Une députée de combat pour une gauche nouvelle


Ce jeudi 24 novembre, j’ai présenté ma candidature, avec Frédéric Pilorge, lors de la réunion inter-sections du PS de la huitième circonscription. Voici le texte de mon discours.


Chers amis, chers camarades

Je vous demande votre investiture pour être votre candidate aux élections législatives. Je le fais, car je veux donner du pouvoir à celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, dans un monde qui change vite, et qui ne changera pas à leur avantage si on ne fait rien.

Ce monde qui change c’est le numérique, c’est la robotique. Ce sont des métiers que l’on pensait réservés aux femmes et aux hommes qui seront automatisés demain. Ce devrait être une chance pour réduire le temps de travail et contre la pénibilité. Ce peut être une menace parce que notre protection sociale, nos revenus, sont basés sur le travail.

Ce monde qui change, c’est le changement climatique. Des glaciers fondent, la mer monte, le trait de côte se déplace. Demain, ce sont les tempêtes, les sécheresses, l’eau douce plus rare, des espèces qui disparaîtront, des équilibres brisés.  Des familles feront leurs bagages pour quitter des endroits où l’on ne pourra plus vivre. Ce n’est pas une échéance lointaine. Ma génération aura connu le monde d’avant et celui qui vient, ma fille ne connaîtra qu’un monde où ce changement climatique sera largement engagé.

Ce monde qui change, c’est l’argent qui circule toujours plus vite, les  matières premières et les marchandises qui ne connaissent plus de frontières. Mais ce sont des murs que l’on construit pour bloquer les femmes et hommes  fuyant la guerre et la misère. C’est une mise en concurrence des travailleurs avec des usines qui ferment dans un pays parce qu’un autre sacrifie des droits pour être moins cher.

Ce monde qui change, c’est aussi la montée d’un fondamentalisme islamiste en guerre contre nous tous. Une idéologie destructrice qui prétend être la seule cause valable dans un univers désenchanté  et qui égare des jeunes sur tous les continents.

Ce monde qui change, c’est aussi la Russie, qui veut  retrouver une position d’influence et qui est prête pour cela à toutes les déstabilisations.

Dans ce monde, un vent d’extrême-droite et de rejet souffle. Il souffle sur les difficultés économiques trop dénoncées et pas assez combattues, sur l’éloignement des pouvoirs des réalités, sur les échecs et les absences de l’Europe.

La vie quotidienne, pour 9 millions de Français, c’est la pauvreté, le chômage ou le travail qui paie mal. Et beaucoup de nos concitoyens se sentent vulnérables. Le logement trop cher, les courses et les factures qui ne laissent pas de marge de manoeuvre. C’est la peur qu’un imprévu, un problème de santé, une voiture à réparer vienne faire déraper une situation déjà  fragile. C’est l’inquiétude pour l’avenir de leurs enfants aussi.

Nous sentons bien que les instruments que la gauche, la social-démocratie ont mis en place dans son histoire, le modèle social, l’Etat providence semblent enrayés, moins efficaces, parfois trop complexes aussi.. Ce devrait être un encouragement à les améliorer, mais la droite veut juste les effacer.

Ce monde change et la droite est sur le point de choisir un candidat resté bloqué dans les années 80, François Fillon. La seule réponse qu’elle apporte à ces changements et ces crises, c’est la purge. Une purge violente.

Des centaines de milliers de fonctionnaires en moins, c’est l’écroulement des services publics, l’école, l’hôpital.

120 milliards de coupes budgétaires, c’est une austérité inouïe, c’est l’affaiblissement programmé des collectivités locales qui défendent la solidarité.

La dégressivité des allocations chômage, c’est la détresse pour beaucoup, quand il n’y a tout simplement pas de travail.

La retraite à 65 ans, ce sont des ouvriers et des employés qui perdent des années de liberté après une vie de travail difficile.

Fillon président, c’est l’encouragement des femmes à rester à la maison pour s’occuper des enfants, c’est la culpabilisation de l’IVG. C’est un député qui a voté, à l’Assemblée Nationale contre la dépénalisation de l’homosexualité, contre le pacs, le mariage pour tous et qui veut revenir sur la loi Taubira.

Fillon président, c’est l’alignement sur Bachar El Assad, le boucher qui précipite sur les routes de l’exil les familles que nous accueillons ici.

Fillon président, c’est La Manif pour tous et Poutine à l’Elysée.

Une droite dure, ultralibérale sur l’économie, ultra conservatrice sur les questions de société. A ses côtés, il y aura une extrême-droite qui tentera une imposture pour occuper le terrain social.  Cette droite, cette extrême droite , ce n’est pas la France que nous voulons.

La France que nous voulons, elle est solidaire. Elle a l’égalité et la liberté chevillée au corps et au coeur. Elle est 1789, 1936, 1945, 1981, ces moments où majorité sociale et politique se retrouvent. Elle veut que l’esprit de ces instants continue à souffler, pour répondre aux défis de notre temps.

Notre gauche, c’est d’ailleurs comme cela qu’elle est ici au bord de l’estuaire de la Loire. Elle est diverse, première et seconde gauche à la fois. Elle est urbaine et rurale, ouvrière et paysanne. Elle est un peu communiste, un peu radicale, un peu CGT, un peu CFDT. Elle est beaucoup PS. Elle est citoyenne. Elle devient écolo. Elle est un peu catho parfois mais elle est très laïque surtout. Elle est imaginative et elle connaît l’économie. Elle n’a pas peur de transformations fortes de la société quand la réalité des vies est dure.

Je veux incarner cette gauche qu’on aime, sincère et authentique. Cette gauche qui  sait d’où elle vient et pour qui elle agit. Cette gauche qui nous ressemble et qui nous rassemble et qui a toujours cherché ici à avoir un temps d’avance.

Quand il fallu développer une industrie permettant de construire les bateaux gigantesques qui traverseraient les océans et changeraient le monde, c’est ici que l’on fit venir le train, que l’on construisit des usines et qu’un savoir-faire unique est né.

Quand le monde ouvrier traversait une pauvreté terrible, c’est ici que Fernand Pelloutier donna de la force aux salariés, en créant une des premières bourses du travail.

Quand notre pays voulu surmonter des siècles de guerres de religion c’est un homme d’ici, Aristide Briand, qui fut le rapporteur de la loi de séparation des églises et de l’Etat, qui donna à la France  la laïcité, un principe unique au monde pour vivre ensemble.

C’est ici, des décennies avant Malraux que nous avons, parmi les premiers dans le pays, créé les bibliothèques municipales, les universités populaires, les patronages laïques, avec Pierre Norange,  c’est ici que nous faisons vivre une ambition culturelle parce que la culture pour tous, c’est la liberté et l’émancipation.

Quand la guerre détruisit notre région, c’est ici que la force de l’Etat et celles de l’imagination, de la solidarité locale avec les Castors, permirent de reconstruire des maisons pour des familles qui étaient devenues des réfugiées dans leur propre pays.

Quand le gaullisme vieillissant s’affaissait, que les étudiants manifestaient, c’est ici, à Saint-Nazaire, un certain mois de mai de 1968, qu’un mouvement syndical, ouvrier fort et massif apporta, en plus du changement des moeurs, la transformation sociale, la baisse du temps de travail et les hausses de salaires.

La lutte contre les lobbys de l’alcool et du tabac, c’est ici, avec Claude Evin. La lutte contre la grande pauvreté, c’est ici, c’est le travail de Yannick Vaugrenard.  L’égalité des droits avec des certificats de vie commune pour les couples homosexuels en 1995, c’est ici que Joël Batteux les a délivré contre le gouvernement d’Alain Juppé qui n’en voulait pas. L’accueil des réfugiés, c’est ici, à Saint-Nazaire que nous l’assumons avec David Samzun, comme le font aussi nos camarades qui militent à Savenay. La puissance publique qui intervient pour soutenir l’industrie, c’est ici, dans notre agglomération la Carene.

C’est ici que naissent les machines qui font voyager des femmes et des hommes du monde entier, dans les airs, sur les mers, en consommant de moins en moins d’énergie et c’est ici, avec la recherche et l’innovation que l’on va faire naître l’énergie de demain, les éoliennes en mer.

Voilà ce que nous sommes.

Voilà d’où nous venons.

Voilà nos idées.

Elles ont trop d’histoire et d’ancrage pour ne pas avoir d’avenir si nous savons en faire des guides pour les questions qui se posent dans le monde qui vient. Lors de l’atelier législatif, avec une quarantaine de militants, nous avons réfléchi aux combats et sujets que nous devons travailler pour demain.

Nous avons beaucoup parlé de l’économie et de l’emploi. Je crois qu’il faut réarmer le politique en matière économique  et sociale. Pourquoi le travail ne paie-t-il plus assez ? Comment accompagner nos PME, nos industrie pour faire innover, investir et faire face dans la mondialisation ? Comment concilier l’ouverture à l’international et la légitime aspiration à protéger l’emploi local et le salaire juste ? Comment payer la retraite d’une caissière, si plus personne ne cotise à sa place parce qu’elle a été remplacée par une caisse automatique ? Comment va-t-on partager et protéger le travail s’il y en a moins et si l’on en change plus souvent dans la vie ? Nous devons réfléchir au revenu universel, à la cotisation sociale des robots et des machines…

Nous avons parlé de l’école, des inégalités, des services publics et des discriminations. Notre action pour l’éducation, c’est une fierté : nous avons déjà réduit de 40% le nombre de jeunes qui sortent sans diplôme du système. Mais qui peut penser qu’on n’aura pas besoin d’encore plus de jeunes formés à un haut niveau, quand on sait que tous les métiers de demain, de l’agriculture à l’industrie s’appuieront sur les progrès du numérique ? Comment permettre à chaque enfant qu’il ait grandi à Malville, à Quilly, Montoir, ou Saint Nazaire d’avoir les même chances dans la vie que ceux de la Baule ou de Nantes, quel que soit le métier de ses parents, son origine, son orientation sexuelle ou sa religion ?

Nous ne pouvons pas arrêter notre réflexion aux portes de l’école. Notre combat, c’est aussi celui de l’enfance.  Je connais l’attachement de Philippe Grosvalet sur ces sujets, je pourrais également citer le travail que mène Michèle Meunier au Sénat sur ces questions.. La bienveillance, l’amour, la confiance en soi sont aussi des questions politiques, parce qu’un enfant qui en est privé, est lancé dans la vie avec un handicap considérable. Philippe et nos camarades au cg pourraient en parler. Aujourd’hui trop d’enfants délaissés connaissent plus tard dans leur vie les difficultés, tribunaux, la prison parfois. Nous devons construire une action publique qui sache faire preuve de bienveillance, d’attention patiente, d’affection aussi.

Nous avons parlé de pauvreté, de précarité et d’isolement social. La pauvreté, elle touche fortement les femmes, les mères seules en particulier. La zone d’emploi de Saint-Nazaire est une de celles où les inégalités de salaire sont les plus forte en france, 20,2% à temps de travail égal. Pourquoi tous les textes sur l’égalité que nous avons voté ne suffisent-ils pas ? Comment rendre plus efficace la loi ?

J’ai voulu que l’on parle aussi d’écologie. Le changement climatique et la montée des eaux, ce n’est pas au bout du monde.Près du cinquième du territoire de la circonscription serait impacté par une montée des eaux de deux à trois mètres. Nous construisons la digue pour protéger Méan-Penhoët, mais va-t-on laisser chacun seul quand ce seront des villages, des maisons isolées, des entreprises qui seront menacées ?  L’écologie, c’est aussi la qualité de ce que nous mangeons, de l’air que nous respirons. Acceptera-t-on que l’on continue demain à s’abimer la santé parce que l’on a pas les moyens de manger mieux ?

Voilà quelques unes des priorités sur lesquelles je veux travailler avec vous et avec les citoyens de la 8ème circonscription dans les mois qui viennent.

La manière dont nous faisons de la politique est pour moi essentielle. De ce point de vue, nous avons éprouvé les limites de nos institutions durant ce quinquennat.

C’est pour cela que je veux saluer Marie-Odile Bouillé, notre députée, qui s’est battue avec courage et détermination dans un travail parfois ingrat pour défendre nos valeurs et notre territoire, dans un cadre si difficile pour la gauche et pour le travail démocratique remarquable de nos parlementaires.

Pour moi, la construction de la loi doit devenir plus participative, la manière de faire de la politique plus proche, plus transparente. C’est ce que nous faisons dans les mairies et les départements, nous devons le faire au niveau national.  La politique où on disait “votez pour moi, signez là et je m’occupe de tout, je reviens dans cinq ans” c’est fini.

Et c’est pour cela que j’ai pris cette désignation interne au sérieux, c’est pour cela que j’ai voulu construire une démarche collective et participative, sur les thèmes de travail, sur la charte de législature. Si vous me désignez, je poursuivrai avec les citoyens.

La gauche est aujourd’hui trop éclatée et divisée pour faire face aux échéances qui viennent. De l’Elysée à Matignon, d’En Marche à Mélenchon, des frondeurs aux légitimistes, qui pense pouvoir tout faire seul ? Qui est assez sûr de lui, assez fort pour dire aujourd’hui à tous les autres “taisez-vous ! vous avez tort !” ? Qui présente aujourd’hui une légitimité, des résultats ou un rassemblement assez fort pour prétendre cela ? Personne !

Ce n’est que dans une démarche collective que nous reconstruirons un rassemblement. Cela passera par la mobilisation pour réussir nos primaires et nous aurons besoin de tous pour construire une gauche nouvelle dans les années qui viennent.

Pour cette gauche nouvelle, je veux être une députée de combats. Des combats, j’en ai mené avec  le mouvement social,  dans notre famille politique, aux responsabilités.

Rien ne me prédestinait à l’engagement politique. Fille de Brière et de Saint-Nazaire, c’est l’engagement associatif dans l’éducation populaire et l’école de la République qui m’ont conduit à m’engager pour les valeurs simples que m’a transmise ma famille, justice, travail, solidarité. J’ai étudié. J’ai travaillé. J’ai milité. J’ai exercé des responsabilités.

Depuis près de trois ans, c’est en tant qu’élue que j’agis et que je mène chaque jour des combats. Parce que quand on veut construire plus de 500 logements par an, faire le logement pour tous, lutter contre l’étalement urbain,  quand on veut rénover et renforcer la démocratie locale, on bouscule, on rencontre des résistances. Mais je ne cesse jamais d’agir, de convaincre, avec détermination.  J’ai l’énergie pour  poursuivre ces combats et en mener d’autres.

J’ai besoin de votre force pour engager le rassemblement. Je le dit sans mettre mon étiquette dans ma poche, je viens de la gauche de notre parti et j’ai toujours défendu mes idées avec sincérité et conviction. Je ne serai pas une député godillot mais je respecterai nos cadres collectifs. Ce rassemblement, en agissant avec chacun pour l’intérêt général, je l’ai toujours recherché.

En vous proposant d’investir Frédéric Pilorge comme suppléant j’ai aussi voulu montrer cette volonté. Chez les socialistes, on vote souvent et on est pas toujours d’accord sur tout.. Mais on sait se rassembler. Et je suis fière de faire équipe avec lui, je trouve que nous sommes assez complémentaires. Il habite à Savenay, il travaille dans les entreprises et dans les secteurs qui font la fierté de notre territoire. Sa famille vient du monde agricole. Il vient de Bretagne, moi de Brière. Il vous en dira plus dans quelques instants..

Mes camarades, nous ne sommes pas des spectateurs. Nous avons fait le choix de l’engagement, de l’action. N’allons pas dans les batailles de 2017 en pensant que rien ne peut changer et que tout est joué d’avance. L’histoire nous montre que tous les pronostics dressés 6 mois avant une élection sont le plus souvent démentis. Les événements de ces derniers jours nous montrent à quel point les citoyens se mobilisent, changent d’avis et peuvent renverser les prévisions en quelques jours. Il faut donc mener une campagne  de terrain, sérieuse, impliquant les citoyens pour être prêts le moment venu.

Aujourd’hui, comme demain dans la campagne, et après-demain, dans l’exercice du mandat national, j’ai besoin de vous, militants du parti socialiste. J’espère pouvoir compter sur vous, vous pourrez toujours compter sur moi, pour défendre nos idées et nos valeurs.

supportld

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