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Une députée de combat pour une gauche nouvelle


publié le 25 novembre 2016 - Commentaire : 0 - Catégories : Discours Législatives


Ce jeudi 24 novembre, j’ai présenté ma candidature, avec Frédéric Pilorge, lors de la réunion inter-sections du PS de la huitième circonscription. Voici le texte de mon discours.


Chers amis, chers camarades

Je vous demande votre investiture pour être votre candidate aux élections législatives. Je le fais, car je veux donner du pouvoir à celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, dans un monde qui change vite, et qui ne changera pas à leur avantage si on ne fait rien. Lire la suite “Une députée de combat pour une gauche nouvelle”

Qu’avons-nous fait de la victoire du 6 mai ?


publié le 17 juin 2014 - Catégories : Discours Socialisme


Voici le texte de mon intervention au conseil national du PS de ce samedi 14 juin.

Chers amis, chers camarades.

Les élections européennes et les élections municipales ont constitué une défaite historique pour notre camp et un succès inédit pour l’extrême-droite dans notre pays, rendu possible par une abstention colossale des Français qui nous font habituellement confiance.

“De la colère parfois, de plus en plus d’indifférence”

Face à cette situation, si les militants de ma section du PS expriment souvent de la colère, de plus en plus de Français témoignent désormais de l’indifférence. L’état de crise de la société française est tel que notre survie politique n’est, pour beaucoup de Français, pas nécessaire pour elle-même puisque nous ne changeons pas leur vie. Notre écroulement serait pourtant, après plusieurs alternances, après la hausse de l’abstention, après la flambée du FN, synonyme d’écroulement de la démocratie française dans son ensemble. Et j’en viens à cette question fondamentale. A quoi sert le Parti Socialiste ?

Eh bien notre parti, il sert à donner du pouvoir politique, économique, social, à toutes celles et tous ceux qui n’en ont pas assez dans la société pour ouvrir les voix de l’émancipation. Est ce que nous avons rempli notre mission ces dernières années ?

“Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte”

Nous sommes passés du combat contre la finance au combat pour l’excédent brut d’exploitation.
Nous sommes passés de la réflexion et du débat, à une résignation et une absence totale d’imagination dans l’exercice du pouvoir et des solutions à trouver face aux crises qui nous secouent et au monde qui change.
Nous avons transféré les pouvoirs politiques des militants qui ont construit la victoire sur le terrain  à la technocratie bien pensante des hauts corps de l’Etat.
Nous sommes passés d’un parti du renouvellement, du foisonnement, du débat, à un appareil parisien renfermé sur un monde clos et parlant une langue morte.
Nous sommes passés du parti des primaires, vivant, puissant, au choix du seul président de la République. Avec le sentiment que, qu’on parle ou qu’on se taise, qu’on agisse dans le parti ou à l’extérieur, rien ne compte et rien n’est entendu.
Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte.

Nous ne regrettons pas la droite et nous savons pourquoi nous l’avons chassée, mais beaucoup ne comprennent pas ce que nous avons fait de la victoire du 6 mai. Le sentiment de dépossession et de frustration est profond, c’est là que nait la colère.

“Gouverner pour le taux de marge ou pour la feuille de paie ?”

Et il y a de quoi être en colère et je suis en colère quand on en vient à proposer Jacques Toubon, comme défenseur des droits, un homme qui a combattu toute sa vie contre l’extension de leur ampleur et de leur champs. Alors que dois-je dire à Saint-Nazaire, que devons nous dire partout sur nos territoires aux citoyens, ouvriers, employés, à ce  peuple de gauche, qui a le sentiment que notre politique est plus tournée vers le taux de marge brut des entreprises que vers sa feuille de paie ?

A peu de choses près, nous avons aujourd’hui des débats qui sont ceux que les socialistes tiennent lorsqu’ils sont dans l’opposition après les défaites électorales.

C’est très inquiétant, parce que cela révèle à quel point l’exercice du pouvoir tenu dans ce début de quinquennat est aujourd’hui un échec. Mais on peut y voir un avantage ou plutôt une petite chance. L’intérêt d’avoir un 21 avril au milieu d’un mandat, c’est qu’il devrait permettre de changer de cap pour éviter une chute finale.

Je vous le dit mes camarades, dans nos débats, aujourd’hui, vu ce qu’est la crise, il n’est pas responsable de s’interdire des débats et je pense à l’orientation économique et européenne du gouvernement. Notre stratégie est pour le moment un échec. La responsabilité, ce n’est pas de se taire pour ne pas entraver notre échec. Les appels à cette fausse responsabilité sont irresponsables. La vraie responsabilité, c’est que notre parti cherche d’autres chemins.

D’autres chemins pour réorienter notre action, mais aussi pour préparer la suite. Les 60 engagements de François Hollande sont épuisés avant même la mi-mandat, sans avoir porté leurs fruits. Qu’allons nous faire des trois prochaines années ?

Chers camarades. Nous n’allons pas dans la bonne direction.

Il faut très vite préparer la gauche d’après.

Dans le respect des militants et du peuple de gauche.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir débattre de tout et vite. Il n’y a aucun débat interdit, ni sur l’Europe, ni sur les 3%, ni sur notre rapport à la finance.

Les militants et le peuple de gauche doivent retrouver un parti imaginatif, ouvert sur la société et les idées nouvelles, dans un monde qui change qui ne cherche les voies de l’avenir ni dans la soumission aux idées de la droite, ni dans la stricte reproduction des schémas du passé. Un parti renouvelé qui laisse sa place à tous les parcours, à tous les territoires, aux jeunes et aux moins jeunes, aux femmes et aux hommes.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir choisir leur candidat à la prochaine élection présidentielle, et ils ne supporteront pas que la procédure démocratique inscrite dans les statuts de notre PS, les primaires citoyennes soient rayées d’un trait de plume, d’une déclaration aux médias et ils auront raison, car nous ne devons pas nous lier les mains.

Saint-Exupéry disait : “Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.” Mes amis, il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a que le mouvement. Ne restons pas immobiles. C’est notre responsabilité, pour notre camp. Mettons-nous en mouvement pour construire la gauche d’après.