Discours lors du forum citoyen


Plus de 250 personnes ont participé à la réunion publique organisée à Saint-Nazaire mardi 23 mai. Voici le discours que j’ai tenu en introduction du forum citoyen et des questions/réponses avec la salle.

Chers amis, merci à vous, merci d’être venus ce soir.

Avant d’introduire mon propos et de passer aux échanges, je veux remercier avec force tous les amis qui se sont engagés dans cette campagne. Je veux vous remercier, parce que vous donnez de votre temps, ce temps que vous ne passez pas avec votre famille, ce temps que vous donnez parce que vous pensez que certaines idées sont plus grandes que nous et qu’il faut savoir humblement les servir. Alors je vous demande d’applaudir les équipes qui vous accueillent à la permanence, qui collent des affiches, qui sont avec moi en porte à porte, sur les marchés, dans les rues, sur internet et les réseaux sociaux : chacun de ces efforts compte, parce que chaque voix va compter, et parce que je suis une militante, je sais ce qu’ils représentent pour vous, alors une nouvelle fois, du fond du coeur, merci.

Je veux que nous ayons ce soir une pensée pour les victimes du terrorisme qui défie nos valeurs et notre modèle de société. Nous avons tous été choqués ce matin par les images de Manchester qui ont rappelé les images d’autres attentats, ici en France ou ailleurs dans le monde. Les enfants de Manchester sont aussi nos enfants. Nous ne tomberons pas dans le piège des adversaires des démocraties et nous ne rajouterons pas la haine à la haine, mais nous ne nous habituerons jamais à l’horreur. Nous resterons nous-mêmes face à chaque nouvelle épreuve et je vous demande d’observer quelques instants de recueillement pour toutes les victimes.
Merci.

Chers amis. Vous êtes venus de toute notre circonscription.

Des bords de l’océan au sillon de Bretagne, de l’estuaire à la Brière, cette circonscription est un petit morceau de France.

Avec ses quartiers, ses villes, ses bourgs et ses villages,

Avec ses espoirs, ses souffrances et ses rêves,

Avec ses salariés, ses travailleurs, ses créateurs, ses artistes et ses agriculteurs,

Avec ses chefs d’oeuvres, ces machines que nous construisons ici, qui parcourent les airs et les océans, qui transforment le vent en énergie pour tous nous faire avancer,

Avec ses femmes et ses hommes, ses  jeunes et ses aînés, ses parents et ses enfants,

Avec une histoire qui s’entremêle avec chaque épisode du destin de notre pays, je pense aux guerres et aux grandes réalisations comme à notre histoire sociale, à notre histoire, à celle de la gauche.

Notre gauche, elle est des villes et des campagnes.

Elle est des champs, des start-ups et des usines.

Notre gauche, elle vient du monde du travail, à travers toutes ses réalités. Elle est un peu CGT et un peu CFDT. Elle est toujours citoyenne et humaniste, de plus en plus écolo. Elle est communiste et radicale parfois. Elle est socialiste bien sûr. Elle est un peu catho parfois mais elle est très laïque surtout.

Elle répond au nom de Fernand Pelloutier avec les bourses du travail,

Elle s’appelle Pierre Norange, ce sont les bibliothèques municipales, les universités populaires.

Elle s’appelle Aristide Briand avec la laïcité, avec la loi de 1905.

Notre gauche, c’est l’égalité des droits, avant tout le monde,  avec des certificats de vie commune pour les couples homosexuels dès 1995 avec Joël Batteux.

Notre gauche, elle a ouvert les bras pour accueillir les réfugiés, quand d’autres faisaient de l’autre côté du pont flamber les polémiques.

Notre gauche, c’est la gauche du concret, du réel, de l’action à Saint-Nazaire, avec David Samzun, au conseil départemental, avec Philippe Grosvalet, à Trignac avec Claude Aufort et dans toutes nos communes. Ce sont nos parlementaires, Marie-Odile Bouillé et Yannick Vaugrenard qui défendent nos valeurs et notre territoire avec patience et obstination.

La gauche a trop d’histoire et d’ancrage pour ne pas avoir d’avenir. La gauche vivra, tant qu’il y aura, dans le coeur d’un seul homme ou d’une seule femme la flamme, l’ambition, la volonté de dire que l’on ne peut pas laisser prospérer l’injustice ou l’inégalité.

Je veux porter cette voix, avec authenticité, sincérité et efficacité. Cette histoire, elle nous ressemble et elle nous rassemble.

Je sais que la dernière présidentielle a montré la fatigue démocratique et sociale de notre pays. Les débats d’idée ont été pollués par les affaires et les sondages. Une France souffre. Il y a un sentiment de désespoir et d’abandon chez beaucoup de Français. Cette alarme sonne de plus en plus fort, et s’y habituer serait une faute, parce que les nationalistes, les racistes, les extrémistes de l’intolérance et de la haine sont en embuscade.

Jamais nous ne devons nous habituer aux discours de ce parti qui, toujours, jette en pâture le musulman ou l’étranger face à toutes les crises. Nous ne laisserons pas ce M. Bouchet, qui tolère à la rigueur les musulmans quand ils sont dictateurs arabes, devenir le représentant de notre circonscription. Nous feront tout pour que ces menteurs, qui distillent de fausses informations pour vicier la démocratie, qui n’ont que l’exclusion et la défiance pour projet, nous ferons tout, pour qu’ils reculent, parce qu’ils sont un danger grave pour notre Europe et notre République.

Même fragilisé par l’irresponsabilité de certains, le front républicain des citoyens a tenu bon, une fois encore. Merci à tous ces citoyens, qui par-delà leurs convictions, ont répondu à l’appel de la république en votant pour Emmanuel Macron lors du second tour de l’élection présidentielle pour barrer la route aux ennemis de la démocratie et des société ouvertes.

Une autre élection est devant nous. Nous devons choisir les députés qui nous représenteront à l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années.

La France a besoin de renouveau : des institutions plus démocratiques où les citoyens participent vraiment aux décisions, une lutte déterminée contre la corruption et les conflits d’intérêts.

La France a besoin de ses travailleurs et de ses créateurs dans une économie innovante et durable, créant de l’emploi pour tous, avec les filières d’avenir, avec les énergies de la mer, le numérique, la transition écologique, avec des investissement dans les secteurs qui feront la France de demain.

La France a besoin de protections : il y a trop d’injustices économiques, d’inégalités, de souffrances. Je veux un droit du travail qui vous protège qui accompagne les mutations de la société, un travail détaché mieux encadré, parce que ce n’est pas normal que les abus soient si nombreux, parce que la concurrence et la pression contre les droits sociaux qui sont derrière les différences de cotisations sociales de deux travailleurs qui font côte à côte, le même métier, ce n’est pas acceptable.

Je veux des services publics forts, efficaces, dans nos quartiers et nos bourgs, la poste, qui recule trop  l’hôpital, où les logiques comptables font beaucoup de mal, nous devons retrouver un Etat qui sait apaiser les souffrances et réduire les fractures partout sur notre territoire.

Je veux que, dans un monde où l’on va changer de métier, où la place du numérique va être déterminante, que nous fassions progresser le niveau de qualification de chaque enfant de notre circonscription, la réussite scolaire pour tous, une augmentation du niveau de nos écoles, collèges et lycées, une formation supérieure adaptée, une formation tout au long de la vie. Je veux que les enfants de Prinquiau, de la Bouletterie, de Saint-Marc ou de Donges, de la Brière ou du front de mer puissent réussir leur vie de la même manière.

Le choix des députés que nous désignerons est crucial pour que notre pays réussisse dans la solidarité. Emmanuel Macron a choisi un premier ministre de droite. Il disposera probablement d’une majorité large de députés qu’il a choisi lui-même, depuis Paris,  au sein de son parti. Il y a des figures et des personnalités sympathiques dans son gouvernement, il y a des mesures intéressantes dans son projet, mais il y a aussi des inquiétudes à avoir, sur les ministres choisis sur l’économie, les finances, le travail, l’éducation. Il y a aussi des candidats à la députation qui sont censés demain contrôler l’exécutif et qui ne disent rien de leurs convictions ou de leurs engagements : à quoi serviront-ils demain ? Que feront-ils de leur mandat s’ils sont élus ?

Je veux vous dire ce que je ferai de cette législature. Je veux prendre deux exemples, sur les mesures qui sont annoncés pour les prochains mois par le président de la République:

  • Une loi de moralisation de la vie politique. C’est très bien d’aller dans ce sens et nous avons des propositions que je porte et que nous avons construite ensemble. Je soutiendrai ce qui va dans le bon sens, et je serai vigilante pour améliorer le texte, en intégrant la question du lobbying, en intégrant la question du financement des campagnes électorales par exemple.
  • La fiscalité : est ce que l’urgence, c’est de supprimer l’ISF pour les foyers qui possèdent de grands patrimoines financiers et en actions alors qu’on augmente dans le même temps la CSG des retraités ? Je crois que ce ne serait pas acceptable.

Posez vous une question : sur ces sujets, comme sur tous les autres, dans quel sens iront les choses si il n’y a plus de députés de gauche pour demander ces garanties, pour améliorer ces textes, pour protéger les français qui en ont le plus besoin ?

Je crois que le risque, c’est le virage à droite. Il faut rééquilibrer cela et si vous voulez que la politique menée soit plus influencée par la gauche, alors, c’est simple il faut envoyer des députés de gauche. Et, je veux le dire avec force. Il y a un risque de disparition totale de la gauche à l’assemblée. Est-ce cela que nous voulons ?

Chers amis. Dans cette campagne, je rencontre tous les jours des électeurs qui ont pu voter Macron, Hamon ou Mélenchon.

 

Je leur tiens à tous le même langage :

Vous êtes de gauche : voulez-vous que des députés continue à défendre notre patrimoine et nos valeurs, et inscrive leur combat dans l’histoire de la gauche, les congés payés, les grandes conquêtes sociales ? Ou voulez vous faire un chèque en blanc en faisant disparaître cette communauté de valeurs pour 5 ans de l’assemblée nationale ? Je suis la seule candidate qui peut, si les électeurs se mobilisent assez nombreux pour que nous soyons au second tour, rassembler assez largement à gauche pour l’emporter le 18 juin.

Vous me connaissez. Vous savez qui je suis. Vous savez ce que je défends.  Je suis une fille de Brière et de Saint-Nazaire. Je suis une jeune élue, une jeune mère de famille, j’ai travaillé dans les quartiers populaires, j’ai milité dans des associations, j’ai exercé des responsabilités. J’assume tout. Je suis de gauche, je suis socialiste, humaniste, écologiste et féministe. Mes positions ne sont pas à géométrie variable, je les affirme et les défends avec la même conviction, quelque soit la personne à qui je m’adresse.

Vous savez qu’il faut travailler en équipe pour notre territoire. Je serai une députée qui travaillera  dans toute la circonscription, à Saint-Nazaire avec David, tous les maires de Brière ou d’estuaire et sillon, au département avec Philippe et tous les conseillers départementaux, Je serai une députée qui travaillera avec tous les acteurs associatifs, sociaux, économiques. Je connais les grands dossiers de notre territoire, les acteurs aussi, je sais comment on se faire entendre à Paris,  comment fonctionnent les rapports de force dans les institutions. Je suis prête à vous représenter.

Un député est seul dans l’hémicycle au moment des votes. Il est seul quand faut aller arracher dans un ministère des moyens pour l’ouverture d’un service public, un arbitrage sur un sujet industriel, et Marie-Odile sait bien que ce qui compte dans ces moments là, c’est l’expérience, la ténacité et la détermination.. Oui, c’est dur, oui c’est difficile, oui, c’est exigeant député, et oui, il faut être prêt.

Quelle députée voulons-nous mes amis ?

Je veux être la députée de chacun. Nous ne pouvons plus faire de la politique comme autrefois. Je créerai de nouvelles formes de participation pour que les citoyens puissent être acteurs de l’élaboration et de l’évaluation de la loi.  J’ai déjà montré mon engagement personnel sur ces sujets, Frédéric Pilorge a présenté ces propositions tout à l’heure.

Je veux être une députée libre et utile. Je travaillerai avec pragmatisme, projet par projet. Je voterai les textes de progrès, j’agirai pour améliorer ceux qui peuvent l’être, je m’opposerai à ceux qui ne seraient pas justes.

Je veux être une députée de proximité, assumant pleinement son rôle, nous sommes les militants d’une terre où la gauche a su rester ce que l’on a appris à aimer d’elle, humble et accessible.

Mon engagement, c’est de porter toujours, inlassablement les valeurs de  liberté d’égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de justice sociale. Ce sont les valeurs que je veux défendre si vous me faites confiance.

Je ne serai pas plus longue à ce stade. Vous avez un document qui présente mes positions sur beaucoup de sujets : je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions, entendre vos propositions et échanger. La parole est à vous !

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