Discours de la cérémonie du 8 mai 2017


Madame la sous-préfète, 

Monsieur le sénateur, 

Madame, Monsieur les conseillers départementaux, 

Mesdames et Messieurs les élus, 

Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués, 

Le capitaine de vaisseau, représentant le délégué militaire départemental de Loire-Atlantique 

Les autorités militaires, 

Mesdames et Messieurs les présidents des associations des anciens combattants, 

Mesdames et Messieurs, 


Chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble la fin d’un conflit dévastateur qui plongea l’Europe et le monde entier dans les ténèbres les plus sombres.

Il y a 72 ans jour pour jour, le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait enfin après 6 années de combats et de barbarie, qui coutèrent la vie à près de 50 millions de personnes.

« Certains jours, j’ai rêvé d’une gomme à effacer l’immondice humaine » écrivait Aragon. A défaut d’une tel outil, utilisons l’arme qui est à notre portée : la transmission de la mémoire.

L’Europe avait déjà éprouvé les douleurs de la guerre. Elle fut marquée dans sa chair par l’horreur indicible de l’abject, de la déportation et de l’extermination. Ce sont les millions d’ombres des camps qui disparurent dans la nuit, juifs, tziganes, résistants,  homosexuels… “Ce qui a eu lieu est une abomination qu’aucune prière, aucun pardon, aucune expiation, rien de ce que l’homme a le pouvoir de faire ne pourra jamais réparer. ” témoignait Primo Levi.

Ce cauchemar à l’échelle du monde a profondément marqué Saint-Nazaire, dont le centre fut détruit à plus de 85%, par les bombardements visant la base-sous marine, cet autre témoignage de la folie nazie.

En ce jour, nous pensons aux 4000 victimes du Lancastria

Nous pensons aux déportés, juifs et résistants, ces familles, ces enfants, ces femmes, ces hommes, raflés, par la lâcheté de la collaboration la plus vile. Nous entendons encore leurs voix, leurs cris, leur souffle. Bien peu sont revenus pour témoigner et transmettre.

Nous pensons aux courage de celles et ceux qui choisirent de résister, gaullistes, communistes, socialistes, républicains, simples citoyens.

Nous entendons le Chant des partisans, la Marseillaise et l’internationale qui s’élevaient devant les pelotons d’exécution comme dans les maquis.

Nous lisons les mots de Guy Môquet avant son assassinat : « vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir ».

Nous pensons aux travailleurs forcés du Mur de l’Atlantique.

Nous pensons aux héros britanniques de l’opération Chariot.

Nous pensons aux victimes des bombardements, nous pensons à tous les nazairiens contraints de quitter leur ville, réfugiés dans leur propre pays.

Nous pensons  aux FFI et aux troupes françaises du colonel Chomel, à nos alliés américains et à toutes les victimes des combats de la Poche de Saint-Nazaire

Car Saint-Nazaire, déjà meurtrie par cette guerre a dû la subir plus longtemps encore que le reste du continent. Nous célébrons l’armistice du 8 mai, mais ce n’est que le 11 mai 1945, que notre ville retrouva la liberté avec la reddition de la “Poche”.

Les femmes et les hommes qui sortirent de l’ombre firent jaillir une lumière qui nous éclaire encore. C’est le Conseil National de la Résistance et son programme “Les jours heureux”. De cette période est née la sécurité sociale, le droit de vote des femmes, le droit à la retraite et au logement.

Des années qui suivirent est née l’Europe, inspirée par le rêve de ses bâtisseurs : rapprocher les femmes et les hommes afin d’installer de façon pérenne la paix sur notre continent.

Commémorer c’est raviver la mémoire. Mais ce doit aussi être un appel à l’indignation, à la résistance et à la vigilance. A la vigilance, oui, car comme cela était le cas en Allemagne en 1929, dans une société qui souffre, il est plus commode de désigner des boucs émissaires que de s’interroger sur les causes du mal être économique et social qui divise et fait prospérer le repli sur soi.

Disons le à nos enfants et petits enfants : aucune voix ne doit jamais manquer, même quand les temps sont durs, même quand la souffrance sociale frappe, pour refuser le chemin du nationalisme, de la haine et du racisme. La paix, la démocratie, les valeurs républicaine sont des combats de tous les jours et nous ne devons jamais baisser la garde.

Et, à tous les survivants de cette horrible guerre, à tous ceux qui perpétuent aujourd’hui le message universel « plus jamais ça »,

À tous ceux qui se mobilisent année après année pour le faire vivre, à tous ceux qui, présents parmi nous, se battent au quotidien pour une société plus juste et plus humaine,

À tous ceux qui continuent de faire vivre le message d’espoir que faisait prospérer jadis la résistance,

À vous tous simples citoyens, démocrates, républicains,

À tous les enfants,

Au nom du maire de Saint-Nazaire et du conseil municipal,
Je vous remercie de votre présence, de votre action et du souvenir de mémoire qu’à travers vous tous, nous partageons.

Vive la République, vive la France, vive l’Europe et vive la Paix  !

Merci à Karima Sky pour ses photos

One comment on “Discours de la cérémonie du 8 mai 2017

  1. 8 mai 2017 Kath

    Très joli discours. Émouvant et instructif.

    Répondre

Laisser un commentaire