Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple, mon intervention au #congrèsPS


Congrès de Poitiers

Chers amis, quelques jours après le congrès de Poitiers, je vous partage le texte de mon intervention. Je profite de ce message pour vous dire ma fierté de faire à nouveau parti du conseil national du PS, où je continuerais à porter les engagements et les convictions que vous connaissez. 

Laurianne

Chers amis, chers camarades.

Un congrès, c’est bien sûr le choix d’idées et d’équipes, mais c’est aussi et surtout une question de sens, celle de notre démarche. Pourquoi sommes nous un parti ? Pourquoi voulons nous exercer le pouvoir ? Quels sont nos combats, et pour qui nous battons nous ?

Ces questions résonnent étrangement, alors que la gauche est au pouvoir. Nous traversons une grave crise de sens, qui vide les bureaux de votes qui vide nos rangs, qui vide les travées de notre congrès et notre parole ressemble de plus en plus à cette langue morte, qu’évoquait notre premier ministre.

Si demain, les engagements de réorientation qui sont devenus lors du vote des militants l’engagement de notre parti ne se traduisaient pas dans les faits, je crains que ce mouvement ne s’aggrave.

Chers camarades, notre identité politique est celle de combats qui s’inscrivent dans une histoire. Nous sommes militants, nous sommes socialistes, pour donner du pouvoir, collectif, économique, social, politique à ceux qui seuls n’en ont pas assez pour être maitre de leur destin. Quand nous sommes plus attentifs à la gouvernance, aux indicateurs, à la dette qu’au peuple de France nous nous perdons et ceux qui espèrent de nous se détournent.

Si nous voulons être une force populaire, écoutons davantage les espoirs et les inquiétudes du peuple de France.

Dans cette France, dans notre pays, il y a cinq millions de chômeurs, et autant de familles pour qui l’avenir est une crainte, pour qui chaque lettre reçue est une inquiétude. C’est notre combat et face à cette détresse, à cette injustice pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, nous devons faire plus que 100000 emplois aidés à la sauvette parce qu’il ne suffira pas de tordre à la marge le bout d’une courbe pour retrouver l’espoir.

Nous devons déclarer la guerre au chômage, car nous n’avons pas encore tout essayé.

La guerre au chômage, c’est prendre les moyens là où ils sont pour soutenir la consommation, le pouvoir d’achat, ces moteurs de la croissance.

La guerre au chômage, c’est exiger des contreparties à l’argent public dépensé, pour l’emploi, plus d’innovation, plus d’investissement, plus d’embauche et moins de précarité.

La guerre au chômage, c’est la sécurité dans l’emploi, c’est le repos dominical, c’est le salaire digne, parce que les droits des salariés contre le licenciement, leurs capacités de consommation ne sont pas l’ennemi de l’emploi, mais ses alliés.

Dans notre France, je le vois chez moi, à Saint-Nazaire, ville ouvrière, fière des paquebots, des avions et désormais des éoliennes, qu’elle produit de ses mains et qu’elle offre au monde, le travail détaché continue à mettre en concurrence les travailleurs. Quand, sur les flancs d’un même navire, chacun ne cotise pas pour la même retraite ou pour les mêmes protections, ce sont les droits de tous qui sont menacés.

C’est notre combat et nous devons être plus offensifs pour qu’Europe cesse de rimer avec casse sociale, casse humaine, concurrence entre les travailleurs.

Dans notre pays, Benoît Hamon le dénonçait, des salariés craquent sous la pression, laissent la santé au travail, écrasés par le stress, par les mails et les appels qui brisent la vie familiale. C’est notre combat, nous devons faire en sorte que les conséquences du burn-out soient supportées par les entreprises qui en sont responsables et pas par les cotisations des salariés.

Dans notre pays, les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes constituent une injustice fondamentale. Notre combat, c’est le féminisme, et nous devons aller toujours, toujours dans le sens de l’égalité, dans nos actes dans nos lois, mais aussi dans nos instances, dans nos prises de paroles et dans l’image que nous donnons à la France

Dans notre pays, aujourd’hui, à la cantine, le problème, ce ne sont pas les menus différenciés. Le problème, aujourd’hui c’est que des enfants font des provisions de pain le vendredi midi pour manger le samedi et le dimanche.

C’est notre combat et nous devons donner suite au travail de notre Sénateur Yannick Vaugrenard sur cette très grande pauvreté qui ronge notre société.

Dans notre pays, des enseignants se battent avec cœur et énergie pour vaincre la détermination sociale, pour que le futur d’un enfant ne soit pas dicté par son lieu de naissance et le bulletin de salaire de sa famille. L’école, c’est notre combat avec Najat Vallaud Belkacem et nous sommes passionnément avec ces enseignants, avec ces parents, avec ces élèves et ces étudiants, qui travaillent dur, enseignent apprennent, préparent la France de demain, parce que l’école c’est la République.

Chers camarades. Deux extrême-droites occupent le terrain des espoirs déçus. Elles se font face. L’une, proche des catholiques intégristes, s’en prend aux musulmans en se voilant derrière la laïcité.

L’autre agrège l’extrémisme religieux islamiste, la haine des juifs, et se propage dans nos quartiers abandonnés et sur Internet.

Toutes deux crient au complot et se nourrissent de la crise économique. Le renforcement de l’une nourrit le sentiment de rejet qui fait prospérer l’autre. Alain Soral, Dieudonné, Tariq Ramadan, sont les alliés objectifs de Marine Le Pen.

Notre combat c’est de faire reculer ces serpents. L’apartheid social dont parlait justement notre camarade Manuel Valls fait monter des tensions mortelles pour notre République.

Pour vivre, la laïcité a besoin de la République sociale, car, pour que garantir la vie ensemble sans la pression de la religion, sans haine à l’égard de confessions, il faut que la République tienne sa promesse et soit capable de faire reculer concrètement et partout les discriminations, les injustices et les inégalités.

Nous devons avoir, mes camarades, la France au cœur. Cette France qui souffre tant alors qu’elle est riche des énergies de la jeunesse, du travail, de l’intelligence de ses ouvriers, de ses ingénieurs, de ses chercheurs, qu’elle est forte de l’amour d’une certaine idée du monde, de valeurs qui ont fait rêver les femmes et les hommes du monde entier.

Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple !   Pour déjouer les pronostics qui nous enterrent déjà, soyons en un mot, c’est urgent, c’est indispensable, c’est nous, soyons chers camarades des socialistes.

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