Carnets de Sicile


Les vacances doivent bien s’arrêter un jour !

C’est pleine d’énergie, d’envies et d’idées que je suis rentrée de ces congés en famille en Sicile. En cette rentrée, je souhaite m’investir dans les activités municipales comme dans la reconstruction de ma famille politique, tout en retrouvant des formes d’engagement différentes. Je vous en parlerai sans doute bientôt. En attendant, voici quelques notes de la fin du mois d’août que j’ai souhaité partager avec vous. Bonne rentrée à tous !


Castellammare – 19 août

Je relis le “Guépard” sous le chaud soleil sicilien. Comment, devant les ruses de la noblesse sicilienne pour enjamber une révolution politique en conservant ses privilèges, ne pas penser à la situation politique actuelle ? Le masque préféré des conservateurs, leur vieux truc est celui de la “modernité”. Faire bouger la forme pour préserver les vieux intérêts. Baisser les APL, mettre en cause des contrats aidés, adopter un chien et affaiblir l’impôt sur la fortune.

Il faut que tout change pour que rien ne change.

San Vito lo Capo – 22 août
Après avoir été confrontée – rien de grave heureusement – aux services publics médicaux et postaux siciliens, aux heures d’attente, à la désorganisation, au manque de moyens et de personnels, aux locaux vétustes, j’ai l’impression d’en savoir plus sur l’austérité en Europe qu’après tous les articles économiques lus dans la presse cette année. Je pourrais parler aussi de l’état des routes et des infrastructures.

On me répondra “mafia” ou “désorganisation italienne” avec sans doute une part de vérité, mais c’est un sentiment de dégradation profond que l’on constate par rapport à d’autres séjours passés en Italie. Si le sujet ne fait plus les unes, il continue à faire croître la colère et la défiance chez les gens. Tournés en permanence vers le “modèle allemand” nous ferions bien de regarder comment le modèle européen actuel fait glisser une société proche de la nôtre comme l’Italie vers la précarité dans tant de domaines.

Erice – 25 août
Je lis des propositions “révolutionnaires” sur le nom du PS. La reconstruction de notre famille politique ne peut pas être aussi cosmétique. Elle peut être bien longue tant la défiance s’est installée au sein de la gauche. Elle devra se faire sans fétichisme sur les périmètres des appareils et des partis. Mais surtout, évitons les débats stériles, les outrances et les concours de signataires et de tribunes. Sachons ouvrir les portes de la réflexion et des débats. Il faut “écouter les militants”, mais plus encore,il faut savoir écouter la société : nous sommes devenus trop peu nombreux et trop englués dans des procès réciproques en responsabilité pour pouvoir éclairer seuls l’avenir sur les attentes du peuple de gauche. Ouvrons-nous vraiment et prenons le temps de réfléchir aux sujets du monde qui vient.

Pozzallo – 27 août
Pozzallo, à la pointe sud de la Sicile est un des ports où l’Aquarius, un des navires engagés dans le sauvetage des migrants en mer, fait souvent escale. Le Corriere della Sera a publié il y a quelques jours l’appel d’Alessandro Porro, membre italien de SOS Méditerranée: “Nous sommes les yeux d’une Europe qui ne veut pas voir”, dit-il. J’avais rencontré les bénévoles de l’association à Saint-Nazaire lors des Escales. Je soutiens leur engagement et je regrette que la France laisse l’Italie bien seule face à ce dossier. Ce sont des militants qui sauvent des vies, là où les Etats devraient prendre leurs responsabilités.

Ragusa – 29 août
Alors que les images des inondations aux USA font le tour du monde, celles qui frappent l’Asie sont assez largement ignorées malgré les victimes. Ici, cela fait près de 6 mois qu’il n’a quasiment pas plu. À travers toute la Sicile, nous avons vu des montagnes et des forêts décimées par les incendies. Le changement climatique n’est pas une réalité virtuelle et lointaine pour les générations qui vient. C’est une urgence qui va changer nos vies bien plus que nous ne pouvions le concevoir il y a quelques années encore.


Marzamemi – 31 août

Les ordonnances sur le code du travail sont sorties aujourd’hui. En Italie, cela fait plus de trois ans que le “Job acts” a rendu plus facile le licenciement. Si une prime fiscale à l’embauche a, au départ, “dopé” le marché du travail, le bilan est aujourd’hui très mitigé et le chômage reste à un niveau élevé. La “flexibilité” est ressentie par les salariés, précarisés et licenciables à l’envie, mais les mesures de sécurité, de formation et d’accompagnement, coûteuses, n’ont pas été mises en places. Pourquoi procède-t-on toujours dans l’urgence pour la “flexi” et jamais pour la “sécurité” ? C’est un marché de dupes et je marcherai contre ces ordonnances le 12 septembre.

Cefalù – 3 septembre
La fin des vacances approche. En relisant ce billet, on pourrait croire que je n’ai rien vu des paysages incroyables de cette île, de ses richesses culturelles, des eaux azures et turquoises, de ses montagnes spectaculaires, et de tout ce qui fait que c’est une région aussi captivante. On pourrait penser que nous ne nous sommes pas baignés, ni divertis et que nous n’avons pas profité de la gastronomie. Je tiens à vous rassurer 🙂

One comment on “Carnets de Sicile

  1. 10 septembre 2017 corinne praud

    Lauriane, merci de partager avec nous tes observations , j’ai apprecie ton texte, les voyages sont très formateurs et ton carnet de voyage à toi est très emprunt d’humanité,
    bonne reprise

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