Vers un accord rassurant pour les chantiers de Saint-Nazaire, une vigilance à maintenir


L’Etat a annoncé ce soir ce les conditions d’un accord de principe concernant la future composition du capital de STX France. Les annonces de Christophe Sirugue sont de nouveaux éléments forts qui marquent des avancées significatives par rapport au scénario initial d’une reprise intégrale des parts coréennes de STX France par Fincantieri.

La puissance publique française (à travers les 33,34% de participation de l’Etat et la prise de participation de 14% de DCNS) possèdera 47% des parts, à quasi-parité avec l’industriel italien (48%). Fincantieri ne sera donc pas majoritaire seul. Un autre actionnaire minoritaire italien, la Fondazione Cassa di Risparmio di Trieste, dont la présence au capital est figée pour au moins 8 ans, possèdera les 5% restants du capital.

D’autres pistes ont été envisagées, mais plusieurs des craintes qui auraient pu justifier une nationalisation temporaire semblent levées par un pacte d’actionnaire de 20 ans dans lequel l’Etat dispose de larges garanties pour pouvoir préserver les intérêts de la France. La composition du conseil d’administration (où les salariés seront représentés), les droits de vétos prévus, les règles de nomination, les orientations en matière d’emploi, de sous-traitance, de propriété industrielle et de diversification des chantiers sont rassurantes à ce stade.

Il tiendra au gouvernement issu des urnes en mai et juin prochain, dans son rôle d’actionnaire, de faire valoir effectivement ces intérêts. Il disposera toujours de son droit de préemption au cas où ils seraient en cause. Si je suis élue députée, je continuerai à agir auprès de Bercy pour que les garanties issues de cet accord s’appliquent avec exigence et pour défendre les intérêts du bassin d’emploi nazairien (plan de formation et de recrutement adapté au plan de charges, limitation et encadrement plus strict du recours au travail détaché, maintien de l’emploi local..).

La mobilisation et l’exigence des élus locaux nazairiens tout au long de ce dossier a été indispensable et a payé : les chantiers ont un actionnaire industriel et européen, la position de l’Etat sera renforcée. Avec un carnet de commande plein, des savoir-faire uniques au monde, un pacte d’actionnariat stable, les chantiers navals de Saint-Nazaire continueront à construire les plus grands paquebots du monde pour de longues années.

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