Une part de ma vie


Chers amis, chères amies, 

Le début d’une nouvelle décennie est l’occasion pour chacun·d’entre nous de faire le bilan des années passées et de se projeter dans celles qui viennent.

Il y a 18 ans, déjà, la jeune fille que j’étais, venue du monde associatif et de l’éducation populaire, Tryo et Tracy Chapman dans les oreilles, Virginia Woolf sur la table de nuit, décidait de s’engager politiquement, à l’occasion d’une campagne sur les inégalités de salaires entre femmes et hommes.

J’étais et je le suis encore, convaincue que l’action et la volonté politique sincères pouvaient soulever des montagnes. C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source” disait Jaurès. Depuis 18 ans, j’essaie de rester fidèle, par mes actes, aux convictions de cette jeune fille. 

Les années 2010 ont d’abord été pour moi celles d’une expérience professionnelle unique, où cheffe de cabinet du ministre de la Ville, j’ai pu agir pour les quartiers populaires et leurs habitants, en travaillant au cœur de la République. 

Elles ont aussi été celles de l’engagement militant. J’ai servi la gauche, ses valeurs, au niveau national et à Saint-Nazaire, où cet engagement a pris la forme de l’élection et d’un travail obstiné pour tous les Nazairiens. 

Les années 2010 ont enfin été celles de la parentalité, un grand bonheur, qui m’a fait changer de regard sur le monde. Face à l’effondrement du vivant, à la destruction des écosystèmes, aux bouleversements du climat, je ne peux accepter que l’horizon de ma fille soit celui d’une planète devenue invivable. 

Les derniers mois de cette décennie auront été dominées par un combat politique féministe, face à des violences sexuelles et un sexisme récurrent au sein de l’équipe municipale de Saint-Nazaire. Cela a été une épreuve collective, éprouvante, parce qu’elle a opposé notre loyauté, notre fidélité, nos convictions à un système conduisant au déni, à l’omerta et à une certaine forme de violence politique. 

En 18 années d’engagement, j’ai rencontré en politique le meilleur comme le pire. Des femmes et des hommes dévoués, désintéressés, solidaires, animés par des convictions sincères, prêts à agir pour faire progresser la société toute entière. J’ai aussi découvert des personnes promptes à nier les évidences et à renier leurs engagements pour protéger avec arrogance leurs seuls intérêts. C’est la démocratie tout entière qui souffre et qui se meure de ce genre de pratiques. 

Saint-Nazaire, c’est ma ville.  C’est une part de ma vie. C’est ici que je vis, c’est ici, comme moi, que ma fille est née et que vivent tant de gens que j’aime.  J’ai travaillé pour ses habitants. J’ai fait avancer des projets dont je suis fière. Si j’ai eu l’honneur d’exercer des responsabilités, je ne l’ai jamais fait pour moi-même. 

J’avais annoncé lors de ma démission du mandat de première adjointe que je ne serai pas tête de liste aux prochaines élections municipales. Je choisis aujourd’hui de ne pas être candidate pour cette prochaine élection municipale à Saint-Nazaire sur quelque liste que ce soit.

J’aspire désormais, pour moi comme pour mes proches, à une vie plus sereine, moins confrontée à la brutalité de celles et ceux qui transforment la politique en une joute incessante où une lutte dérisoire du pouvoir pour le pouvoir éclipse les engagements utiles et nécessaires.

C’est le chemin que je veux prendre pour me consacrer dans la période qui s’ouvre à mon épanouissement professionnel. Depuis plusieurs mois, je développe des modules de formation en ingénierie urbaine et sociale, je soutiens des structures d’économie sociale et solidaire dans leur stratégie de développement. J’accompagne des élus sur des sujets variés. 

Je ne cesserai pas d’être une citoyenne à la parole libre, passionnée par l’avenir de notre pays et de notre ville même si cet engagement prendra d’autres formes à l’avenir. 

Dans le débat qui s’engage à quelques semaines de ce scrutin, je veux témoigner de mon amitié pleine et entière à Gaëlle Bénizé-Thual, une femme qui a montré sa liberté et son courage, et l’assurer de mon total soutien à la démarche qu’elle engage avec d’autres dans cette élection, pour porter une vision plus humaine, plus juste, plus collective, de l’avenir de notre ville.  

À Saint-Nazaire, je suis convaincue qu’il nous faut une équipe municipale consciente de l’ampleur des défis écologiques sociaux et démocratiques, comme le sont tant de citoyens et de forces dans cette ville. 

Je crois que le rassemblement de la gauche, des citoyens et de l’écologie serait utile pour y parvenir, je le dis humblement à nos amis écologistes, avec une pensée particulière pour Pascale Hameau avec qui j’ai tant apprécié de travailler  et échanger.

À quelques semaines de la fin de ce mandat et avec elle, d’une étape de ma vie publique, je veux saluer toutes celles et tous ceux avec qui j’ai travaillé, citoyens, militants, élus, agents, professionnels. 

Fidèlement, 
Laurianne Deniaud

 

photo Rémy Desert

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