Retrouvons le chemin de la confiance.


Voici le texte de mon intervention au conseil national du parti socialiste du dimanche 12 octobre dernier.

Chers amis, chers camarades,

Cela a été évoqué à de nombreuses reprises depuis le début de nos échanges: la situation économique est difficile et complexe et ces difficultés se traduisent au delà des mots, des chiffres et des considérations macroéconomiques chaque jour dans le quotidien des Françaises et des Français. Cette situation insupportable d’une crise, je devrais d’ailleurs probablement plutôt parler d’un système, qui ébranle l’économie réelle mais épargne les profits et la finance.

Nous le savons l’économie n’est pas une science exacte mais un objet mouvant dont la confiance est le principal pilier. Parce que nous détenons encore de nombreux pouvoirs, nous avons une responsabilité majeure: redonner confiance, favoriser l’émergence d’une société de la confiance retrouvée et partagée.

Confiance d’abord des Français les uns envers les autres, parce qu’une société violente où chacun s’oppose à l’autre est une société qui s’affaiblit elle-même. Le monde dans lequel nous vivons nous montre à quel point l’absence de solidarité, de coopération, peut faire de notre monde un enfer, comme le disait Hannah Arendt.

Confiance des Français et du peuple de gauche dans la capacité de la gauche et des socialistes à améliorer leur quotidien. C’est notre raison d’être, c’est le sens de notre engagement et, dans les périodes de trouble, il faut savoir revenir à des choses simples, à l’essentiel. Pourquoi sommes nous là ? Pourquoi exerçons nous nos responsabilités ? Nous sommes là pour améliorer la vie de celles et ceux qui vivent de leur travail. Nous sommes là pour faire progresser la justice sociale.

C’est important de se le dire, ce qui se joue est éminemment démocratique. Ce qui se joue à travers nous, l’exercice de nos responsabilités c’est la capacité des hommes à maitriser leur destin collectivement. Le socialisme c’est autant la redistribution des richesses que la redistribution des pouvoirs.

Pour redonner confiance, redonnons dans nos positions, nos décisions et nos actes, le pouvoir à ceux que nous représentons: ces étudiants de Montpellier, Brest et Strasbourg, ces familles de Bondy, Auch et Clichy, ces ouvriers, ces employés de Saint-Nazaire, Lille et Amiens,  ces chefs d’entreprises, de PME, de PMI, ces artisans, qui chaque jour se battent pour sauvegarder des emplois sur nos territoires.

Confiance enfin des Français dans le progrès, la République, l’avenir. Les choix qui ont été faits ces dernières années en matière économique sont un échec dans toute l’Europe et même l’Allemagne cale sévèrement. On a longtemps dit qu’avec ces politiques, le malade risquait de mourir guéri. La vérité c’est qu’il est en train de mourir tout court. On ne peut pas gérer l’Europe comme une banlieue résidentielle du monde où on ne produit plus, on invente plus, où on ne se soucie plus de justice, de progrès et de partage mais uniquement de la hauteur du grillage.

C’est aussi cette désespérance économique et sociale absolue et l’absence, n’ayons pas peur des mots, de sens, d’idéologie, de politique qui place certains de nos citoyens dans la confusion qui les mène au vote extreme ou au fondamentalisme religieux.

Redonner confiance, c’est conquérir de nouveaux droits et tout faire pour que les droits existants soient effectifs notamment pour les plus précaires d’entre nous et arrêter de reculer.

Redonner confiance, c’est chercher les effets de levier, engager le mouvement, c’est permettre et encourager l’investissement pour l’emploi pour nos territoires. C’est financer la recherche, la transition énergétique, le développement industriel, soutenir nos grands infrastructures, nos gares et nos ports aussi.

Redonner confiance, c’est veiller à un développement harmonieux de nos territoires en permettant à nos collectivité de continuer à investir pour nos écoles, nos théâtres, nos routes, nos quartiers et le logement pour tous.

Redonner confiance c’est doter nos territoires de capacités de développement équilibrée pour que personne en soit laissé sur le bord du chemin. Et permettez moi à cet égard de reprendre les propos de Jean-Marc Ayrault et de m’interroger à mon tour sur la faiblesse de l’enveloppe attribuée à la Région des Pays de la Loire dans la cadre du contrat de plan Etat Région.

Chers camarades,  il ne nous reste que deux ans pour réussir. Menons le combat sur le terrain idéologique et politique, faisons entendre notre voix par delà ces murs, la gauche au pouvoir cela doit être autre chose que la “vallée de la mort”, la gauche au pouvoir cela doit être le chemin de l’espoir, de la justice et du mouvement retrouvé.