembre ne doivent pas être banalisés. Comme tant de citoyens et de responsables,  j’ai appris les débordements inacceptables d’Oyonnax et des Champs Elysées après avoir assisté à la cérémonie de commémoration, respectueuse, apaisée, républicaine, chez moi, à Saint-Nazaire.

Un glissement de plus, après bien d’autres événements ces derniers mois. Chaque attaque raciste, réactionnaire, homophobe doit être prise pour ce qu’elle est : une attaque contre la République tout entière.

Avec plusieurs autres responsables du PS,  je signe cette tribune parue sur libé.fr:  Les sifflets du 11 Novembre sont une attaque envers la République et je vous invite à la lire et à la partager.

Insultes racistes envers une ministre par des enfants de la Manif pour tous, dégradations de biens publics par des Bonnets rouges réclamant des économies à l’Etat, déclarations racistes («Hitler et les Roms» à Cholet, «Racisme anti-blanc» à Castelginest, «Pains au chocolat» à Draguignan, «Ta femme et tes enfants dans le four» à Saint-Alban), notre République et ses valeurs font depuis de nombreux mois l’objet d’attaques insidieuses, transgressives, concertées qui s’amplifient et fragilisent notre démocratie.

En ce 11 novembre 2013, un nouveau cap vient d’être franchi et nous disons «Ça suffit !». A travers les sifflets proférés durant la cérémonie d’hommage aux disparus de toutes les guerres, c’est la République et ses valeurs les plus fondamentales qui ont été attaquées. Les quelques insultants de ce jour sont la partie émergée d’un groupe plus large et hétéroclite d’anti-républicains à qui il est temps de signifier la fin des activités anti-démocratiques.

Elus et cadres du Parti socialiste, nous nous exprimons régulièrement pour débattre et proposer des solutions concrètes afin de faire vivre le débat au sein de la République française. Ce faisant, nous nourrissons la démocratie, nous la renforçons, nous la protégeons. C’est pourquoi nous affirmons que notre démocratie, si elle permet le débat en son sein, ne peut fermer les yeux face à celles et ceux qui œuvrent à la faire disparaitre.

Nous ne laisserons pas la démocratie entrer dans le piège d’un «hiver français». Nous appelons tous les citoyens à réagir face à cette situation, à lutter par le combat politique et culturel contre tous ceux qui attaquent la République. Républicains, femmes et hommes de progrès, debout !

(1) Yann Galut, Catherine Lemorton, Patrice Prat (députés socialistes), Guillaume Balas, Marie Bidaud, Laurianne Deniaud, Julien Dray, Gérard Filoche (membres du Bureau national du PS), Georges Ben Samoun, Vincent Coppolani, Rémi Demersseman-Pradel, Laure Durand, Colette Gros, Bertrand Laforge, Thomas Petit, Pierre Polard, Pierre-Yves Schanen (membres du Conseil National du PS), Mehdi Allal (délégué général de la Gauche Forte)

2 comments on “Ne laissons pas la République tomber dans le piège de l’Hiver français.

  1. 12 novembre 2013 JB

    Bon … c’est parfait de condamner.
    C’est bien de vouloir une France apaisée.
    C’est bien de déclarer que la crise est finie, que les signes de reprise sont la.
    C’est bien de s’insurger sur la montée de l’extrême droite.

    Mais de réflexion quant aux causes de l’exaspération populaire, et à la mise en place de mesures préventives, cela n’est même pas abordée.

    Pour la délinquance vous êtes capables d’imaginer des solfions préventives, pourtant cette approche ne vous vient pas à l’idée lorsqu’il s’agit d’aborder ce problème de l’exaspération populaire.

    Au lieu de rester dans l’incantatoire, la gauche ferait mieux de se regarder en face. de traiter ses problèmes de cohérences entre courants, d’être honnête avec ses électeurs (Pause fiscale ? LOL) et surtout de se retrousser enfin les manches en s’entourant de compétences.

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  2. 14 novembre 2013 Jean-Philippe

    Madame,

    Je suis assez d’accord avec le commentaire de JB. Le mécontentement ne vient pas de nulle part et vous êtes au pouvoir, dans les villes principales, la plupart des régions, et au deux chambres du parlement. Un peu de courage politique que diable : soit vous êtes dans l’erreur et la population vous le fait savoir, soit vous êtes satisfaits de votre exercice du pouvoir et dans ce cas, c’est votre communication qui pêche. Dans les deux cas, vous avez des torts. Vous le savez, dîtes-le.

    Enfin, vous avez toujours cette tendance, politiques de Gauche comme de Droite, à utiliser des formules ronflantes. Cet « hiver français » dont vous parlez, c’est simplement l’ignorance crasse de la majorité de vos électeurs, dont la plupart ne savent probablement pas à quoi correspond le 11 novembre. Vous le savez d’ailleurs, vous qui les attirez lors des élections par des formules à l’emporte-pièce, sans profondeur et sans contenu.

    Dernier commentaire : vous publiez cette lettre dans Libération, pour être certains de ne pas être lus par les personnes qui ont commis ces agissements pathétiques ? Libération est un journal qui n’est lu que par un auditoire limité acquis à vos idées (le Figaro et le Monde vendent trois fois plus de copies, Ouest-France, 7 fois plus). Ayez du courage, publiez votre lettre dans Ouest-France, les Bretons qui sont dans la rue et qui ne lisent pas Libération, apprécieront je pense. Vous êtes de Saint-Nazaire ou de la rue de Solférino ?

    Salutations,

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