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Primaires citoyennes, faire battre le cœur de la gauche.


publié le 10 janvier 2017 - Commentaire : 0 - Catégories : Socialisme


Notre monde change et change vite, avec des mutations environnementales et technologiques inédites par leur vitesse et par leur ampleur. Notre monde traverse de multiples crises, qui sont autant de défis pour la paix civile, la paix sociale, notre capacité à vivre ensemble.

Si nous ne faisons rien, ces changements seront ravageurs pour celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre : les protections qui les préservaient il y a quelques années des violences et des désordres du monde peuvent être balayées demain. Lire la suite “Primaires citoyennes, faire battre le cœur de la gauche.”

Michel ‪‎Rocard:‬ la passion pour l’avenir, l’homme de l’émancipation et des libertés, l’exigence de l’intellectuel


publié le 3 juillet 2016 - Commentaire : 0 - Catégories : Socialisme


Michel Rocard nous a quittés. Ancienne présidente du MJS, je pense évidemment à la confiance qu’il a su accorder aux jeunes avec l’autonomie politique de l’organisation de jeunesse des socialistes, témoignage de convictions et d’un attachement profond aux libertés, à une vie démocratique qui donne toute sa place au mouvement et la vivacité de la société. Cette confiance, se traduisait chez lui, vis à vis des jeunes socialistes, par l’expression d’une profonde affection. Je crois qu’elle était lié aussi à la passion pour l’avenir d’un homme toujours tournée vers les débats et les idées du monde qui vient, qui, après le temps des grandes fonctions a continué à travailler sur l’écologie, le numérique, le désarmement nucléaire, l’Europe, l’économie sociale… Lire la suite “Michel ‪‎Rocard:‬ la passion pour l’avenir, l’homme de l’émancipation et des libertés, l’exigence de l’intellectuel”

Devant Solférino pour les 30 ans du 10 mai

Mitterrand, 20 ans après.


publié le 8 janvier 2016 - Commentaire : 0 - Catégories : Socialisme


10mai81-mitterrand
Nous sommes au 20ème anniversaire de la mort de François Mitterrand. J’ai retrouvé le texte du discours que j’avais écris et prononcé lors d’une des réunions consacrée à la célébration de l’anniversaire du 10 mai, il y a quelques années et je veux partager aujourd’hui quelques un de ses mots, qui me semblent toujours de circonstance.

“Je n’étais pas née le 10 mai 1981. Je lisais à peine, depuis quelques mois, quand les murs de France se sont couverts des affiches “Génération Mitterrand”. J’ai eu la chance de grandir dans une France de gauche, avec à sa tête un homme qui avait défendu, avec tout son courage et toute sa détermination, l’abrogation de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité. Enfant et adolescente, j’ai écouté des radios libres grâce à François Mitterrand, comme Skyrock. J’ai davantage vu mes parents, aussi, car ils travaillaient une heure de moins qu’avant 1981. Nous avons passé ensemble, en vacances, une semaine de plus chaque année grâce à la 5ème semaine de congés payés.

J’ai grandi avec la gauche au pouvoir, avec un Président socialiste à la tête de la France, mais finalement, je ne m’en suis vraiment rendu compte que le 8 janvier 1996.

J’avais 13 ans, j’étais au collège et, comme des dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents, je respectais une minute de silence, avec mes camarades de classe et mes professeurs, en hommage à l’ancien Président de la République. Nous étions tristes ce jour-là. 1996, c’est aussi l’année durant laquelle sont nés les plus jeunes adhérents du MJS d’aujourd’hui. C’est, pour eux, une histoire qui s’est toujours conjuguée au passé.

Car pour ma génération, pour les jeunes d’aujourd’hui, François Mitterrand, c’est d’abord l’Histoire avec un grand H, celle des livres, et des grands moments de la République. Parce qu’aujourd’hui pour des milliers de jeunes, les ministres de 1981, ceux qui étaient jeunes et qui construisaient la France à visage humain, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jacques Delors, Yvette Roudy mais aussi Laurent Fabius et Jack Lang, ce sont des noms à retenir pour une épreuve du Bac.

C’est aussi avec eux, et avec François Mitterrand à leur tête, que la France et les socialistes sont entrés dans cette histoire.

Très jeunes nous avions senti ce lien à l’histoire, à la grandeur, en 1989, quand, dans toutes les villes et les villages de France, nous fêtions le bicentenaire de la Révolution française.

Ces célébrations, voulues et souhaitées par Francois Mitterrand, c’était les écoliers en cocarde tricolore qui plantaient un arbre de la liberté dans le plus petit village de Brière, et c’était le visage noir de Jessye Norman chantant la Marseillaise, enlacée dans les plis du drapeau tricolore sur la place de la Concorde. De la Pyramide du Louvre à l’Arche de la Défense, du moulin de Valmy à la place de la Bastille et son nouvel Opéra, les yeux du monde étaient rivés sur la France, et nous sentions tous que nous appartenions à un pays porteur de valeurs qui nous dépassaient, et qui rayonnaient.

Nous aimons cette France qu’aimait François Mitterrand, nous aimons la France des arbres et des livres et nous aimons la France des cités et des quartiers, avec leurs larmes et leurs cicatrices. Nous aimons les plaines et les collines, nous aimons ce pays parsemé de cathédrales, qui est aussi parsemé de mosquées, de synagogues et de temples. Le premier pays des athées, ce pays qui a inventé la laïcité, et qui sait faire vivre dans son coeur la liberté de conscience pour que tous puissent y vivre ensemble, d’où que l’on vienne.

Vous avez aujourd’hui mis votre rassemblement sous le signe de ce drapeau bleu – blanc – rouge. Nous ne devons pas laisser ce symbole au Front National.

Nous sommes la France, et quand elle est grande, qu’elle reconnaît chacun de ses enfants, qu’elle rend fier chacun d’entre eux, ils brandissent naturellement haut ses couleurs. On pense à la France de la Révolution, à celle de 1945, mais aussi à la joyeuse France de l’équipe de 1998, qu’on appellait “black blanc beur”. Et on voit que la France rétrécit, et que l’on a de la peine à notre drapeau, quand on en vient à penser à des quotas et à des statistiques à partir de l’origine réelle ou supposée de jeunes qui veulent juste faire du sport.

Nous sommes les héritiers de cette histoire et de la Révolution. Ce sont nos couleurs qui se sont levées face aux monarchistes, aux guerres, au nazisme, au fascisme.

A Valmy, en 2006, les jeunes socialistes levaient déjà haut ces couleurs quand Jean-Marie le Pen tentait une OPA sur les symboles révolutionnaires. Personne ne se demande pourquoi le FN brandit si fort cet emblème. C’est pourtant simple. Ces héritiers de la vieille extrême-droite qui combattait la “gueuse” présentent avec zèle devant les caméras leurs faux-papiers de républicains, et cachent leurs skinheads. Aujourd’hui, avec Marine Le Pen, ils veulent faire “social”. Alors ils font pareil. Ils cachent leurs grandes maisons de l’Ouest parisien, ils cachent leurs amitiés avec les dictatures arabes, ils cachent les héritages et les parachutages, et ils parlent des ouvriers.

Nous ne laisserons pas nos couleurs à ces faussaires, nous ne devons pas les laisser faire, et François Mitterrand avait su conjuguer la France, la République, dans l’alliance du socialisme et de la liberté.

Mais pour ma génération, et pour tous les socialistes, François Mitterrand c’est aussi, après 10 ans de gouvernement de droite, un parcours qui doit nous inspirer pour l’avenir.

Et voici quelques petites choses que je garderais de ces quatorze années que la France a passé avec François Mitterrand, et dont je pense que les socialistes feraient bien de s’inspirer pour 2012.

Le renouvellement, parce que dans un pays où la jeunesse se mobilise chaque jour davantage pour défendre son avenir et inventer la société de demain, il est inacceptable qu’elle ne soit pas représentée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Quel rapport entre Mitterrand et le renouvellement, me direz vous ? J’ai grandi, nous avons grandi avec cette figure, au-dessus de nous, d’un homme déjà âgé à la tête de la République, mais qui faisait souvent le choix de donner une grande place à des jeunes responsables.

On n’a jamais eu autant de jeunes ministres, d’équipes rajeunies, de jeunes conseillers brillants, de députés, de maires de grandes villes de trente ans que quand François Mitterrand dirigeait le PS puis la France. Ce que nous apprend François Mitterrand 30 ans après son élection, c’est aussi cela. La nécessité de nouvelles équipes rajeunies et dynamiques pour construire une victoire. La nécessité de faire confiance à la jeunesse pour mieux gouverner la France.

Les jeunes de France se sentent loin de tout cela. Combien y a t il aujourd’hui de gens qui comprennent ce qu’est leur vie sur les bancs de l’assemblée ? Combien de députés ou de ministres ont une idée concrète, vécue, des difficultés du logement et de la précarité ? Combien comprennent le quotidien d’une génération qui vit, aime, pleure, se mobilise, milite, échange en photos, en SMS, sur facebook et twitter ?

Nous devons prendre garde à cette distance car elle peut devenir colère, ou indifférence.

Parce que, quand la jeunesse ne se sent plus représentée, elle n’a plus confiance dans la politique, et que quand elle n’a plus confiance dans la politique, elle ne va plus voter, le renouvellement est une condition sine qua non pour rétablir la démocratie, face à l’abstention, pour construire la victoire en 2012. Il faut que la gauche sente vibrer en elle les énergies de la société et de la jeunesse d’une France qui a changé, qui s’est métissée, qui s’est numérisée, mais qui s’est aussi appauvrie et précarisée.

L’unité de la gauche. Quand certains craignaient de voir les chars soviétiques envahir les Champs-Elysées, François Mitterrand avait su, lui, construire une alliance avec le Parti Communiste, mais aussi rebâtir l’unité et la force du Parti Socialiste, depuis le Congrès d’Epinay, pour rendre possible la victoire de 1981. Nous avons aujourd’hui un parti qui se prépare, et une alliance rose – rouge – verte qui se dessine et qui travaille déjà dans nos régions, nos communes et nos départements.

Mais aussi l’audace d’un projet, et une grande idée pour la France
. Pour une France plus juste et plus forte, plus solidaire aussi. Aujourd’hui, il est temps pour nous d’aller plus loin, de faire preuve d’audace et d’inventer les conquêtes qu’on célébrera dans cinquante ans.

Il est temps d’établir l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, partout, d’ici 2017 !

Il est temps d’encadrer les loyers et de diminuer le coût du logement pour permettre à tous de se loger décemment !

Il est temps aussi de refaire de la santé un droit accessible à tous.

Il est temps de faire l’adoption et le mariage pour tous les couples.

Il est temps d’arrêter les contrôles au faciès, de restaurer la confiance entre les institutions de la République, la police et les jeunes de France. Il est temps d’instaurer l’attestation de contrôle d’identité.

Il est temps, enfin, de mettre en place un parcours d’autonomie pour la réussite de tous les jeunes !

L’héritage de François Mitterrand, et ce que nous aurons appris de ces quatorze années au pouvoir, c’est aussi cela : aller de l’avant et être ambitieux, pour construire une nouvelle République, une République irréprochable, une République au service de tous, une République qui nous appartient à tous.

La « Génération changement » attend surtout que l’on ne regarde pas cette histoire avec dévotion, comme on tourne les pages jaunies d’un album de famille. Elle espère que l’on comprendra que, ce dont la France a besoin, c’est qu’on lui donne le crayon, pour qu’elle puisse succéder à ceux qui firent les sauts de géant de 1789, 1936, 1945 et 1981, et écrire à son tour notre Histoire, et un message, un message que la France puisse adresser à nouveau avec fierté à tous les peuples de la terre.”

Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple, mon intervention au #congrèsPS


publié le 9 juin 2015 - Commentaire : 0 - Catégories : Socialisme


Congrès de Poitiers

Chers amis, quelques jours après le congrès de Poitiers, je vous partage le texte de mon intervention. Je profite de ce message pour vous dire ma fierté de faire à nouveau parti du conseil national du PS, où je continuerais à porter les engagements et les convictions que vous connaissez. 

Laurianne

Chers amis, chers camarades.

Un congrès, c’est bien sûr le choix d’idées et d’équipes, mais c’est aussi et surtout une question de sens, celle de notre démarche. Pourquoi sommes nous un parti ? Pourquoi voulons nous exercer le pouvoir ? Quels sont nos combats, et pour qui nous battons nous ?

Ces questions résonnent étrangement, alors que la gauche est au pouvoir. Nous traversons une grave crise de sens, qui vide les bureaux de votes qui vide nos rangs, qui vide les travées de notre congrès et notre parole ressemble de plus en plus à cette langue morte, qu’évoquait notre premier ministre.

Si demain, les engagements de réorientation qui sont devenus lors du vote des militants l’engagement de notre parti ne se traduisaient pas dans les faits, je crains que ce mouvement ne s’aggrave.

Chers camarades, notre identité politique est celle de combats qui s’inscrivent dans une histoire. Nous sommes militants, nous sommes socialistes, pour donner du pouvoir, collectif, économique, social, politique à ceux qui seuls n’en ont pas assez pour être maitre de leur destin. Quand nous sommes plus attentifs à la gouvernance, aux indicateurs, à la dette qu’au peuple de France nous nous perdons et ceux qui espèrent de nous se détournent.

Si nous voulons être une force populaire, écoutons davantage les espoirs et les inquiétudes du peuple de France.

Dans cette France, dans notre pays, il y a cinq millions de chômeurs, et autant de familles pour qui l’avenir est une crainte, pour qui chaque lettre reçue est une inquiétude. C’est notre combat et face à cette détresse, à cette injustice pour ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, nous devons faire plus que 100000 emplois aidés à la sauvette parce qu’il ne suffira pas de tordre à la marge le bout d’une courbe pour retrouver l’espoir.

Nous devons déclarer la guerre au chômage, car nous n’avons pas encore tout essayé.

La guerre au chômage, c’est prendre les moyens là où ils sont pour soutenir la consommation, le pouvoir d’achat, ces moteurs de la croissance.

La guerre au chômage, c’est exiger des contreparties à l’argent public dépensé, pour l’emploi, plus d’innovation, plus d’investissement, plus d’embauche et moins de précarité.

La guerre au chômage, c’est la sécurité dans l’emploi, c’est le repos dominical, c’est le salaire digne, parce que les droits des salariés contre le licenciement, leurs capacités de consommation ne sont pas l’ennemi de l’emploi, mais ses alliés.

Dans notre France, je le vois chez moi, à Saint-Nazaire, ville ouvrière, fière des paquebots, des avions et désormais des éoliennes, qu’elle produit de ses mains et qu’elle offre au monde, le travail détaché continue à mettre en concurrence les travailleurs. Quand, sur les flancs d’un même navire, chacun ne cotise pas pour la même retraite ou pour les mêmes protections, ce sont les droits de tous qui sont menacés.

C’est notre combat et nous devons être plus offensifs pour qu’Europe cesse de rimer avec casse sociale, casse humaine, concurrence entre les travailleurs.

Dans notre pays, Benoît Hamon le dénonçait, des salariés craquent sous la pression, laissent la santé au travail, écrasés par le stress, par les mails et les appels qui brisent la vie familiale. C’est notre combat, nous devons faire en sorte que les conséquences du burn-out soient supportées par les entreprises qui en sont responsables et pas par les cotisations des salariés.

Dans notre pays, les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes constituent une injustice fondamentale. Notre combat, c’est le féminisme, et nous devons aller toujours, toujours dans le sens de l’égalité, dans nos actes dans nos lois, mais aussi dans nos instances, dans nos prises de paroles et dans l’image que nous donnons à la France

Dans notre pays, aujourd’hui, à la cantine, le problème, ce ne sont pas les menus différenciés. Le problème, aujourd’hui c’est que des enfants font des provisions de pain le vendredi midi pour manger le samedi et le dimanche.

C’est notre combat et nous devons donner suite au travail de notre Sénateur Yannick Vaugrenard sur cette très grande pauvreté qui ronge notre société.

Dans notre pays, des enseignants se battent avec cœur et énergie pour vaincre la détermination sociale, pour que le futur d’un enfant ne soit pas dicté par son lieu de naissance et le bulletin de salaire de sa famille. L’école, c’est notre combat avec Najat Vallaud Belkacem et nous sommes passionnément avec ces enseignants, avec ces parents, avec ces élèves et ces étudiants, qui travaillent dur, enseignent apprennent, préparent la France de demain, parce que l’école c’est la République.

Chers camarades. Deux extrême-droites occupent le terrain des espoirs déçus. Elles se font face. L’une, proche des catholiques intégristes, s’en prend aux musulmans en se voilant derrière la laïcité.

L’autre agrège l’extrémisme religieux islamiste, la haine des juifs, et se propage dans nos quartiers abandonnés et sur Internet.

Toutes deux crient au complot et se nourrissent de la crise économique. Le renforcement de l’une nourrit le sentiment de rejet qui fait prospérer l’autre. Alain Soral, Dieudonné, Tariq Ramadan, sont les alliés objectifs de Marine Le Pen.

Notre combat c’est de faire reculer ces serpents. L’apartheid social dont parlait justement notre camarade Manuel Valls fait monter des tensions mortelles pour notre République.

Pour vivre, la laïcité a besoin de la République sociale, car, pour que garantir la vie ensemble sans la pression de la religion, sans haine à l’égard de confessions, il faut que la République tienne sa promesse et soit capable de faire reculer concrètement et partout les discriminations, les injustices et les inégalités.

Nous devons avoir, mes camarades, la France au cœur. Cette France qui souffre tant alors qu’elle est riche des énergies de la jeunesse, du travail, de l’intelligence de ses ouvriers, de ses ingénieurs, de ses chercheurs, qu’elle est forte de l’amour d’une certaine idée du monde, de valeurs qui ont fait rêver les femmes et les hommes du monde entier.

Le coeur de toute alliance populaire, c’est le peuple !   Pour déjouer les pronostics qui nous enterrent déjà, soyons en un mot, c’est urgent, c’est indispensable, c’est nous, soyons chers camarades des socialistes.

Retrouvons le chemin de la confiance.


publié le 17 octobre 2014 - Catégories : Socialisme


Voici le texte de mon intervention au conseil national du parti socialiste du dimanche 12 octobre dernier.

Chers amis, chers camarades,

Cela a été évoqué à de nombreuses reprises depuis le début de nos échanges: la situation économique est difficile et complexe et ces difficultés se traduisent au delà des mots, des chiffres et des considérations macroéconomiques chaque jour dans le quotidien des Françaises et des Français. Cette situation insupportable d’une crise, je devrais d’ailleurs probablement plutôt parler d’un système, qui ébranle l’économie réelle mais épargne les profits et la finance.

Nous le savons l’économie n’est pas une science exacte mais un objet mouvant dont la confiance est le principal pilier. Parce que nous détenons encore de nombreux pouvoirs, nous avons une responsabilité majeure: redonner confiance, favoriser l’émergence d’une société de la confiance retrouvée et partagée.

Confiance d’abord des Français les uns envers les autres, parce qu’une société violente où chacun s’oppose à l’autre est une société qui s’affaiblit elle-même. Le monde dans lequel nous vivons nous montre à quel point l’absence de solidarité, de coopération, peut faire de notre monde un enfer, comme le disait Hannah Arendt.

Confiance des Français et du peuple de gauche dans la capacité de la gauche et des socialistes à améliorer leur quotidien. C’est notre raison d’être, c’est le sens de notre engagement et, dans les périodes de trouble, il faut savoir revenir à des choses simples, à l’essentiel. Pourquoi sommes nous là ? Pourquoi exerçons nous nos responsabilités ? Nous sommes là pour améliorer la vie de celles et ceux qui vivent de leur travail. Nous sommes là pour faire progresser la justice sociale.

C’est important de se le dire, ce qui se joue est éminemment démocratique. Ce qui se joue à travers nous, l’exercice de nos responsabilités c’est la capacité des hommes à maitriser leur destin collectivement. Le socialisme c’est autant la redistribution des richesses que la redistribution des pouvoirs.

Pour redonner confiance, redonnons dans nos positions, nos décisions et nos actes, le pouvoir à ceux que nous représentons: ces étudiants de Montpellier, Brest et Strasbourg, ces familles de Bondy, Auch et Clichy, ces ouvriers, ces employés de Saint-Nazaire, Lille et Amiens,  ces chefs d’entreprises, de PME, de PMI, ces artisans, qui chaque jour se battent pour sauvegarder des emplois sur nos territoires.

Confiance enfin des Français dans le progrès, la République, l’avenir. Les choix qui ont été faits ces dernières années en matière économique sont un échec dans toute l’Europe et même l’Allemagne cale sévèrement. On a longtemps dit qu’avec ces politiques, le malade risquait de mourir guéri. La vérité c’est qu’il est en train de mourir tout court. On ne peut pas gérer l’Europe comme une banlieue résidentielle du monde où on ne produit plus, on invente plus, où on ne se soucie plus de justice, de progrès et de partage mais uniquement de la hauteur du grillage.

C’est aussi cette désespérance économique et sociale absolue et l’absence, n’ayons pas peur des mots, de sens, d’idéologie, de politique qui place certains de nos citoyens dans la confusion qui les mène au vote extreme ou au fondamentalisme religieux.

Redonner confiance, c’est conquérir de nouveaux droits et tout faire pour que les droits existants soient effectifs notamment pour les plus précaires d’entre nous et arrêter de reculer.

Redonner confiance, c’est chercher les effets de levier, engager le mouvement, c’est permettre et encourager l’investissement pour l’emploi pour nos territoires. C’est financer la recherche, la transition énergétique, le développement industriel, soutenir nos grands infrastructures, nos gares et nos ports aussi.

Redonner confiance, c’est veiller à un développement harmonieux de nos territoires en permettant à nos collectivité de continuer à investir pour nos écoles, nos théâtres, nos routes, nos quartiers et le logement pour tous.

Redonner confiance c’est doter nos territoires de capacités de développement équilibrée pour que personne en soit laissé sur le bord du chemin. Et permettez moi à cet égard de reprendre les propos de Jean-Marc Ayrault et de m’interroger à mon tour sur la faiblesse de l’enveloppe attribuée à la Région des Pays de la Loire dans la cadre du contrat de plan Etat Région.

Chers camarades,  il ne nous reste que deux ans pour réussir. Menons le combat sur le terrain idéologique et politique, faisons entendre notre voix par delà ces murs, la gauche au pouvoir cela doit être autre chose que la “vallée de la mort”, la gauche au pouvoir cela doit être le chemin de l’espoir, de la justice et du mouvement retrouvé.

Qu’avons-nous fait de la victoire du 6 mai ?


publié le 17 juin 2014 - Catégories : Discours Socialisme


Voici le texte de mon intervention au conseil national du PS de ce samedi 14 juin.

Chers amis, chers camarades.

Les élections européennes et les élections municipales ont constitué une défaite historique pour notre camp et un succès inédit pour l’extrême-droite dans notre pays, rendu possible par une abstention colossale des Français qui nous font habituellement confiance.

“De la colère parfois, de plus en plus d’indifférence”

Face à cette situation, si les militants de ma section du PS expriment souvent de la colère, de plus en plus de Français témoignent désormais de l’indifférence. L’état de crise de la société française est tel que notre survie politique n’est, pour beaucoup de Français, pas nécessaire pour elle-même puisque nous ne changeons pas leur vie. Notre écroulement serait pourtant, après plusieurs alternances, après la hausse de l’abstention, après la flambée du FN, synonyme d’écroulement de la démocratie française dans son ensemble. Et j’en viens à cette question fondamentale. A quoi sert le Parti Socialiste ?

Eh bien notre parti, il sert à donner du pouvoir politique, économique, social, à toutes celles et tous ceux qui n’en ont pas assez dans la société pour ouvrir les voix de l’émancipation. Est ce que nous avons rempli notre mission ces dernières années ?

“Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte”

Nous sommes passés du combat contre la finance au combat pour l’excédent brut d’exploitation.
Nous sommes passés de la réflexion et du débat, à une résignation et une absence totale d’imagination dans l’exercice du pouvoir et des solutions à trouver face aux crises qui nous secouent et au monde qui change.
Nous avons transféré les pouvoirs politiques des militants qui ont construit la victoire sur le terrain  à la technocratie bien pensante des hauts corps de l’Etat.
Nous sommes passés d’un parti du renouvellement, du foisonnement, du débat, à un appareil parisien renfermé sur un monde clos et parlant une langue morte.
Nous sommes passés du parti des primaires, vivant, puissant, au choix du seul président de la République. Avec le sentiment que, qu’on parle ou qu’on se taise, qu’on agisse dans le parti ou à l’extérieur, rien ne compte et rien n’est entendu.
Nous étions fiers, nous avons trop souvent honte.

Nous ne regrettons pas la droite et nous savons pourquoi nous l’avons chassée, mais beaucoup ne comprennent pas ce que nous avons fait de la victoire du 6 mai. Le sentiment de dépossession et de frustration est profond, c’est là que nait la colère.

“Gouverner pour le taux de marge ou pour la feuille de paie ?”

Et il y a de quoi être en colère et je suis en colère quand on en vient à proposer Jacques Toubon, comme défenseur des droits, un homme qui a combattu toute sa vie contre l’extension de leur ampleur et de leur champs. Alors que dois-je dire à Saint-Nazaire, que devons nous dire partout sur nos territoires aux citoyens, ouvriers, employés, à ce  peuple de gauche, qui a le sentiment que notre politique est plus tournée vers le taux de marge brut des entreprises que vers sa feuille de paie ?

A peu de choses près, nous avons aujourd’hui des débats qui sont ceux que les socialistes tiennent lorsqu’ils sont dans l’opposition après les défaites électorales.

C’est très inquiétant, parce que cela révèle à quel point l’exercice du pouvoir tenu dans ce début de quinquennat est aujourd’hui un échec. Mais on peut y voir un avantage ou plutôt une petite chance. L’intérêt d’avoir un 21 avril au milieu d’un mandat, c’est qu’il devrait permettre de changer de cap pour éviter une chute finale.

Je vous le dit mes camarades, dans nos débats, aujourd’hui, vu ce qu’est la crise, il n’est pas responsable de s’interdire des débats et je pense à l’orientation économique et européenne du gouvernement. Notre stratégie est pour le moment un échec. La responsabilité, ce n’est pas de se taire pour ne pas entraver notre échec. Les appels à cette fausse responsabilité sont irresponsables. La vraie responsabilité, c’est que notre parti cherche d’autres chemins.

D’autres chemins pour réorienter notre action, mais aussi pour préparer la suite. Les 60 engagements de François Hollande sont épuisés avant même la mi-mandat, sans avoir porté leurs fruits. Qu’allons nous faire des trois prochaines années ?

Chers camarades. Nous n’allons pas dans la bonne direction.

Il faut très vite préparer la gauche d’après.

Dans le respect des militants et du peuple de gauche.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir débattre de tout et vite. Il n’y a aucun débat interdit, ni sur l’Europe, ni sur les 3%, ni sur notre rapport à la finance.

Les militants et le peuple de gauche doivent retrouver un parti imaginatif, ouvert sur la société et les idées nouvelles, dans un monde qui change qui ne cherche les voies de l’avenir ni dans la soumission aux idées de la droite, ni dans la stricte reproduction des schémas du passé. Un parti renouvelé qui laisse sa place à tous les parcours, à tous les territoires, aux jeunes et aux moins jeunes, aux femmes et aux hommes.

Les militants et le peuple de gauche doivent pouvoir choisir leur candidat à la prochaine élection présidentielle, et ils ne supporteront pas que la procédure démocratique inscrite dans les statuts de notre PS, les primaires citoyennes soient rayées d’un trait de plume, d’une déclaration aux médias et ils auront raison, car nous ne devons pas nous lier les mains.

Saint-Exupéry disait : “Dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.” Mes amis, il n’y a pas de vérité absolue. Il n’y a que le mouvement. Ne restons pas immobiles. C’est notre responsabilité, pour notre camp. Mettons-nous en mouvement pour construire la gauche d’après.

Le sursaut ou le chaos.


publié le 31 mars 2014 - Commentaires : 2 - Catégories : Socialisme


7770786759_la-carte-des-points-chauds-pour-le-second-tour-des-municipalesQue dire au lendemain de ces élections municipales ? Étrange sentiment, en ce lendemain de victoire, ici à Saint- Nazaire, devant une carte de France qui vire au bleu et parfois au sombre.

Dimanche, les électeurs qui ont porté François Hollande à l’Elysée ont exprimé pour une partie d’entre eux une déception, regret, colère, à travers leur vote comme à travers leur abstention.

Les Français sont en colère par ce que leur vote avait porté un programme au pouvoir. Ce programme portait l’espoir du changement. Face à la finance toute puissante, face à une droite sans limite, le volontarisme politique était au coeur d’une promesse de nouveau rêve Français, où l’égalité et la justice sociale constituaient le coeur de notre modèle.

Ce programme avait un esprit, porté par le discours du Bourget. Ils semblent aujourd’hui s’être trop évaporés. Le sentiment d’une -nouvelle- trahison de la parole donnée décridibilise terriblement la politique, la réalité d’une vie toujours plus difficile et d’efforts qui sont toujours plus durs à porter pour les plus modestes sont des machines à désespérance terribles. La défiance chez les jeunes, chez les ouvriers, dans les quartiers populaires est une fracture béante dans la société française.

Que faire ? Changer de cap, pour retrouver l’esprit des primaires et de la campagne présidentielle. Les demis-mesures ne suffiront pas. Nous n’avons pas été élus pour un redressement qui conduirait à ce que notre économie soit morte guérie. La gauche n’est pas arrivée au pouvoir pour cette politique là, mais pour réorienter l’Europe avec un sursaut aussi important que celui que Roosvelt avait impulsé aux USA dans les années 30. C’est tout de même surprenant de voir que Renzi, par ses actes, en quelques semaines, secoue plus les habitudes et les dogmes économiques européens installés que nous ne l’avons fait en deux ans.

Nous ne nous en sortirons pas par un mercato ou un casting, ni par des procès d’intention à une nouvelle équipe. C’est la politique qui compte, mais aussi le sérieux avec laquelle elle est conduite et de ce point de vue, une professionnalisation du fonctionnement est indispensable au gouvernement, au parti, comme à l’Elysée.

La gauche n’a du pouvoir d’agir que lorsqu’elle est en mouvement avec la société. Alors que nous avions tous les leviers du pouvoir politique, nous avons donné le sentiment de n’être jamais autant engoncés dans des contraintes et de subir, les batailles d’opinion comme les équilibres européens. Nous devons cesser de les gérer, et construire réellement des stratégies, du mouvement, des rapports de forces. Avec la société, avec le parti, avec les jeux médiatiques, avec les élus locaux, les parlementaires et le gouvernement. Nous ne pouvons pas rester dans un système où chacun est immobilisé par les indécisions d’en haut.

L’état de notre parti est préoccupant. Il s’est perdu dans le silence et des choix d’appareils, pris parfois en dépit du bon sens pour la préparation de ces municipales. N’oublions pas qu’il y a deux ans et demi, le PS, renouvelé, rénové, ouvert, moderne et puissant, attirait 3 millions de Français dans des primaires. Il faut que sa direction change immédiatement et refasse du PS un parti capable de s’ouvrir sur la société dans laquelle il vit, un parti qui donne du pouvoir aux citoyens de ce pays et pas une machine à produire des communiqués de soutien au gouvernement. Retrouvons un parti utile et vivant !

Jouant le jeu de la discipline et de la responsabilité lorsque je travaillais en cabinet ministériel, j’ai peu parlé. Je me suis ensuite concentrée sur la préparation d’une échéance municipale à Saint-Nazaire où nous avons remporté derrière David Samzun et toute l’équipe une belle victoire, fruit d’un travail de mobilisation populaire, de rassemblement de la gauche, d’ouverture sur la société civile et de renouvellement des pratiques et des équipes.  

Avec toutes celles et tous ceux qui, dans les oppositions municipales comme dans les majorités, veulent faire vivre une certaine idée de la gauche et de la politique, j’entends me battre pour que ce quinquénnat, conquis par 10 années de militantisme, de batailles et de travail, ne soit pas une occasion manquée qui s’achève en désastre. C’est une urgence sociale, c’est une urgence politique et désormais, c’est le sursaut ou le chaos.

Quelques heures pour convaincre ! Dimanche, faisons gagner nos villes.


publié le 21 mars 2014 - Commentaires : 2 - Catégories : Jeunesse Saint-Nazaire Socialisme


DS_banniereLa campagne du premier tour des élections municipales s’achève alors que le commentaire médiatique est entièrement tourné vers les soubresauts d’un ancien président de la République. L’outrance et le mépris des règles républicaines devrait disqualifier à jamais ce triste personnage. Quoi qu’il en soit, on a finalement assez peu parlé des enjeux réels d’une élection municipale.

Pour gérer nos villes, la gauche et la droite ce n’est pas pareil. Qu’il s’agisse du logement pour tous, des services publics, de la solidarité, de la culture, de l’organisation même de la ville, de ses quartiers et de ses espaces, de la place des transports en communs, des vélos et des voitures dans la ville (on a vu l’enjeu de santé publique cela représente ces derniers jours), il y a bien deux logiques qui s’affrontent.

La concurrence sauvage entre les territoires, le tout-privé pour la culture et les loisirs, le logement cher,  l’étalement urbain, le tout-voiture, c’est possible et la droite le montre dans bien des villes, ou le laisse entrevoir quand on lit entre les lignes de ses programmes municipaux. D’autres menaces planent. Dans sa course à l’échalote avec Marine Le Pen, le parti de MM. Copé et Sarkozy en est venu à intégrer sur ses listes des proches de la Manif “pour tous”. Voulez-vous demain qu’ils interviennent dans les bibliothèques pour censurer les livres qu’ils ne veulent pas voir sur les rayons ?

C’est bien là l’enjeu et ne nous y trompons pas. Répétons-le, car la mobilisation va être déterminante dans les prochaines heures.

A Saint-Nazaire, avec David Samzun, nous avons mené campagne autour d’un projet, avec une gauche rassemblée (PS-PCF-EELV-PRG), face à une droite fuyant les véritables débats. Alors que nous avons présenté des propositions précises et détaillées pour notre ville, construites dans un dialogue respectueux avec les citoyens, nous avons surtout récolté  des attaques personnelles. L’outrance est en train de devenir une méthode politique du côté de l’UMP et ce n’est pas bon pour notre démocratie.

Il a fallu beaucoup de motivation, de sincérité et de coeur pour faire face, et les militants qui ont frappés à des milliers de portes, multiplié les rencontres, les réunions et les actions n’en ont pas manqué. Qu’ils en soient tous remerciés, et le meeting d’hier soir en a été je crois une belle occasion.

Je crois que cette dégradation du climat ne nous a pas été réservée. J’ai suivi autant que possible les campagnes de mes amis et camarades dans toute la France. J’ai eu le plaisir de voir que beaucoup de jeunes ou d’anciens jeunes socialistes avec lesquelles j’ai pu travaillé ont trouvé toute leur place sur les listes ou dans les campagnes de notre famille politique. Et j’ai bien senti à lire des articles de presse, à consulter des programmes, à voir vos sites de campagnes ou des messages sur les réseaux sociaux à quel point vous avez pu mettre votre “patte” dans ces campagnes. C’est aussi là le résultat d’un parcours, d’une histoire, d’un savoir-faire que nous partageons, même à distance. C’est un patrimoine politique, il nous lie et nous engagera ensemble, durablement, sous des formes qui trouveront leur chemin à l’avenir, quelque soit le résultat, et je souhaite de tout coeur qu’il soit bon pour chacun d’entre vous, car je sais quelle énergie vous mettrez au service de votre ville.

Il nous reste quelques heures pour convaincre. Faisons-le comme nous avons appris à le faire, avec générosité et motivation, parce que nous savons d’où nous venons, et pourquoi nous agissons. C’est en tout cas le sens de l‘histoire que nous avons construit, ici à Saint-Nazaire.

À dimanche !

Bonne année 2014 !


publié le 31 décembre 2013 - Commentaire : 0 - Catégories : Socialisme


On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux” nous disait Saint-Exupéry dans le Petit Prince.

Gardons toujours cette boussole avec nous : que 2014 soit une année où la raison soit au service du coeur.

Que cette année nouvelle vous apporte bonheur, santé, sérénité.

Qu’elle soit l’année de toutes les réalisations que vous espérez, pour vous et pour vos proches.

Qu’elle soit à la hauteur de toutes nos espoirs pour nos villes, pour notre pays, pour l’Europe et le monde.

Bonne année à toutes et tous !

Laurianne.

Ne laissons pas la République tomber dans le piège de l’Hiver français.


publié le 12 novembre 2013 - Commentaires : 2 - Catégories : Socialisme


Les événements de ce 11 novembre ne doivent pas être banalisés. Comme tant de citoyens et de responsables,  j’ai appris les débordements inacceptables d’Oyonnax et des Champs Elysées après avoir assisté à la cérémonie de commémoration, respectueuse, apaisée, républicaine, chez moi, à Saint-Nazaire.

Un glissement de plus, après bien d’autres événements ces derniers mois. Chaque attaque raciste, réactionnaire, homophobe doit être prise pour ce qu’elle est : une attaque contre la République tout entière.

Avec plusieurs autres responsables du PS,  je signe cette tribune parue sur libé.fr:  Les sifflets du 11 Novembre sont une attaque envers la République et je vous invite à la lire et à la partager.

Insultes racistes envers une ministre par des enfants de la Manif pour tous, dégradations de biens publics par des Bonnets rouges réclamant des économies à l’Etat, déclarations racistes («Hitler et les Roms» à Cholet, «Racisme anti-blanc» à Castelginest, «Pains au chocolat» à Draguignan, «Ta femme et tes enfants dans le four» à Saint-Alban), notre République et ses valeurs font depuis de nombreux mois l’objet d’attaques insidieuses, transgressives, concertées qui s’amplifient et fragilisent notre démocratie.

En ce 11 novembre 2013, un nouveau cap vient d’être franchi et nous disons «Ça suffit !». A travers les sifflets proférés durant la cérémonie d’hommage aux disparus de toutes les guerres, c’est la République et ses valeurs les plus fondamentales qui ont été attaquées. Les quelques insultants de ce jour sont la partie émergée d’un groupe plus large et hétéroclite d’anti-républicains à qui il est temps de signifier la fin des activités anti-démocratiques.

Elus et cadres du Parti socialiste, nous nous exprimons régulièrement pour débattre et proposer des solutions concrètes afin de faire vivre le débat au sein de la République française. Ce faisant, nous nourrissons la démocratie, nous la renforçons, nous la protégeons. C’est pourquoi nous affirmons que notre démocratie, si elle permet le débat en son sein, ne peut fermer les yeux face à celles et ceux qui œuvrent à la faire disparaitre.

Nous ne laisserons pas la démocratie entrer dans le piège d’un «hiver français». Nous appelons tous les citoyens à réagir face à cette situation, à lutter par le combat politique et culturel contre tous ceux qui attaquent la République. Républicains, femmes et hommes de progrès, debout !

(1) Yann Galut, Catherine Lemorton, Patrice Prat (députés socialistes), Guillaume Balas, Marie Bidaud, Laurianne Deniaud, Julien Dray, Gérard Filoche (membres du Bureau national du PS), Georges Ben Samoun, Vincent Coppolani, Rémi Demersseman-Pradel, Laure Durand, Colette Gros, Bertrand Laforge, Thomas Petit, Pierre Polard, Pierre-Yves Schanen (membres du Conseil National du PS), Mehdi Allal (délégué général de la Gauche Forte)