Le sursaut ou le chaos.


7770786759_la-carte-des-points-chauds-pour-le-second-tour-des-municipalesQue dire au lendemain de ces élections municipales ? Étrange sentiment, en ce lendemain de victoire, ici à Saint- Nazaire, devant une carte de France qui vire au bleu et parfois au sombre.

Dimanche, les électeurs qui ont porté François Hollande à l’Elysée ont exprimé pour une partie d’entre eux une déception, regret, colère, à travers leur vote comme à travers leur abstention.

Les Français sont en colère par ce que leur vote avait porté un programme au pouvoir. Ce programme portait l’espoir du changement. Face à la finance toute puissante, face à une droite sans limite, le volontarisme politique était au coeur d’une promesse de nouveau rêve Français, où l’égalité et la justice sociale constituaient le coeur de notre modèle.

Ce programme avait un esprit, porté par le discours du Bourget. Ils semblent aujourd’hui s’être trop évaporés. Le sentiment d’une -nouvelle- trahison de la parole donnée décridibilise terriblement la politique, la réalité d’une vie toujours plus difficile et d’efforts qui sont toujours plus durs à porter pour les plus modestes sont des machines à désespérance terribles. La défiance chez les jeunes, chez les ouvriers, dans les quartiers populaires est une fracture béante dans la société française.

Que faire ? Changer de cap, pour retrouver l’esprit des primaires et de la campagne présidentielle. Les demis-mesures ne suffiront pas. Nous n’avons pas été élus pour un redressement qui conduirait à ce que notre économie soit morte guérie. La gauche n’est pas arrivée au pouvoir pour cette politique là, mais pour réorienter l’Europe avec un sursaut aussi important que celui que Roosvelt avait impulsé aux USA dans les années 30. C’est tout de même surprenant de voir que Renzi, par ses actes, en quelques semaines, secoue plus les habitudes et les dogmes économiques européens installés que nous ne l’avons fait en deux ans.

Nous ne nous en sortirons pas par un mercato ou un casting, ni par des procès d’intention à une nouvelle équipe. C’est la politique qui compte, mais aussi le sérieux avec laquelle elle est conduite et de ce point de vue, une professionnalisation du fonctionnement est indispensable au gouvernement, au parti, comme à l’Elysée.

La gauche n’a du pouvoir d’agir que lorsqu’elle est en mouvement avec la société. Alors que nous avions tous les leviers du pouvoir politique, nous avons donné le sentiment de n’être jamais autant engoncés dans des contraintes et de subir, les batailles d’opinion comme les équilibres européens. Nous devons cesser de les gérer, et construire réellement des stratégies, du mouvement, des rapports de forces. Avec la société, avec le parti, avec les jeux médiatiques, avec les élus locaux, les parlementaires et le gouvernement. Nous ne pouvons pas rester dans un système où chacun est immobilisé par les indécisions d’en haut.

L’état de notre parti est préoccupant. Il s’est perdu dans le silence et des choix d’appareils, pris parfois en dépit du bon sens pour la préparation de ces municipales. N’oublions pas qu’il y a deux ans et demi, le PS, renouvelé, rénové, ouvert, moderne et puissant, attirait 3 millions de Français dans des primaires. Il faut que sa direction change immédiatement et refasse du PS un parti capable de s’ouvrir sur la société dans laquelle il vit, un parti qui donne du pouvoir aux citoyens de ce pays et pas une machine à produire des communiqués de soutien au gouvernement. Retrouvons un parti utile et vivant !

Jouant le jeu de la discipline et de la responsabilité lorsque je travaillais en cabinet ministériel, j’ai peu parlé. Je me suis ensuite concentrée sur la préparation d’une échéance municipale à Saint-Nazaire où nous avons remporté derrière David Samzun et toute l’équipe une belle victoire, fruit d’un travail de mobilisation populaire, de rassemblement de la gauche, d’ouverture sur la société civile et de renouvellement des pratiques et des équipes.  

Avec toutes celles et tous ceux qui, dans les oppositions municipales comme dans les majorités, veulent faire vivre une certaine idée de la gauche et de la politique, j’entends me battre pour que ce quinquénnat, conquis par 10 années de militantisme, de batailles et de travail, ne soit pas une occasion manquée qui s’achève en désastre. C’est une urgence sociale, c’est une urgence politique et désormais, c’est le sursaut ou le chaos.

2 comments on “Le sursaut ou le chaos.

  1. 31 mars 2014 Anthony

    Félicitations tout dabord pour cette batalle gagné a st nazaire il fallait laisser la ville a gauche et la transition aura été assurée c’est une bonne chose ! Par contre pas dac du tout quand vous dites qu’il y avait un elan en 2012 derrière hollande…. il a gagné sur l’anti sarkozisme plus que sur son programme qui était bien timide… Ca sentait le réchauffé hier cette défaite a l’échelon national ! Y’avait comme un parfum de 2002 quand le pen etait au deuxieme tour avec un jospin qui n’avait pas su communiquer et transmettre l’enthousiasme necessaire pour gagner alors que son bilan etait vraiment tres positif… meme avec les cartes en mains le parti socialiste n’y arrive pas ! (affaire des ecoutes qui se retourne contre eux … un comble !) … alors comment pouvait-il gagner hier avec un bilan pareil c’etait voué a l’echec des le depart ! Les francais attendent de nouvelles tetes a gauche avec une facon de penser différente et un virage moderne vers la sociale democratie … ils n’attendent pas un coup de barre a gauche et des manoeuvres politiciennes !

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  2. 3 avril 2014 Albert Hébasque

    Quand j’examine votre programme, j’ai peur ! J’ai peur que vous ne fassiez déraper les comptes. En effet, arroser les affidés comme cela a été fait lors de la période Batteux, cela coûte extrêmement cher.
    Faire des politiques somptuaires soi-disant pour conforter l’image de la ville, c’est hors de prix et c’est parfois totalement inefficace. J’ai les comptes de SNTP, 4,5 M€ de produits, mais 2 M€ de subvention, sans aucun retour pour les nazairiens. Les visiteurs visitent et s’en vont. Ils ne ne consomment pas à Saint-Nazaire. Comme pour les Escales, ce sont les nazairiens qui paient donc la moitié du billet, sans aucun retour sur investissement pour eux, direct ou indirect.
    Je paie des impôts locaux (taxe foncière + habitation) trop élevés et pense sérieusement, comme beaucoup de mes amis contribuables à déménager. (Les taxes locales sont moins chères à La Baule).
    Pour votre équipe, la sanction sera visible si la population continue à déserter, ne se renouvelle pas et si le revenu par habitant, déjà très bas à Saint-Nazaire, continue à décliner.
    Aujourd’hui, vu les taxes pratiquées, je ne reviendrais certainement pas habiter dans notre ville. Vu les prix moyens vendus au M2 qui sont déjà très bas, le parc immobilier étant globalement vétuste, une chute très probable de l’immobilier à Saint-Nazaire se profile.

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