Syrie, prendre toutes nos responsabilités


La tragédie qui se déroule sous nos yeux à Alep nous bouleverse au plus profond de nous-même. A Alep, c’est l’humanité qui se meurt.

Et dans les flammes, sous les bombes, une vérité : Bachar al-Assad n’est pas un rempart contre le terrorisme de Daesh, comme certains voudraient nous le faire croire. Il est un rempart contre la liberté du peuple syrien, qu’il massacre, aujourd’hui à Alep, comme hier à Homs. Preuve affreuse s’il en est, tandis que toutes les forces militaires du régime syrien sont concentrées sur Alep, les terroristes de Daesh ont repris Palmyre en début de semaine.

Ceux qui continuent de le soutenir, la Russie, l’Iran, mais aussi en France l’extrême droite et la droite extrême, qui lui rendent visite et le soutiennent dans nos assemblées et nos médias doivent assumer leurs responsabilités devant ces crimes. Parfois, le soutien, le silence, sont coupables.

Ceux qui pensent que la solution à la guerre en Syrie réside dans les mains de Poutine, sont prêts à essuyer d’un revers de manche le sang de dizaines de milliers de syriens gazés par le régime ou massacrés sous les bombes russes depuis le début de conflit alors qu’ils n’étaient pas des combattants, et à oublier les centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes contraints de fuir leur pays dans des conditions atroces. 

La France est parfois blâmée injustement. Elle s’est engagée courageusement dans ce conflit et ne cesse de dénoncer les exactions. Je regrette que les USA et les Britanniques aient laissé notre pays seul quand une intervention internationale aurait pu créer un autre rapport de force et protéger les populations.

Alors que faire maintenant ?

  • Continuer tout d’abord à prendre nos responsabilités, en accueillant les réfugiés fuyant cette guerre comme nous le faisons à Saint-Nazaire et dans d’autres communes.
  • La priorité doit être aux populations civiles. Des observateurs de l’ONU doivent permettre l’évacuation des populations en garantissant leur sécurité, la France l’a proposé. L’opération d’évacuation menée ces dernières heures, puis suspendue présente trop peu de garanties.
  • Les négociations doivent reprendre entre les parties, pour envisager au plus vite la fin du conflit. Ces négociations doivent se faire avec l’implication de toute la communauté internationale, mais garantir une solution démocratique sans ingérence extérieure sur la direction du pays.
  • Sur ce chemin vers la paix, Bachar al-Assad ne peut pas plus qu’hier être la solution dans son pays, lui qui n’a pas mené la guerre pour la Syrie mais contre les Syriens et pour défendre son pouvoir personnel. Comment imaginer que la communauté internationale soutienne un homme qui a massacré son peuple et libéré les islamistes qui ont structuré Daech ?   
  • Le rétablissement de la paix est nécessaire pour reconstruire la Syrie.  Mais aussi pour concentrer toutes les forces contre l’ennemi de la Syrie et du monde : Daech.  

Mes positions sur ce sujet sont claires et sont publiques. Je voudrais que les habitants de la huitième circonscription de Loire-Atlantique puissent être aussi au clair sur les positions des différents candidats. C’est important pour comprendre ce que seront leurs votes quand des questions internationales viendront à l’ordre du jour des débats à l’Assemblée nationale.

Du côté du Front National, l’alignement cynique sur les crimes de Poutine et sur Assad pouvait sembler clair, mais on a senti hier la gêne de Gauthier Bouchet. Il a présenté son voyage en Syrie d’août 2011, alors que la guerre civile avait débuté dans le pays, comme une balade touristique aussi banale qu’un séjour à Noirmoutier. Il n’assume pourtant pas toutes ses “photos de vacances”, puisque celle-ci a été expurgée de son album Facebook.

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Côté LR, la position de François Fillon et de son parti sur le sujet, affichant surtout la défense des chrétiens d’Orient, refusant l’accueil des réfugiés, souhaitant un alignement total sur Moscou, ayant même défendu la ligne du soutien au régime d’Assad me paraît peu conforme à la tradition, aux intérêts et aux valeurs de notre pays. Je n’ai trouvé à ce jour que bien peu d’expressions publiques de la candidate filloniste sur la situation au Moyen-Orient. On peut donc supposer qu’elle partage l’alignement cynique de François Fillon sur le régime de Bachar Al Assad et sur les intérêts russes. Ses seules expressions connues sont deux tweets sur le sujet, deux partages d’articles, l’un d’un site d’extrême-droite, et l’autre d’un article présentant la position du régime Syrien sur l’action de la France, s’inscrivant même dans une ligne “dure” de ce point de vue, à la jonction de la droite et de l’extrême-droite.

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Elle aurait pu préciser sa position lors du débat en conseil municipal qui a évoqué le sujet. Mais elle n’était pas là pour le faire hier. Espérons que cette clarification viendra…

 

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