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Atelier législatives : ce que vous avez dit


publié le 11 novembre 2016 - Commentaire : 0 - Catégories : Culture Economie Education Egalité femmes-hommes Jeunesse Laïcité Législatives


Oui, je soutiens Laurianne.




Jeudi 3 novembre, plus d’une quarantaine de militants ont participé à l’Atelier législatives que j’organisais dans le cadre de la campagne interne pour la candidature aux législatives de juin prochain. J’ai voulu engager ce travail, car je crois que nous ne pouvons plus faire de la politique comme avant, en vase clos.

img_7020De plus, les désignations aux législatives ayant lieu avant la désignation d’un candidat à la présidentielle et sans que notre parti, je le regrette vivement, ne se soit engagé dans une démarche d’adoption d’un projet, il me paraît essentiel que ce vote ne se fasse pas que sur une question de personne mais sur une démarche politique de fond. A partir de ces échanges, sans qu’il soit question de construire un programme national à partir d’une seule circonscription, j’exposerai dans les prochaines semaines les combats et les valeurs que je défendrais à l’Assemblée nationale si militants puis électeurs me font confiance pour les représenter. Cette démarche participative  je souhaite la poursuivre et l’affiner au long de la campagne, comme durant la législature.

Nous avons débattu et travaillé en deux temps: sur les combats qui doivent être menés dans notre société et sur la place des citoyens et de leurs élus dans notre démocratie. Je présenterai surtout aujourd’hui les résultats de la première partie de ce débat, qui montre les priorités d’actions qui ont été évoquées. Parce que c’est de la diversité des parcours de vie que naît la richesse dans l’échange, j’ai souhaité que chacun puisse s’exprimer: ceux qui ont l’habitude de prendre la parole en groupe comme ceux pour qui cet exercice est moins courant. Nous avons ainsi choisi de proposer à chaque participant d’inscrire sur trois post-its les combats qui lui paraissaient prioritaires. Ce sont près de 130 items qui ont été collectés, nous les avons saisis, avons regroupés certaines formulations identiques et établi un classement thématique. Voici le résultat de ce travail :


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Naturellement, on trouvera certaines contradictions ou certaines absences. Mais ce travail me permet déjà de tirer quelques enseignements, sans évidemment être exhaustive.

La question de la rénovation démocratique, extrêmement présente et transversale dans nos échanges apparaît comme une condition même de la capacité à agir des citoyens et des politiques. J’y reviendrai dans quelques jours.

J’ai été frappée par la volonté forte de parler des questions économiques et sociales. A Saint-Nazaire, notre industrie se porte bien et prépare des projets d’avenir, ouverts sur le monde, alors que dans bien des régions de France ce n’est pas le cas. Mais le carnet de commande n’est pas notre seule préoccupation : il y a l’emploi local, la stabilité de l’emploi, le bien-être au travail, le salaire.

Passons des débats théoriques aux réalités concrètes
Je veux que nous parlions d’économie et de travail en passant des débats théoriques à des réalités concrètes et à des combats simples, pour les gens, leurs conditions de vie. Mais aussi pour préparer l’avenir: la robotique et le numérique se massifient, on ne peut pas laisser des pans entiers de notre économie et de notre modèle social s’y fracasser sans anticiper la société que nous voulons construire. La mondialisation aussi, avec ce paradoxe : notre industrie, aéronautique, navale, énergies renouvelables,vit de commandes gagnées dans l’économie mondiale, qui créent de l’emploi, mais les travailleurs s’y sentent plus fragilisés et mis en concurrence individuellement. Il n’est pas question pour moi de laisser ce terrain de débat à d’autres.

La gauche doit défendre ceux qui n’ont que leur travail pour vivre et elle doit s’y consacrer plus et mieux. Défendre les travailleurs, mais aussi ceux qui sont privés de leur travail : les conditions d’une démocratie sociale qui construise une économie plus protectrice pour tous ne sont pas réunies quand 8% des salariés sont syndiqués et quand les chômeurs ne le sont pas, ce qui a été souligné avec force.

Ne pas juste gérer, mais transformer
Si nous ne changeons pas ces paramètres, nous ne faisons que de la gestion alors qu’il devrait s’agir de transformer profondément la société. La question européenne, aussi évoquée, est liée à ce problème : nous devons sortir d’une naïveté idéologique qui a transformé le continent ayant inventé la social-démocratie en idiot utile de la mondialisation qui s’applique toutes les potions ultralibérales dont se préservent les autres puissances.

Ce monde qui vient, nous ne le préparerons pas en laissant tant de Français au bord du chemin. Notre système social apparaît en crise. Confus, faible parfois, il laisse des populations dans la misère, sans accès parfois à leurs droits tant le chemin pour y accéder est difficile, et il donne à d’autres le sentiment que “l’assistanat” est général. Le mot de “dignité” est apparu plusieurs fois : je crois que c’est là un enjeu profond.  On pourrait en dire autant de notre système fiscal, qui a été partiellement réformé ces 5 dernières années, mais avec trop peu d’ambition pour qu’il soit considéré par tous comme simple, juste et efficace. L’efficacité, l’automaticité, devraient être mises au service de nos valeurs de justice et de solidarité.

L’éducation, la jeunesse, la culture restent des priorités fortes, avec la volonté d’aller plus loin et de poursuivre dans l’élan de mesures engagées durant le quinquennat. Je crois qu’il y a là une fierté à porter, mais aussi une ambition à amplifier : dans l’économie qui vient, la hausse générale du niveau de qualification n’est pas une option, c’est une nécessité. Les emplois les moins qualifiés aujourd’hui emploieront davantage les ressources du numérique, de la relation au public ou aux clients demain. C’est aussi un enjeu démocratique : dans un monde où les algorithmes gouvernent tant de choses, former des citoyens à l’esprit critique aiguisé sera indispensable pour que chacun puisse faire le tri dans l’immense masse d’informations qui circulera toujours plus vite. La réhabilitation par la gauche de l’éducation populaire, la réflexion sur le temps libre  est aussi apparue comme un enjeu majeur:  permettre aux enfants, aux adultes de se rencontrer, d’apprendre à se comprendre, aux esprits de s’émanciper et de s’ouvrir aux autres dans un monde toujours plus complexe.

Les principes ne doivent pas rester virtuels
Egalité et laïcité sont des thématiques largement abordées.  Vous connaissez mon engagement et l’attention que je porte au principe de laïcité, fondement de notre République. Sur les sujets d’égalité, un des défis auquel je veux travailler est de passer des proclamations aux faits. La République perd en crédibilité quand des principes sont sans cesse proclamés, mais restent virtuels dans la vie d’une grande partie de la population. La question de l’égalité-femmes-hommes, du racisme, mais aussi de l’égalité entre les centre-villes, les quartiers et les campagnes sont quelques-uns des sujets forts pour moi.

Les sujets régaliens furent (trop) peu débattus. J’aurais l’occasion de parler plus amplement de ces sujets, qui doivent être pour moi liés à la question de la présence forte du service public sur tous les territoires et à la construction de politiques destinées à construire la concorde nationale entre les citoyens, de toute origine sociale, géographique en particulier. C’est une urgence, face aux fractures dans lesquelles se glissent les extrémistes et qui mettent en péril notre cohésion et notre sécurité.

Nous avons également débattu par la suite des enjeux de développement durable et d’écologie, très liés d’ailleurs aux questions sociales ou de santé publique. Je parlerai bientôt spécifiquement de ce point, le changement climatique, les enjeux de transition énergétique étant susceptibles de toucher particulièrement notre territoire.

Enfin, last but not least, les questions locales. Un député n’est pas un élu local, mais l’élu de la nation. Cela ne l’empêche pas de veiller, dans sa mission de contrôle du pouvoir exécutif à la façon dont sont traités des sujets liés à son territoire d’élection. Il y a évidemment les questions d’avenir de nos industries. A l’heure actuelle, ceux qui cherchent le plus à exploiter le sujet, j’évoque là l’évolution du capital de STX, ne sont pas forcément ceux qui sont le plus au fait des dernières évolutions, la période actuelle étant inévitablement propice à des échanges, négociations et discussions ne pouvant pas être divulguées. Ce qui comptera pour moi dans les prochaines années est le caractère durable et industriel du projet, l’absence de transferts de savoir-faire pénalisants, et la capacité d’investissement. Nous devons continuer à créer les conditions d’un industrie qui fait vivre et sécurise un réseau de PME et d’intelligence collective. Mais nous devons aussi mieux anticiper les besoins de formations et d’offre en sous-traitance, continuer la diversification, pour que la bonne santé actuelle se prolonge et profite à tous.

Merci encore pour la richesse de vos contributions et de nos échanges. Je développerai plus longuement et précisément ces points le 24 novembre dans la réunion inter-sections PS de la huitième circonscription de Loire-Atlantique.

J’espère vous y voir nombreux.

Laurianne.

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